‹ Traite de pharmacie theorique et pratique v. 2, 1870Chapitre 15 sur 494 · CIGUË · texte numérisé non relu

CIGUË

M Gguê offidnale est le Conium maculatum Lin. (Ombellifères). emploie en médecine les feuilles, les tiges, ainsi que les fruits de iguê ; ceux-ci sont des diachènes, ils sont elliptiques, comprimés Tmlement, et portent cinq côtes ondulées, crénelées et égales. Foutes les parties de la ciguë contiennent la Conicine, alcaloïde* ique, qui a été découvert par Giesecke. Cette base ne renferme pas xygène et sa composition est exprimée parla formule G^'H^'Az; ïlques auteurs la désignent sous le nom de Conine et de Cicutine. [Àmicine. La conicine est un liquide d*aspect oléagineux, inore, mais souvent doué d'une couleur jaunâtre. Sa saveur est s-écre; son odeur rappelle à la fois celle de la ciguë, du (âc et de la souris; on ne peut la sentir longtemps sans être innmodé; cet alcaloïde est, du reste, exti'émement vénéneux. Sa isité est égale à 0,89 à +15®; elle bout vers 212". L'eau froide dis* it environ le centième de son poids de conicine, et, comme cet «loîde, est moins soluble à chaud ; la solution aqueuse se trouble r rébullition; lalcool la dissout en toutes proportions. Un mélange 1 partie de conicine et de A parties d'alcool absolu n'est pas précié par l*eau. L*éther dissout 1/6 de son poids de conicine ; les huiles es et certaines huiles volatiles dissolvent également des proportions Ubles de cette base.

La conicine est trés-altérable à Tair ; elle prend une coloration une, en passant par les nuances les plus belles et les plus vaîes, et finit par atteindre la consistance d*une résine. On ne peut la >tiUer sans altération, à moins d'opérer dans un courant d'hydrone, ou au moins, à l'abri de Toxygéne et de l'air. La conicine est une base puissante, ses dissolutions sont alcalines ramènent énergiquement au bleu le papier de tournesol rougi. La olécule de conicine exige, pour être saturée, un équivalent d'un ide monobasique ; elle forme des sels difficilement cristallisables ec les acides sulfurique, phosphorique, nitrique et oxalique. Les Is de conicine sont inodores ; dissous, ils répandent une légère leur de ciguë. Us éprouvent à l'air le même genre d'altération que conicine isolée; ils sont solubles dans l'eau et l'alcool, quelquesis même dans l'êther; quand on les évapore, ils perdent une partie ; leur base, qui se volatilise ou se décompose en partie. N. Planta et Kékulé ont démontré que la conicine du commerce ^nferme souvent de la Méthylconicine. •

28 MÉDIGAk NTS FOURNIS PAR LES VtefiTAUX.

M. Wertheim a isolé . s fleurs et des fruits de la grande ciguë une seconde base différente de la conicine, et lui a donné le nom de Conhydrine, La composition de la conhydrine peut être représentée par la formule C^'H^'^AzO*. Cette substance est cristallisable et se décompose en conicine et en eau, parla distillation avec l'acide phosphorique anhydre.

La conicine peut-être tirée des feuilles de ciguë; mais elle se trouve en proportion énormément plus grande dans les fruits.

Pour obtenir la conicine, on distille les fruits delà ciguë avec de la potasse caustique en dissolution étendue, aussi longtemps que le produit de la distillation conserve de Todeur. On sature la liqueur distillée au moyen de Tacide sulfurique, et Ton évapore en consistance sirupeuse. On ajoute au produit un mélange de 2 parties d'alcool et de 1 partie d'éther, tant qu'il se précipite du sulfate d'ammoniaque, et Ton retire Talcool par la distillation. On introduit le résidu dans une cornue avec une dissolution de potasse caustique trés-concentrée, et Ton distille de nouveau.

La conicine est alors à l'état d'hydrate ; on l'obtient anhydre, en la distillant sur du chlorure de calcium ; souvent elle retient de l'ammoniaque. On l'en débarrasse en la laissant séjourner pendant quelque temps sous le récipient de la machine pneumatique, ou en ayant recours au procédé de MM. Boutron et Henry, qui consiste à la traiter par un peu d'eau chlorée ; celle-ci décompose l'ammoniaque sans altérer la conicine.

On obtient de la conicine suffisamment pure pour l'usage médical au moyen du procédé suivant donné par MM. Devay et Guilliermond.

A l'aide des fruits de ciguë et de l'alcool à 85^, on prépare un extrait de consistance sirupeuse que l'on reprend par une petite quantité d'eau, afin de séparer l'huile. Cette solution est introduite dans un flacon avec un peu de potasse caustique et une proportion d'éther égale au cinquième du poids des fruits. On agite fortement le mélange et Ton en sépare l'éther. On répète cette manipulation plusieurs fois, de manière à employer en tout un poids d'éther égal à celui des fruits; le produit est une solution éthérée de conicine. MM. Devay et Guilliermond s'en servent pour préparer une pommade destinée à être employée en frictions et en pansements.

BAUME CICUTÉ.

Pr. : Ëther cicuté 100 gr.

• AxoDge 200

alcaloïdes. — CIGUË 20

D fait évaporer en grande partie Téther cicuté à l'air libre; et, ml la conicine commence à se présenter sous la forme de goûtties jaunes, on l'incorpore dans l'axonge en agitant afin d'achever iporation de l'éther.

nani à la conicine elle-même, elle ne se prête pas à Tusage interne. ropriétés thérapeutiques de la ciguë, La ciguë, que des paysans ont, »D, employée les premiers dans le traitement du cancer, avait été jet des observations de plusieurs médecins, lorsque Storck Ta. »iiîsée de nouveau. Quand cette plante est administrée à haute dose, produit de l'assoupissement, de la stupeur, des syncopes. Le Is se ralentit ; il survient du refroidissement accompagné de nau'

et de vomissements ; puis la mort arrive. A petite dose, tout orne à quelques vertiges, à des nausées et à de l'anxiété. I ciguë est considérée comme un agent propre à combattre les tuira et les engorgements viscéraux chroniques. C'est un médicail qui doit être manié avec prudence ; on commence par de faibles » que Ton peut successivement porter assez haut. Il n'offre Ique chance de produire de bons efTçts que si les doses sont suf- Bment élevées et si le traitement est suivi avec persévérance. !. le docteur Laboulbéne s'est occupé d'études cliniques sur les priètés thérapeutiques de la ciguë ; il est à désirer que ce savant coosciencieux observateur détermine la valeur réelle de cette stance qui est tombée dans un discrédit extrême, après avoir i jadis d'une haute réputation en médecine. es feuilles constituent la base ordinaire des préparations pharmatiques de ciguë. Qn les récolte lorsque la tige est arrivée à

entier développement et que les fleurs commencent à s'épalir. Plus tard, les sucs de la plante convergent en abondance vers organes de la reproduction, au détriment des propriétés médicies des feuilles et de la tige. Les feuilles, bien mondées, doivent e desséchées aussi rapidement que possible. Si la couleur verte Todeur de la plante sont bien conservées, c'est Tindice certain oe bonne dessiccation. Un kilogramme de ciguë fraîche nous a më un peu moins de 200 grammes de ciguë sèche ; en opérant sur i feuilles mondées avec soin, la perte est des cinq sixièmes, ja poudre et l'extrait de ciguë sont les formes sous lesquelles cette nie est presque toujours employée.

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