‹ Traite de pharmacie theorique et pratique v. 2, 1870Chapitre 156 sur 494 · CRÈME DE TARTRE SOLUBLE · texte numérisé non relu

CRÈME DE TARTRE SOLUBLE

(Tertnite borSeo-poteiie.) C»ll*(BoO«)KO«.

La crème de tartre soluble, est un sel incolore, doué d'une saveur eitrèmemeni aigre; elle ne,parait pas susceptible de cristalliser ; elle est soluble dans l'eau presque en toutes proportions.

lire soluble médicinale ne contient jamais à l'état proportion d*acide borique correspondante à la

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roruiulc théorique, parct; que ce n'est que par une digestion prolongée avec un grand excès d'acide boi-i(|ue que l'on parvient à la saturation. La crème de tartre solublu est un laxatif doux et sûr, i, la doee delîi à 50 grammes; seulement il est nécessaire pour rendre sa saveur lolérable de corriger son eiflréme acidité par une Torle proportion de sucre. On l'emploie également fi l'exlèricur, de la même façon que le suc de citron, à la dose de 60 grammes par litre il'cau, en lotions sur les ulcères fongueux ^ t atoniques.

Un prépare la crème de tartre soluble par le procédé suivant que Soubeiran a fait coniiailre.

Pr. : Crttae de tartre piilvéri^^r 4

Aciilc borique cristallisé 1

On iipérc la dissolution dons une bassine d'argent à la tenipératnredi! rèbultilion. et l'on entretient la liqueur bouillante Jusqu'à ce qu'elle soit en grande paHie évaporée. K ce moment, on ménage le feu et l'on agite i»ntinuellement la matière, jusqu'à ce qu'elle soit devenue très-épaisse. Alors, on enlève In masse par fragments que l'on aplatit; on les place sur du papier dans une manette, et on les fait sécher A l'éluve. (Juaiid la créiiie de tartre est sèche, on la connume en petits morceaux : cette forme a l'avantage de ne pas [>ermettre In fraude, et, suivant E. Itobitjuet, est favoi'able à la conservation du produit.

La combinaison s'efferluc diflîciicment ; pour la rendi'e aussi rapide que {w^sible. >l notivieni de présenter les élèmenls delà réaction dans un étal de division convi'iiablf, cl de faciliter celle-ci par une élévalton de température sonleiiiic et un contact très-prolongé,On n'niplit ces conditions, en employant nue quantité d'eau sullisanle pour que les matières soient tenues en dissolution pendant l'upèralion, et que l'évaporation dure très-longtemps.

la crème de tartre soluble employée en médecine n'est pas omstituée |>ar dularlralefoorico-polassiquepiir; ellecontient le plus ordinairement de l'acide borique libre, l^pejidant tout l'acide borique que l'on introduit dans la formule ne se retrouve pas dans le produit ; ce fait lient k ce que la vapeur d'eau entraîne une portion de cet •cide; car, s'il est des plus fixes quand il est anhydre, il se volatilise aacontrairefacilementenpréBencedel'eBulorsqu'ilest eu dissolution.

Soubeiran a observa que le lartrate borico-potassique soluble défient quelqueTois complètement insoluble dans l'eau froide; il attribue ce fait ft une transTorniation isomérïque de la combinaison.

Lorsque ce phénomène se produit, il importe de délayer le sel dans deux fois son poids d*eau, de porter le mélange à rébullition et d*êvaporer la dissolution. Le plus souvent létat moléculaire spécial de la crème de tartre solubie se détruit sous l'influence de Faction prolongée de Teau bouillante.

Edmond Hobiquet prétend avoir remarqué que la crème de tartre solubie perd quelquefois à la longue sa solubilité. — Soubeii*an qui a beaucoup étudié cette question, n'a jamais eu l'occasion de constater celte transformation. Ë. Robiquet attribue le phénomène à ce que, Tacide borique se trouve dans le sel solubie sous l'état moléculaire particulier que lui imprime la fusion, lequel peut se dtV truire peu à peu. D'après cette hypothèse, il conseille de préparer la crème de tartre au moyen d'acide borique préalablement maintenu en fusion pendant un quart d'heure. Cette manipulation n'a aucun effet sur la stabilité du tartrate borico-potassique.

H. P. de la Calle a donné pour la préparation du tartrate boncopotassique parfaitement solubie, un procédé qui réussit bien. Considérant que la crème de tartre du commerce est souvent rendue impure par la présence du tartrate de chaux et de différents composés métalliques, il propose de la faire de toutes pièces par la réaction de l'acide tartrique sur le bicarbonate de potasse, sel que Tindustrie fournit à l'état de pureté. Mais il détermine la réaction en présence de l'acide borique, de façon à ce que les éléments se trouvent dans l'état le plus favorable à la formation de rémétique borique. Voici les proportions adoptées par xM. de la Calle :

Pr. : Bicarbonale de potasse cristaUisé 100

Acide tartrique cristallisé 100

Acide borique 50

Eau 000

Comme la combinaison est ici beaucoup facilitée par l'état de solution des matières, M. de la Calle a cru pouvoir diminuer la proportion d'eau prescrite par Soubeiran, et adopter la quantité indiquée par le Codex.

On fait dissoudre à chaud le bicarbonate dans l'eau et l'on projette peu à peu l'acide tarlrique pulvérisé dans la liqueur; 75 granmies suffisent pour neutraliser l'alcali ; une trace d'acide ajoutée en plus déterminerait immédiatement un dépôt de tartrate acide. A ce moment, on introduit l'acide borique dans la solution et celui-ci ne tarde pas à se dissoudre; le reste de l'acide tartrique est ajouté et ne produit pas la moindre séparation de tartrate acide de potasse. Après filtraUon, on évapore la liqueur, en ménageant le feu et en agitant

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continuellement, jusqu'à ce que la mnssG soit devenue Irès-èpaisse. Ello est ensuite détarliée et sédiée à l'étiive sur des assiettes. Ou la Goncasi!e dés qu'dlu est solide, fl on la coiiSf ivc dans des flacons bien bouchés. Ou peut encore évaporer au baiii-niaric le produit en consistance sirupeuse, l'ûleiidie un couche milice sur des assiettes et terminer la dessiccatiou à l'êluve.

Avec les quantités indiquées ci-dessus, M. de la Galle a obtenu environ 220 grammes de tarlrate borico-potassique.

Le sel pii>paré par ce proo'dé est complètement incolore, il se dissout toujours et trùs-racilcnient dans l'eau ; il est nalureilement privé des sels étrangers que la crème de tartre du commerce introduit souvent dans le tartrate borico-potassique du IZodex. M. de la Calle » constaté (|ue ce dernier sel, cliauFTé entre 200 et 220", commence par fondre et, qu'après avoir été soumis pendant une heure environ jj cette température, il devient opaque et perd entièrement sa solubilité. Le composé obtenu par son procédé, lorsqu'il est placé dans les mêmes conditions, fond, reste transparent et vitreux, et ronserve la propriété de se dissoudre dans l'eau.

Il nous semble, en conséquence, que ce mode opératoire doit être préféré aux moyens indiqués jusqu'ici, parlons les opérateurs qui regardent plus à la qualité des médicaments, qu'à une légère augmentation du prix de retient.

La crème de tartre soluble se [irésente en fraiiment» amor/ikat briïlanUi et Iraïuparatig, aitièremetU toluble» daim l'eau froide, d'vw !ttii<ear franchement acide.

L'e*»ai pharmaceutique de la crème de tartre mtitble doit {torlertur le» impuretés ijue nous avons signalées dan» l'article reUttifan tartrate acide de potasse .

On préparait autrefois une soiie de crérue de tartre soluble en ajoutant une certaine quantité de borax à une solution de crème de tartre et faisant évaporer; mais ce médicament est aujourd'hui totalement inusité.

S II. — BEL8 ALTiKAHTS.

•UOTATE DB POTASSE.

(Ililn«a ds poUuM, M de nitra, lalpètra pnriflt.)

AitH.KO.

L'szotale de potasse à la dose de t à 4 grammes est Irés-employè

comme diurétique.

A haute dose, il exerce une action sédative, qui est bientôt suivie

5S6 MÉDIGAMENTS CHIMIQUES.

d'uno réaction énergique. Si Ton élève la dose, il ralentit la circulation et diminue là calorification ; c'est à ce titre qu*il a été administré dans quelques maladies inflammatoires et, en particulier, dans le rhumatisme articulaire aigu. 11 peut, dans ces conditions, causer des douleurs gastriques, des vomissements, produire de la diarrhée et souvent aussi un état inflammatoire des voies urinaires. A ces phénomènes viennent se joindre divers symptômes du côté des centres nerveux, symptômes qui peuvent en s'aggravant se terminer par la mort. — La propriété que possède Tazotate de potasse de diminuer la plasticité du sang, semble jouer un rôle important dans la production de ces accidents redoutables.

I/azotate de potasse est un sel incolore ; doué d'une saveur fraîche, il cristallise en prismes hexagonaux terminés par des pointements à six faces; ces cristaux appartiennent au type du prisme droit à base rhombe. Dans le sel fourni par Tindustrie, les cristaux sont^ souvent accolés et présentent l'apparence de prismes cannelés ou striés longitudinalement. L'azotate de potasse est inaltérable à Pair; l'eau en dissout beaucoup plus à chaud qu'à froid. Suivant Gay-Lussac, iOO parties d'eau dissolvent 15,52 p. de sel à zéro; 29 p. à-hi8®; 74,6 p. à + 45^ et 216 p. à-j- 100^ 11 est tout à fait insoluble dans l'alcool absolu, et trés<peu soluble dans l'alcool hydraté. Soumis à l'action de la chaleur, l'azotate entre en fusion à -4- 550** et commence h se décomposer à une température un peu supérieure ; tant qu'on ne dépasse pas une certaine limite, on obtient un dégagement d'oxygène et de l'azotile de potasse. Si la température est trés-élevée, ce dernier sel lui-même se détruit et l'on constate une production simultanée d'oxygène et d'azote, tandis que le résidu fixe est constitué par un mélange d'oxydes de potassium.

Projeté sur des charbons incandescents, Tazotate de potasse donne lieu, en fondant et en se décomposant, à une déflagration bien connue. Tout le monde sait que mélangé, en proportions convenables, au soufre et au charbon, il forme la matière explosive désignée sous le nom de ])oudre.

L'azotale de potasse est quelquefois mélangé avec de l'azotate de soude ; la présence de ce dernier sel peut être révélée au moyen delà solution d'antimoniate dépotasse. A l'aide du chlorure de baryum et de l'azotato d'argent, on constate l'absence des sulfates et des chlorures. Lorsque la solution de ce sel dans l'eau distillée donne un précipité blanc, il y a lieu d'essayer si l'azotate renferme un sel de chaux ou de magnésie. Dans le premier cas, on obtient un précipité parl'oxalate d'ammoniaque; dans le second, la solution additionnée de phosphate

a;!Otate bv. souue. »7

de soude el d'ammoniaque fouiiiit un dépAI cristallin de phosphate aininoniaco-magnésien.

SEL DE PEltmEOE ou CIllSTAl. HWËRAl..

On fait fondre de l'azutâte de potasse dans un creuset de Hessc, et on le coule dans une bassine d'argent, que l'on incline dans plusieurs directions de façon à obtenir le sel en couches minces. Le nitrè fondu ne diffère pas chimiquemenl dn nilre cristailiGë; l'opération précédente est inutile et est tombée en désuétude. Ainsi que nous l'avons dît plus haut, si la température était portée trop haut, on obtiendrait un mélange d'azotate et d'nzotite de potasserLes anciens pratiquaient cette manipulation dans le but de purifier l'azotate de potasse des azotates terreux qui se décomposent par la chaleur; ils traitaient le sel fondu par l'eau et séparaient l'azotate de potasse des oxydes terreux insolubles, par solution et cristallisation.

Le Codex de i 818 prescrivait d'exécuter cette préparation en ajoutant au nttre J/128 de soufre. Il se formait une quantité de sulfate de potasse suffisante pour altérer la pureté de l'azotate, mais incapable de rien ajouter à ses propriétés thérapeutiques. Ce médicament délaissé a été jadis considéi'é par Franck comme un spécifique contre U polydipsie; il étail ingéré à la dose de 4 grammes dans un litre d'eau.

Le mot sel de prunelle vient de pruna, charbons allumés.

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