‹ Traite de pharmacie theorique et pratique v. 2, 1870Chapitre 180 sur 494 · DE L'IOUE · texte numérisé non relu

DE L'IOUE

: Biox^ilc de manftaiiésc.

Acùle clilni'liydi'iqur. .

Si'l Je soiidi; crislalliiir.

Oii dissout le se) de soude dans l'eau ; on fdlre la dissolution, el l'on y fait passer lo courant de clilorc.

I.'liypoclilurite di> soude prépara par cette méthode contient toujours du bicarbonate de soude ; df pins, il est moins fixe dans sa romposilion que celui <]iii provient de la double décomposition ; aussi re dernier produit doit-il éiro préféré.

Vue condition importante à remplir, quand on prépare les bypoclilorites |iar la voie Iinnii{U', c'est de ne pas dépasser la saturation. In excès de clildie, suivant Soiibeiran, détermine la formation d'une certaine proportion de chbiralc, et amène l'abaissement rapide du litre cbloi'oiiiétrique.

L'hypochloi'ite de soude est pn'iféré à l'Iiypocblorite de chaux ponr il' [tansemciit ties plaies, [larce que son impression sur les tissus piissc pour moins irritante; son degré de dilution doit ôtre réglé par le médecin. On s'en sert pour le pansement des ulcères et des plaies de mauvais caractère ; bisfrauc l'a employé dans le traitement des brdlures. On recouvre la partie atteinte avec une compresse, hieslrée enduite de cérat; ou applique à la surface de celle-ci une rouclic de charpie de plusieurs centimètres d'épaisseur, et l'on arrose ce pansement trois ou quatre fois par jour avec de l'hyporliloritc de soude marquant le plus ordinairement 5 degrés.

DES PRf-I'ARATIOSS lODlQUES.'

L'iode est »n métalloïde dont le nom dérivé du grec lùKr,; {viotel), a pour origine la belle couleur violette de sa vapeur. 11 est solide et w prèsenli- ordinairemeul sous la forme de lames amiiicii's ; il cristallise en octaèdres aigus à base rhombe. L'iode possède un éclat m'tallique. une odeur forte caractéristique qui se rapproche de celle du chlore, une saveur très-âcre et extrémemcnl irritante. Il colore la peau en jaune, et produit une tache qui disparaît lentement à l'air par l'évaporation de l'iode. Il fond à + 107* et entre en ébullîtion à + 115". L'iode est citrômement peu soluble dans l'eau,

PROPRIÉTÉS THÉRAPEUTIQUES DE I/IODE ET DES COMPOSÉS lODlQUES.

Bien que Ton ait employé contre le goitre les cendres de fucus, les éponges calcinées et certaines eaux minérales que nous savons aujourd'hui contenir de Tiode, le rôle médical de ce corps était resté inconnu lorsque Tusage en fut conseillé (1819) par Coindet, qui plus tard, rappliqua par analogie au traitement des maladies scrofuleuses. C'est une des plus grandes découvertes dont la thérapeutique contemporaine ait le droit de s'enorgueillir.

L'absorption de l'iode est rapide et son élimination est prompte ; quelques minutes à la suite de l'ingestion, on retrouve Tiodure de potassium dans l'urine; après quelques jours, tout le sel a été expulsé. L'élimination de Tiode se fait par l'intermédiaire du foie, du pancréas, des glandes s{ilivaires, lacrymales et sudoripares et probablement de tout le système glandulaire. Le procédé le plus commode pour découvrir la présence de l'iode dans les diverses sécrétions consiste à ajouter au liquide un peu de solution d'amidon , puis à verser, goutte à goutte, sur le mélange de l'acide azotique chargé de gaz nitreux.

Les principales maladies dans lesquelles on administre Tiodc sont le goitre, les scrofules, l'engorgenicnt et les tumeurs des glandes, la phthisie, les maladies de la peau et la syphilis constitutionnelle.

A l'extérieur, l'iode pur est un topique irritant qui agit comme caustique. En dissolution dans l'eau alcoolisée, l'iode est injecté avec de grands avantages dans les cavités séreuses atteintes d'hydropisie ; ces solutions ont été appliquées également au traitement de la dysenterie chronique.

Le nombre des préparations iodiques qu'on trouve dans les formulaires est exagéré. Toutes les préparations qui renferment de l'iode sont actives ; mais, avant de proposer de nouvelles formes pour ce médicament, on devrait s'assurer si elles ont un avantage incontes- • table sur les anciennes.

t)n étudiera successivement : 1^ l'iodurc de potassium, qui est la plus intéressante des combinaisons iodiques ; et, comme appendice, quelques iodures alcalins dont on a proposé l'emploi; 2*» l'iode libre et ses solutions; 5° les composés dans lesquels les propriétés de Tiode sont dissinmlées par l'union de ce corps avec diverses matières organiques ; 4° les iodures qui contiennent un élément actif autre que l'iode.

lODURE DE lOTASSIUM.

lODUHE DK l'OTASSlUM.

[lodnre potainqne.)

L'Iodun' do potassium i>st une des iiieilleurcs préparations iodi- ({iics ; CG sel péiièlre facilement dans l'i^icouuinie, et l'on cii règle l'actitin il volonté.

L'iodui'e do polassiuin est un se\ anhydre, il ciistâllise en cubca iiicoloros; sa saveur est icw.. Ce sel est déliquescent cl exlrémeincnl .soliilile dans l'eau : 100 parties d'eau ii H- 1 H" dissolvent 145 parties (l'ioilnre de potnsMLiiu; il se<lissout ôgaleiiieiitdnns l'aleool; 100 parties d'akool à 90'' dissolvent environ âO parties d'iodure.

l'onr préparer l'iudure de potassium, on prend une dlssolnlion du {lulasse caustiiiue niarquanl I ,'2G D ^ 50" H. ; on y introduit de l'iode vil aj^itant uontiiniellenuint le nii'lange jusqu'à ce que la liqueur reste colort'e par un lé};er excî's d'iode ; alors un ajoute de la jiotasse eau- . si ique jusqu'à décoloration cuuipléte delà solution, et l'on évapore. Vers la fin de l'évaiioration, rouiijou,ledut'liarbon végétal en poudre liiie(1..10 de l'iode employé), Ion évapore à sii:citéet l'on cliauITcau 'rouge dans une uiarinite de fer; il en résulte une déllagration Iranquille. On coule la masse Tondue; ou la l'ait dissoudre dans 4à 5 partie-s d'eau ; on fdire et l'un évapore dans une capsule de porcelaine ; ou met la capsule sur un baiu de sable, et l'un y concentre les liqueurs, en ayant soin de remplacer la perle qui résulte de l'évaporatioii par une nonvclle quantité de dissiilulioii ; quand les liqueurs sont très- concentrées, on laisse refroidir la capsule sur le bain de sable même. Ou obtient ainsi de volumineux eristau\ cubiques d'iodure de potassium.

Li<i> eaux-mires roui-uisseut, |>ar des évaporaliuus et des cristallisations successives, de nouveaux cristaux dont les derniers ont besoin d'être soumis à une seconde cristallisation.

Iians l'opération pi-écédeule, l'iode, en agissant sur la potasse, traiLsTorme cette base en iodoce de potassium et un iodate de polasse. la ivactiim a lieu entre 6 êquival. d'iode et 6 êquival. de potasse.

Ln calciuation du sel avec le cliarbou a pour objet de décomposer l'iodatu de potasse, qui poiii l'oxygène de sa base et celui de son acide, en l'ornianl de l'acide carbonique, et qui se change en iodure de potassium.

Il convient d'employer un petit excès d'alcali caustique : le sel cristallise mieux, et les cristaux ont une légère opacité que Ton est habitué à leur trouver dans le commerce. Ils ne jaunissent pas à Fair, comme cela a lieu pour Piodure de potassium neutre.

M. Girault a démontré qu'il est important d'employer de la potasse exempte de soude. L'iodure de sodium qui se formerait, si on ne tenait pas compte de la présence de cette base, se décomposerait peu à peu en iode et en carbonate de soude au contact de l'air. On obtient après la calcination un iodure de potassium mélangé d'iodure de sodium et de beaucoup de carbonate de soude.

Turner a conseillé défaire passer un courant d'hydrogène sulfuré dans la liqueur pour changer Tiodate en iodure; M. Barbet-ljartigue prépare Tiodure en dirigeant le môme gaz à travers un mélange de carbonate de potasse et d'iode.

Ces deux procédés, qui réussissent quand on opère sur de petites masses, ne peuvent soutenir la comparaison avec le précédent, dés qu'on veut obtenir une quantité un peu notable d'iodure de potassium; la préparation d'une grande masse d'hydrogène sulfuré est un embarras auquel on se soustrait facilement par la calcination avec le charbon.

MM. Baup et Caillot ont proposé le procédé suivant, qui a tté longtemps préféré aux autres méthodes. On lui reproche avec raison de donner difficilement de l'iodure incolore, à cause de la présence du fer, et surtout d'amener la perte d'une certaine proportion d'iode qui reste obstinément fixé sur le précipité résultant de la décomposition de l'iodure de fer par le carbonate alcalin. Voici ce procédé :

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