DES PRÉPARATIONS GYAN1QUE
Les préparations cyaiiiqucs employées en pharmacie comprennent : Vacide cyanhydrique, quelques cyanures métalliques et divers produits i-égultant de la distillaliun de matières végétales qui doivent leurs piopriétés à l'acîdii cyanhydriuue. Toutes ces substances renferment comme radical le cyanogène (ni .découvert en 18U par Gay-Lussac.
ACIDE'CUNHYDRIQUE MÉDICINAL
(Acide lijiliiiiijaiilmiii. Aod* ptpwiyf.) CAiB ou CiH.
L'acide cyanhydrique médicinal est une dissolution aqueuse d'acide cyanhydrique, renfermant en poids 1 partie d'acide cyanhydrique anhydre et d parties d'eau distillée. C'est donc un mélange au dixième d'acide cyanhydrique et d'eau.
L'acide cyanhydrique pur et anhydre est liquide et incolore, il i*outà + 3tt",l; sa densité est 0,7058 à + 7- el 0,6969 à + 18'. A la tempiTature de — 14', l'acide cyanhydrique cristallise en fines aiguilles prismatiques.
L'ai'ide cyanhydrique se combine à l'eau, en produisant un abaissement de température ut une contraction dont le maximum corres|>oiid ù la cumbinaison 2CyH + SHO. (Busay el Uuîgnet.)
L'aitéralion de l'acide cyanhydrique anhydre et sa transformation rapide en animoniai|ue et composé brun ulmique dépendent, suivant M, A. Gantier, de la présence de quelques traces d'eau et de cyanure d'ammonium dans le produit. L'acide cyanhydrique CyH complètement pur se conserve indéfiniment, d'après ce chimiste.
On peut préparer l'acide cyanhydrique mèdiciniR par plusieurs procédés ; nous commencerons par décrire le procédé du Codex.
1* PrMtdé da CodM (IMe).
Cftnure de nuraire 100 gr.
Ctilorlijdrale d'immonuque U
Acide chlorhydrique à 1,17 M
Réduises chacun des deux sels en poudre fine, et faîtei-ai un mi-
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lange intime que vous introduirez dans une petite cornue de verre tubulêe. Adaptez au col de cette cornui! un tube de O'^SO environ de longueur, sur C, 015 de diamètre. Keniplissez le premier tittrs de ce tube avec dus fragments de marbre blanc, et les deux autres tiers avec des fragments de ciilorure de calcium anhydre et fondu. A ce premier tube disposé horiiontaleinent sur un support, ajouteicnun deuxième d'un plus petit diamètre, courbe à angle droit, et plongeant par sa branche verticale dans un petit matras à long coi destiné à servir de rècipiatit. Ce malraajloil être entouré d'un mèlange réfrigérant de sel marin et de glacepilée.
L'appareil étant ainsi disposé et les bouchons hormétiquemenl joints, versez pur la tubulure de la cornue l'acide cUorhydrique, el bouchez parfaitement. GhaufTt^z ensuite graduellement el avec précaution, pour que la réaction soit lente et successive. L'acide cyanhydrique ne tarde pas à se dégager en abondance el à se condenser dans le tube liorizonlal. On promène à distance un charbon ardent dans toute la longueur du tube, aJln d'en chasser cet acide et de le forcer i se rendre dans le récipient. Lorsque, le liquide de la cornue étant toujours en pleine èbullilion, on no verra plus la moindre Irscede liquide se condenser à la partie postérieure du tube horizontal, on arrêtera l'opération.
Pour éviter l'absorption qui ne manquerait pas de se produire, si l'extrémité du tube adducteur plongeait dans le liquide distillé, on a soin que rcxtrémité de ce tube arrive aussi bas que possible dans le r«l du récipient, sans pénétrer dans sa partie renflée, qni doit avoir une capacité d'environ 50 centimètres cubes.
Le poids dr l'acide cy a nhydrique, recueilli dans lematras, est de SO^iK ; il représente 9n centièmes de la quantité théorique. .
On prend alors un flacon de verre bouché àrëmeri, de 200" environ ; 011 en fait la taie exactement, et l'on y verse l'acide avec précaulio», en ayant soin de boucher immédiatement le (lacon pour ne pas s'expoi^er à la vapeur cyanhydriqae pendant la pesée. On connaît ainsi le'foids de l'acide anhydre que l'opération a fourni; on y ajoute un poids d'eau neuf fois plus considérable, et Ion agile fortement. C'esl ce mélange qui conslilnc l'acide cyanhydrique au dixiérne, ou acide cyanhydriffue meilicinal.
]x procédé adopté par la commission du Codex est la méthode de Gay-Lussac, modifiée par HM. Bnignet et Russy. Ces chimistes ont recherché sous quelle influence l'acide chlorhydrique, réagissant sur la cyanure niercurique, ne lournit que les deux tiers du produit calcula ■ et ils ont constaté que l'acide cyanhydriqne est retenu dans
ACIIiK aAMIVtJRIQUE MÉIIRI^VI.. MS
la cornue par le chloiiirc mercuriquo. Afin d'aiiiiihilpr l'affinité (lu sublimé corrosif pour l'acide cyatilivdrique. Ils onl ajouté du chlorliydrale crauniioniiique ; ce sel rorine avec le chlorure mercurique une combinaison stable (jui laisse l'acide cyanhydrique libre. On obtient ainsi 95/lOfl de la quantité théorique, au lieu de (i7 100. L'acide cynnbydriquo anhydre s'nblienl du reste facilement [»ar le proo'^è suivant .
3° Pi«o6d« da PeMiM*
Pr. ; KerMtcyanure Je potassium H
Acide suiruriqut' :i I, Ri ' 1'
On mélange l'acide sulfuiique avec l'eau, et quand le liquide est refroidi, on l'introduit dans un ballon {ftt/.'.H) ou dans une cornue en veiTt' tubulêe, que l'on place sur un bain de sable. Ou ajoute le ferrocyamire pulvérisé, et l'on a^'ite avec une b.igueltc de verre, de tiianière à obtenir un mélange exact. On ailapte au ballon un tube nnini d'un réfrigùrunt de Liebig et se rendant dans un fiacon que l'un doit également refroidir. On distille fi une douce chaleur, et l'oii rttlire la plus grande partie du liquide.
bans la réaction qui s'accomplit, il se produit de l'acide cyanhydnqiie, du reii'ai:yanure double de potassium el de fer (Cy^i-'e), KFe el
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du sulfate de potasse. La moitié seulement du cyanogène contenu dHns le ferrocyanure de potassium (Cy^Fe), K^+âHO se transforme enaoide cyan hydrique.
Les proportions des ëlémeiils mis en présence dans cette méthode sontcelles indiquées par Pessina. Trautwein prescrit des quantités différentes : ferrocvanura de potassium, 15 p.; acide sulfurique,9 p.; eau, tt p. M. Wœhler doniie la préférence au mélange suivant : ferrocyanure de potassium, 10 p. ; acide sulfuriquc, 7 p. ; eau, 14 p. Les rapports dePessinaontpiéscntëâ Soubeiran les résultats les plus satisfaisants.
Le procédé que nous venons de décrire fournit de l'acide cyanhydrique à u« état d'hydratation variable et qui entraîne un dosage. Cependant il peut, aussi bien que la méthode de Gay-Lussac, donner de l'acide cyanhydrique-vnhydre ; on opère i l'aide de l'appared suivant (fi(/. t ~
Le mélange de ferrocyanure de potassium et d'acide sulfurîque dilué est introduit dans une cornue dont le col incliné d« bas en haut i-eçoituntuberecoiirbé qui plongedansunmatrasconteiianl du chlorure de ralcium foudu, réduit en petits fragments. Le liège qui ferme ce mal ras reçoit un se<:ond tube adducteur qui se rend dans un tube en 0. renfermant également du chlnnire de calcium anhydre. La deuiiëme
ACIDE CVANHYDRIQUE MÉDiaNAI,. 4S6
branche du tube en U porte un tube adducteur qui se rend dani un dernier ballon à long cul.
Le inalras, le lubc en U et le ballon plongent dans des récipients. Les deux premiers récipients contiennent de l'eau qu'on porte à une température un peu supérieure au point d'ébullition de l'aiiide cyanhydriqne anhydre, le dernier reçoit un mélange réfrigérant (glace et sel marin). L'acide eyanbydrique se déshydrate dans le premier matraset dans le tube en (J, et ses vapeurs vont se condenser dans lebaU Ion refriiidi.
L'analyse de l'acide pmssiqne hydraté s'exécute d'ailleurs avec la plus gr.iude racilité, en introduisant dans un Ilacon une dissolution étendue d'azotate d'argent, le tarant, et y versant alorsMine quantité connue d'aiide (3 grammes), insuffisante pour précipiter tout l'argent â l'état de cyanure. On recueille le cyanure d'argeni ; on le lave, on le sèche, on le pèse, et de son poids l'on conclut la quantité réelle d'acide qui se trouvait dans l'acide employé, lin gramme de cyanure d'argent représente 0"*,203 d'acide cyhandrique pur. L'acide hydralé est ramené au titre officinal par l'addition d'une proportion d'eau calculée d'après cet essai.
M. Liebig a donné un procède plus rapide pour l'analyse de l'acide cyonhydrique hydraté. On prépare une liqueur d'essai contenant ^'.\ô d'azotate d'argeni sec et 96*',87 d'eau distillée.
On fait dissoudre dans 5 à 6 grammes d'eau 10 centigrammes de potasse caustique pure, ou y ajoute quelques goultes d'une dissolution de sel marin et l'on pèse, dans cette liqueur même, 10 cenligranmies de l'iicide cyanliydriqne à essayer. Cela fuit, on verse dans cette solution la liqueur titrée Jusqu'à ce que le précipité qui se forme cessedc se redissoudre ; on pèse pour savoir ce que l'un a employé de iiquour titrée : chaque gramme représente 1 centigramme d'acide c)-anltydriquc anhydre.
L'opération s'exécute plus commodément encore au moyen de la burette du chloromêlre graduée en 10"decenlimélrecube. La liqueur d'essai doit élrc préparée à l'aide do 5,15 gr. d'Mibtate d'argent pour lUO cent, cubes de solution. 100 degrés de la burette indiquent 10 centigrammes d'acide cyanhydrique.
Dans ce procédé, le cy.inure de potassium formé par l'action de l'acide cyanhydrique sur la potasse est décomposé par l'aiotnte d'argent. Le cyanure d'argent se redissout jusqu'au moment où la liqueur contient un cyanure double d'argent et de potassium à équivalents égaux ; à partir de ce terme, 1 goutte d'aiolate d'argent rorme un précipité stable.
as NËlHCtMËNtS ailHIqUES.
Chaque équivalenld'ar^enttlissous représente 3 éqnÎTaletits d'acide prussiqne.
Les solutions aqueuses d'acide cyantaj^que pur ee conservent mime lorsqu'elles sont exposées à l'iiifluénce de la radiation lumineuse. M. A. GeuUer iiisiîile sur ce fait qui est contraire à l'opinion généralement admise.
L'acide cyauhjdrique médicinal à l/IO n'est jamais administré pur, il sert à la préparation du sirop d'acide cyanhydrîque.
sinor d'acide cyakhiidrique
Pr. : Acide cyanliydrique Jii^icinsl A 1/10 1
^op de sucre incolore 1B9
Mélangez très-exactement les deux liquides. Le Codex ^oute; le sirop d'acide cyanliydrique ne doit ëti'e prépai'é qu'à mesure du besoin.
20 grammes (une cuillerée û bouche) de ce sirop contiennent 0*',10 d'acide cyaobydnque médicinal et par conséquent 0*',01 d'acide anhydre.
POTIOS DACinK CY.^SIlVDnlQDE.
Pr. r Hau distillée 1l« ri-.
Sirop de sucre 10
Sirop cyanliydrique tO
A prendre par cuillerées à bouche.
LOTION CTANHïDRIQtlK.
Pr. : Acide cyaiili]dri(|ui.< inëlic v.al 5 à fO gr.
E»u dislillèo 1000
Hélez. (Hagendie.)
On applique cette liqueur sur les dartres, les cancers ulcérés. On en fait des injections dans les cas de cancer de l'ulérus.
CÉKAT CïAKnTDiniJUE,
l'r. : Acide cyanliyJri que nt(ilï<:iii;il 20 gouILcs.
Cérai lilDiiG ÔO pr.
Uèlez. (Biet.)
CYANURES MÉTALLIQUES.
Les cynnuivs métulliques mentionnés eu Codex, sont les cyeaatra de ii<Aatsium,i\iiiinc, de inercure et quelques /«rrOfyaJtwrw. Aucuil
OYAMTRES MfiTALLiyUKS. «7
de ces composés n'est employé actuellement comme médicament: CCS eyamires offi eut au contraire un très-haut intérêt sous le rapport Ac la chimie pure et des appUcations indusinelles.