CVAHL-RE DE POTASSIUM
[PnuaiaM de potaats.)
KCy = KC'At.
Lec\'anure de potassium cristallise en cubes incolores; bien que ce sol soit inodore par lui-mâme, il répand dans l'atmosplièrc des vapeurs d'acide cyanhydrique résultant de sa décomposition lei^ sous l'intlu(>nce de l'eau et de l'acide carbonique de l'air. Sa saveur est acre, alcaline et ainére: son action toxiqnc est des plus énergiques et tout ;'i Tait analogue Si o-lle des dissolutions d'acide cyauhydiique. Il est Irés-soluble dans l'eau, et se dissout également dans l'alcool. 1,'acide rarhoiiiquË décompose ce sel, en dégiigeanl de l'acide cyaiihydrique, et en formant un carbonate alcalin. Quand on évapore la dissolution de cyanure de potassium, elle se détruit en partie; il se dégage, de t'ammoniai|ne et de l'acide cyaiiliydrique , et le résidu contient du cyanure indécompnsé, de l'hydrate, du Tormiatc et du carbonate de potasse. Si l'évapiiration a lieu au contact de l'air, il y a une plus grande proportion de cyanure détruit, etie n'-sidu renferme moins de cyanogène et plus de carbonate de potasse.
U' meilleur procédé pour préparer le cyanure de potassîiun est le suivant : *
Pr. : Perrocyaiiurc Je jioUsïium criïlalliïi- Q. V.
On sècbe le sel h l'étuve, on l'inlrnduit dans un creuset de fonte, (jue l'on couvre de son couvercle; on chauffe d'abord modérément, puis très- fortement, jusipi'à ce que la matière fondue nedéga^fe plus de gai. On lillre cclle-ri, en la versant sur une toile métallique placée an-dessus d'un second creuset, danx un fourneau chautTé. On sépare ainsi le carbure de fer qui nage au milieu du cyanure de potassium; ce dernier sel se solidilîe par le refruidissemeni en une masse cristalline.
L'opération pri>sente quelques difficultés. Si le feu n'a pas été assez intense, il reste dans la masse du fevrocyanure non décomposé. Lorsqu'un a trop cb.iufTé, une portion du cyanure de potassium est détruit, et il se produit une ctjmbinaison renfermant du potassium, du carbone et du fer, laquelle décompose l'eau avec etFervescence en
■188 HËDICàMENTS chimiques.
dégageant de l'hydrogène. Cependant, cet accident est beaucoup plus
Fare qu'une décomposition incomplète.
Ce procédé ne peut guère être pratiqué qu'en grand, et les pharmaciens qui voudront préparer eux-mêmes le cyanure de potassium devront recourir i la méthode de Viggers. tlle consiste à Taire passer des vapeurs d'acide cyaii hydrique anhydre dans une solution alcoolique d'hydrate de potasse.
L'appareil propre û dégager l'acide cyaiUiydri que est celui de la figure 28 ; dans le ballon teniiinal, on introduit la solution alcaline.
Pr. : Kcrrocjanure de potassium 100
Acide sulturii|ue Ml
D'autre part :
pDlasse à l'alcool W
AlcooliBS* 100
Avec ces proportions, l'acide est en léger excès par rapport àl'atcali. Aussitôt que lus vapeurs cessent d'être absorbées, l'opèraliaa est terminée, et l'on jette sur un linge la bouillie de cyanure de potassium qui se trouve dans le ballon. On exprime les cristaux et ou les fait sécher rapidement au bain-marie. Le cyanure doit être consené dans un flacon que l'on bouche hermétiquement.
La dissolution alcoolique qui traverse le linge contient du cyanure de potassium, elle doit être évaporée à siccitè dam une cornue; le sel est Im au moyen de l'ahrool à 9 h".
Celte méthode, dont l'Idée appartient à Wiggers, a été perfectionjiée par Soubeiran qui a prescrit avec raison de dessécher l'acide cyaivfaydrique au moyeu de l'appareil à chlorure de calcium ajouté au procédé de fessina. Grâce à l'éllminalion de l'eau et à l-'emploi d'ilcool à 05°, on obtient dircclement du cyanure beaucoup plus pur.
Le cynnure de potassium du commerce, obtenu par la calcination d'un mélange de ferrocyanure de potassium et de carbonate de potasse renferme souvent des proportions notables de ce dernier sel et de cyanate de potasse.
On peut doser rapidement sa richesse en cyanure au moyen d'uD essai ingénieux imaginé par H. GeUs ; voici comment on procède. On pèseôOccntigrammesdecyanure que l'on Tait dissoudre dans 50 grammes d'eau ; on y ajoute 1 décilitre d'eau saturée d'acide carbonique et assez d'eau pour compléter 1 litre.
D'autre part, on dissout 97 centigrammes d'iode dans 27 gram-
CTANURES MÉTALLIQUES. 4S9
mes d'alcool ; et l'on ajoute la solution iodique au cyanure par petites quantités à la fuis, tant que la coloration jaune produite par rinilf ne persiste pas. — Si l'on a dû employer toute la solution d'iode, le cyiiuure 6tail pur : i équivalent de cyanure a pris 2 équivalents d'iode. — Si la coloration jaune est permanente avant que tout l'iode n'ait clé versé, ce qui reste fait connaître la proportion d'impureté. En effet. 1/10 de liqueur restante indique i/10 de cyanure en moins, etc. On peut se servir ëgulement du procédé de M. Uebig.
Le cyanure de potassium est un médicament et un poison dont l'actiim est identique avec celle de l'acide cyanhydriquc. 11 est inférieur comme médicament à cette dernière substance, puisque, tandis que la solution aqueuse d'acide cyaiiliydriquc est presque complètement inaltérable, le cyanure de potassium solide ou dissous est sans cesse eu voie dedécomposition.
On a justement renoncé à l'emploi de ce sel dont la mention même devrait être supprimée des ouvrages de thérapeutique.
CTAKURE DE XIKC.
ZnCf.
Le cyanure de zinc est pulvérulent, incolore, insipide, insoluble dans l'eau. On l'obtient par tes deux procédés suivants.
1* On verse une dissolution de sulfate de zinc exempte de fer dans une solution de cyanure de potassium obtenue directement par l'action de l'eau distillée froide sur le cyanure de potassium pur. Il se précipite du cyanure de zinc insoluble; on le lave ettfn le fait sécher.
Pour que celte opération réussisse, il faut se servir de cyanure*â& potassium provenant d'un ferrocyanure exempt de sulfate; le sulfilf • réduit par le charbon, serait changé en sulfure de potassium, qui précipiterait une partie du sulfate de zinc à l'état de sulfure, lequel se déposerait en même temps que le cyanure. Il est tout aussi important de choisir du sulfate de zinc exempt de fer ; autre» ment, il se ferait du bleu de l'russe, et le cyanure de zinc serait coloré en bleu plus ou moins foncé.
S" On prépare de l'hydrate d'oxyde de zinc, en précipitantune dissolution de clilorure de linc par un léger excès d'hydrate de potasse et en lavant le précipité avec grand soin. Un délaye ce précipité dansde l'eau distillée, et loti fait pas.ser dans la liqueur de l'acide cyanhydrique, jusqu'à ce que sa vapeur ces:ie d'être absorbée. Il importe que la solution contienne un excès d'acide cyanhydrique, et qu'après
450 Hl!UICAME»TS CHIMIQUES.
24 licurcs du contact avec la bouillie d'oxyde de zinc, elle exliile
encore l'odeur liydrocyanique.
S" On fnil passer dans unt; dissolution d'acétate de tinc des vapeurs d'acide cyanhydrique, ou bion l'on y vene de l'acide cyanfaydrique dissous, tant qu'il se produit un précipité. On lave le dépôt et on le faUBccher. (Uebig.)
Le cyanure de zinc a été employé à la dose de 1 à 2 centigrainmrs dans quelques névralgies du tube digestif.
rOUDBE ANTISPASMODIQUE d'hKNHINO.
■■r. : Cyanure de linc i!> millig.
Hajni^ic cilcini^ 'i centig.
Cannelle imlvfrisiïr 13
A prendre toutes les i heures.
Cyanure de mercure. La préparation de ce sel sera indiquée A l'irticle consacré aux mercuriaii.r.
FEnnOCTANUItES.
Les rerrocyaiiuros appartiennent au groupe des cyanures doubles qui ne se scindent pas sous l'influence dos acides étendus. Ces combinaisons sont génèraienient considérées comme contenant, dans leur molécule, le ferrocynno^'ènc Cj^Fe résultant de l'union de 3Cy = C*Ai' et de Fe. Ce radical se combine avec 2 équivalents d'hydrogène, de potassium et enire dans une foule de composés par wie de doubl^écomposition .
Nous avons vu que le ferrocyaniire de potassium est utilisé dans b^éparnlion de l'acide cyanhydrique par le procédé de Pessina, et «'^Hls celle du cyanure de potassium; mais il n'a pas reçu d'applicalions urectes à la pharmacie, ni à la médecine.
De niùine que les autres Terrocyaiiures, c'est moins un médicanienl qu'un réactif trés-empluyé dans l'analyse chimique qualitative des umibinaiHtns métalliques ; ce sel est également un agent d'invesligaliou aouveut mis en usage par les physiologistes.
FCBIIOCTASURE DE POTASSIUM.
(Oyofcrtre 4« pcAaansB, Ftaniate JaaBe 4e potaMe.)
CjTe.K* + 3H0.
Le lem>cyaniire de potassium se présente sous la forme de cri»-
(aui jaunes, dérivant de l'oclaédre à base carrée et présenUnt
Dinivi'iil ra|>parriiG4> de tables. Ce sel [to-isède une saveur It'i^'ùi'emcnt aniére, il es\ inodore. Le. rerrocyaiiure de potissinm s'erfleurit à une tlonve clialeur, ou dans le vide, en perdant toute son eau de ci'islalli>alioii^ alors il devient inculurc. ClianlTc û l'abri du contact de r.iir, il se décompose vers le rungc, déjiagc de l'azote et laisse une musse noire constituée par un luùlanjie de cyanure de poLissium et de (Mfbure dn fer. Il |irécipite par double décomposition un grand uunibrc de dissolutions salines, et In mulcur di-s dèp4>ts sert frèqui^mmont h caractériser les métaux.
Sous l'influence de (a cliali?ur et des agents oxydanis, tels que le bioxyde de manganèse, le renocjaiuirc de potassium donne du cyanate de potasse et de l'oxyde ferriquc.
rtiaulTé avec une propoi'lion convenable de soufre, le rerrocyanurc fond et se transforme eu sulfocyanure de potassium.
La dissolution du ferrucyanurc de potassium donne un précipité de bleu de Prusse avec les sels ferri(|ues. Soumis*; à l'action prolongée d'un courant dt! cblore, elle se convertit en dilorurc de potas^mm et en ferricyanure de potassium C^'Ft>*,K'; ce dirnior com- [wsé a été découvert par Léopold tlmetin et longtemps désigné sous le nom de priaxiale rouge de pofatse, à cause de la couleur auguine de SCS magniAque^ cristaux.