‹ Traite de pharmacie theorique et pratique v. 2, 1870Chapitre 222 sur 494 · CARBONATE DE FER · texte numérisé non relu

CARBONATE DE FER

face des pilules ; on peut donc l'administrer sans craindre que le médicament change de nature dans le cours de son emploi. G*està liT matière sucrée que cet effet est dû. Le sucre qui accompagne le sd de fer l'enveloppe au milieu d'une masse consistante et encore humide, où il ne se dessèche pas et reste hydraté, et par conséquent très-solubledans les liqueurs acides. L'expérience médicale a prouvé que ces pilules sont fort actives.

L'idée première de s'opposer à l'oxygénation du carbonate ferreux et de le convertir en un médicament constant dans ses effets est due au docteur Becker; cette idée a été réalisée et mise en pratique par Klauer, pharmacien de Mulhouse, qui s'est servi du sucre comme d'un agent préservatif contre l'oxydation. Klauer préparait rapidement du carbonate de fer par double décomposition, en ayant soin de se servir d'eau non aérée, tant pour la dissoldtion des sels que pour le lavage ; il mélangeait le carbonate tout humide, avec 2 parties de sucre, et il évaporait la masse à siccité. C'était un progrès réel, mais le but n'était pas atteint encore. Le sucre ferrugineux de Klauer avait une couleur vert noirâtre, laquelle annonçait trop les effets de l'oxydation ; cependant celle-ci n'atteignait pas sa dernière limite.

En résumé, les pilules de carbonate ferreux constituent une excellente préparation ; le carbonate y existe dans un faible état de cohésion qui rend sa dissolution facile et assurée. Cette dissolution s'opérant lentement, car la proportion de sel de fer mis en contact avec l'estomac est toujours modérée, et ne le fatigue pas, comme Tingestion brusque du lactate. Les pilules de carbonate ferreux ne donnent pas d'éructations chargées d' hydrogène comme le fer réduit. Chaque pilule représente 3 centigrammes de fer métallique. Il faut les ingérer en même temps que les aliments au commencement des repas.

Le Codex s'en est tenu à la préparation des pilules de carbonate ferreux par le procédé compliqué donné par Vallet ; voici la formule légale de ce médicament. ^

PILULES DE PROTOCARBONATB DE FËRé (Selon la formule de Tellei.)

Pr. : Profosulfatc de fer pur et cristallisé {êulfale ferreux).. 1000 gr

Carbonate de soude cristallisé 1200

Miel blanc 300

Sucre de lait. . * * Q. S.

Sucre blanc • . • . * • . * . Q*S*

Faites dissoudre à chaud le sulfate de fer dans unesufGbante quantité

468 HËKCÀHEîrTS CHinQUES.

(Tean contenant un Tingtiëme de son poids de sucre et privée d'ar *par l'ébullition. Opëret de même la solution du carbonate de soude dons de l'eau non aérée et sucrée. Réunissez les deux liquides dans on flacon bouché qui en soit entièrement rempli. Agitez, puis iaisset reposer pour opérer la précipitation du carbonate de fer hydraté. Uéeantei le liquide surnageant, et remplacez-le par de nouvelle eau sucrée et privée d'air. Continuez ce lavage en vase clos, jusqu'ft ce que le liquide n'enlève plus de sel alcalin.

Déoaolez une dernière fois ; je|e> le carbonate de fer sur une toile serrée, tsnprégnëe de sirop de sucre ; exprimez graduellement et fortement, et mettez le carbonate dans une capsule avec le miel. On remarque que le mélange se liquéfie par l'action du miel sur l'eau contenue dans le carbonate. Ajoutet le sucre de 1 ait, et concentrez trèspromptementlemélnigeaubain-mariejusqu'en consistance d'extrait.

Pour faire les pilules, on mêle 8 parties du composé ci-dessus avec 1 partie d'un mélange ft parties égales de poudre de réglisse et de poudre de guimauve, et l'on enferme des pilules de 25 centigram. qui doivent être argentées et conservées dans des flacons bien bouchés.

nimSi DE BLAUD.

Pr. ; Suirite de fer pur 15 gr.

CarbOEUle de poUsM tec là

On pèse le sulfate de fer, on le pulvériHe et on le sècbedans une ètnve à la température de 40° ; il y perd environ SO pour 1 00 de son poids. On le pulvérise de nouveau, on ajoute le carbonate de potasse sec el pulvérisé, plus, une quantité de miel suffisante pour faire une masse molle, qui ne tarde pas à durdr et que l'on divise en 100 piloles.

Chaque pilule contient ft^^ntigrammes de carbonate de fer, correspondant à 5 centigrammes de fer.

Au moment du mélange, à la faveur de l'humidité du miel, il se fait une double décomposition, d'où résulte la production du carbonate de for et du sulfate de potasse.

Ces pilules diffèrent de celles de Yallet, parce qu'elles contiennent un petit eicës de carbonate alcalin ; elles sont plus altérables.

Les pilules de Blaud constituent une imitation des pilules de Griffilh, dont la formule se trouve dans quelques pharmacopées anglaises; celles-ci ont la myrrhe pour excipient, Blaud remplace cette gomme-résine par la gomme adragante. Il prescnvait à l'origine de

mêler le sulfate de fer cristallisé et le carbonate alcalin, qui se liquéfiaient l'un par l'autre ; il ajoutait la gomme adragante et se hàtaii de réduire la masse en pilules ; mais celles-ci s'altéraient vite. M. Vallet a très-bien étudié cette réaction : au moment du mélange, il se produit du carbonate ferreux, du sulfate de potasse, et il reste un excès de carbonate alcalin ; mais Toxygéne de Tair agit promptement sur le sel de fer; de sorte qu'une partie est déjà peroxydée avant que l'opération ne soit terminée. Les pilules faites, l'oxydation continue lentement; il se développe de l'hydrate de sesquioxyde de fer et du bicarbonate de potasse. •

Les pilules obtenues suivant la formule actuelle, donnée par M. Boudet, sont beaucoup plus stables.

Les pilules de Blaud sont vantées comme un spécifique assuré contre les affections cblorotiques et la leucorrhée ; on en a fait grand bruit ; elles sont bonnes, mais elles ne valent pas mieux que d'autres préparations, et sont inférieures, sous tous les rapports, à celles de Vallet.

On administre d'abord 3 pilules par jour, puis 3 et 4 ; on aug« mente successivement la dose jusqu'à 8 et 9.

Le Codex donne la formule suivante :

PILULES DE BLAUD.

Pr. : Sulfate de protozyde de fer, desséche et pulvérisé. 30 gr.

Carbonate de potasse pur, desséché SO

Gomme arabique en poudre 5

Eau 30

Sirop simple 15

Faites dissoudre, dans une capsule de porcelaine, à la chaleur du bain-marie, la gomme dans la quantité d eau prescrite ; ajoutez le sirop et le sulfate de fer. Agitez pendant quelques instants pour rendre le mélange homogène ; ajoutez le carbonate de potasse préalablement pulvérisé, en remuant constamment avec une spatule en fer, et continuez de chauffer jusqu'à ce que la masse ait acquis une consistance pilulaire plutôt dure que molle. Retirez du feu, et divisez la masse en 120 pilules, que vous ferez sécher à l'ètnve et que vous argenterez. Renfermez-les dans des flacons bien bouchés.

Chaque pilule pèse environ 40 centigrammes.

Le fer du commerce n'est jamais pur ; il contient presque toujours

470 MÉDICAMENTS CHliaOUES.

da carbone, du phosphore, du soufre, de Tarsenic ; lesquels, du reste, yvL leur très-faible quantité, exercent peu d'influence sur ses propriétés médicales. 11 convient, néanmoins, de donner la préférence au fer doux pour les usages thérapeutiques, et d'éviter surtout la limaille de fer des ateliers qui, le plus souvent, est mélangée avec une grande proportion de cuivre;

On a conseillé jadis de purifier la limaille de fer au moyen d'un aimant. Ce procédé ne mérite aucune confiance ; Henkel, en effet, a fait voir qu'un alliage de fer et de cuivre, contenant les 2/5 de son poids de cuivre, est encore attirAle par l'aimant. Pour les besoins de la phahtaacie, la limaille de fer doit être préparée à Taide du fer doux; voici, du reste, les prescriptions du Codex.

Page 1