‹ Traite de pharmacie theorique et pratique v. 2, 1870Chapitre 227 sur 494 · SOLUTION AQUEUSE DE PERCHLORURE DE FER · texte numérisé non relu

SOLUTION AQUEUSE DE PERCHLORURE DE FER

On opère comme il a été dit pour le chlorure ferrique hydraté et cristallisé; seulement, quand la liqueur est concentrée, au lieu de la couler, pour la solidifier, on l'étend d'eau pour l'amener au degré voulu et Ton filtre. La solution la plus usitée marque 1,260 dens. = 30* à l'aréomètre de Baume.

L'imperfection de ce procédé a été reconnue depuis le temps où, grâce à ses applications thérapeutiques, le perchlorure de fer a pris une place importante dans la matière médicale. Q est certain que toutes les fois qu'on fait réagir l'acide chlorhydrique sur le sesquioxyde de fer, à une température assez élevée pour parfaire la réaction, indépendanmient d'un chlorure correspondant à l'oxyde ferrique, il semble

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se former une combinaison soluble d'oxyde ferrique et d'acide chlorhydrique, un véritable chlorhydrate. Ce composé se produit également lorsque Ton vient à chauffer, jusqu'à l'ébullition, une solution de perchlorure de fer, quel que soit d'ailleurs son mode d'obtention. Cette combinaison est instable ; au bout d'un certain temps, elle se détruit en donnant naissance à de l'oxyde de fer, et en laissant dans la liqueur une proportion d'acide chlorhydrique libre correspondante à la quantité d'oxyde séparée. Cette altérabilité des solutions de perchlorure de fer se retrouve à un degré plus ou moins prononcé dans toutes celles qui ont été obtenues par les procédés décrits dans les pharmacopées. La dissolution préparée, à une basse température, au moyen du perchlorure anhydre (M. Lebaigue), ne présente aucune cause de décomposition. Mais la nécessité d'obtenir du chlorure fer^ rique anhydre, entièrement exempt de chlorure ferreux ou de fer métallique, ce qui est difficile dés que l'on opère sur de grandes proportions de matières, ôte à ce procédé tout caractère pratique.

Dès 1 841 , M. Andrews avait employé la perchloruration du chlorure ferreux dissous par le chlore, pour déterminer la quantité de chaleur dégagée par la transformation de FeCl en Fe*Cl' au sein de l'eau, et plus tard M. Béchamp est revenu sur cette question. H. Adrian a résolu ultérieurement au point de vue de la pratique pharmaceutique le problème de la préparation d'une solution aqueuse de perchlorure de fer chimiquement neutre et inaltérable.

Nous citerons textuellement son procédé qui a été adopté dans les hôpitaux et par la commission du Codex.

On prépare, au moyen de l'acide chlorhydrique et des pointes de Paris, une solution de protochlorure de fer marquant 25® Baume. Pour éviter toute oxydation du fer, celte liqueur est versée dans une série de flacons de Woulf, à travers lesquels on fait arriver un courant de chlore bien lavé pendant cinq ù six heures environ. Ce temps suffit ordinairement pour convertir tout le protochlorure de fer en perchlorure de fer' dans les premiers flacons (15 à 20 litres) qui suivent les vases laveurs. Les derniers flacons, qui ne sont pas saturés, sont mis à la place des premiers, et ceux-ci remplis par une nouvelle solution de protochlorure de fer, si l'on veut rendre l'opération continue. La solution de perchlorure de fer versée dans une capsule de porcelaine est soumise à une température qui ne doit pas dépasser bi)^ centigr. pendant une heure environ. Vers la fin de

< On reconnaît que tout le protocblomre de fer est passé k l'ètât de perchlorure tu moyen de cyano-ferride de potassium.

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I opération, on dirige dans la liqueur un courant d'air pour enlever les dernières traces de chlore qui peuvent rester en dissolution. Li liqueur obtenue marque de 29® à 52* ; on la ramène au degré voulu, soit en prolongeant Tévaporation, soit en ajoutant de l'eau distillée.

Le perchlorure de fer obtenu par ce procédé est chimiquement neutre, comme le prouvent les analyses faites par l'auteur et des solutions conservées pendant longtemps ne subissent pas la moindre altération, tandis que le perchlorure de fer obtenu par les autres procédés se modifie souvent dans les premiers jours qui suivent sa préparation.

La solution normale de perchlorure de' fer neutre possède une limpidité parfaite sans avoir besoin d'être filtrée ; elle n'abandonne aucun dépôt ocreux, et sa coloration est jaune safrané. Elle pi*oduit une aslriction énergique sans oQrir de saveur acide; elle contient pour 100 à SO"" Baume:

Perchlorure de fer anhydre 26

Eau 74

Cette solution répond à tous les besoins de la médecine et de la chirurgie, car les expériences de plusieurs chirurgiens, celles de MM. Giraldès et Goubaux d'Alfort en particulier, ont prouvé que les solutions marquant 40® et 45® à l'aréomètre sont dangereuses et doivent être abandonnées. Ces deux habiles expérimentateurs ont démontré que les liqueurs marquant 25® à 20® sont parfaitement suffisantes, et que 30® doit être conservé seulement comme limite extrême de concentration.

Pour arriver à obtenir rapidement des solutions à divers degrés, en partant de' la solution normale, H. Âdrian a fait des essais qui l'ont conduit aux résultats suivants :

■OtVnOll «OUIALI 4 SO B.

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20 gr.

5 BT.

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Ajoutons, pour terminer les documents relatifs aux solutions de perchlorure de fer, que l'emploi de cette matière à l'intérieur sous la forme de sirop entraîne une préparation extemporanée. En présence du sucre, la combinaison ferrique passe rapidement à l'état de chlorure ferreux, beaucoup moins actif comme agent d'astriction et de coagulation.

La solution normale se prête parfaitement à l'obtention instantanée

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d'un sirop dont le médecin peut faire varier magistralement la puissance, en partant de la base suivante, que nous donnons comme exemple :

Solution normale ^

Sirop de sucre [ qqq

Pesez et mélangez à froid.

20 grammes de ce sirop contiennent, environ, 0 gr. 20 de perchlonire anhydre.

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