‹ Traite de pharmacie theorique et pratique v. 2, 1870Chapitre 240 sur 494 · HYDRATE DE SESQUIOXTDE DE FER · texte numérisé non relu

HYDRATE DE SESQUIOXTDE DE FER

(Hydrate ferrique, Hydrate de fer.) FéW -h Aq.

Pour obtenir cet hydrate, on doit opérer de la manière suivante :

Dans une dis^febtion étendue de chlorure ferrique, on verse un

excès d'une solution de bicarbonate de potasse* on lave le précipité

un grand nombre de fois avec de l'eau pure et froide, et on le con-^

serve sous forme de bouillie claire dans des vases fermés.

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Précipité par les hydrates de potasse ou de soude en excès, l'oxyde de fer retient une certaine quantité d*alcaU ; et si la proportion d'alcali n'est pas sufïisante, le précipité renferme un sous-sel ferrique. L'oxyde précipité par l'ammoniaque est moins pur, suivant Soubeiran, que celui qui résulte dijf l'emploi <|(l^i<'^rbonate de potasse.

On préparait autrefois Thydrate ferrique par la décomposition du sulfate ferrique, l'oxyde obtenu retenait presque constamment des proportions plus ou moins considérables de sulfate ferrique basique.

L'hydrate de sesquioxyde de fer peut être desséché à la température ordinaire sans éprouver de décomposition; mais celui que l'on emploie en médecine, comme contre-poison de 'l'acide arsénieux, doit être conservé humide. Cet oxyde ferrique hydraté possède la propriété de se combiner avecTacide arsénieux, et déformer un arsénite basique insoluble qui n'est pas vénéneux. Get^ffet ne se produit que dans les cas où Ton présente à l'acide arsénieux^xyde ferrique gélatineux et dans l'état de faible cohésion, qu'il ottre au moment où il a été précipité d'une dissolution aqueuse.

Le pharmacien prépare à l'avance l'hydrate de sesquioxyde de fer en bouillie. Mais il doit, de plus, vérifier de temps en temps s'il n'a pas changé de constitution. H résulte, en effet, d^ observations de Wittstein que cet hydrate peut à la longue devenir cristallin, en perdant une partie de son eau. Dans cet état, il se combine difficilement avec l'acide arsénieux.

Du reste, l'hydrate ferrique a perdu beaucoup de son importance, depuis que M. Bussy a démontré que la magnésie forme directement avec Tacide arsénieux un arsénite de magnésie aussi peu soluble que le sel ferrique. Cette base a l'avantage de se trouver dans toutes les officines; de plus, son ingestion est moins désagréable pour le patient.

Outre sou usage comme antidote, l'hydrata de sesquioxyde de fer sert à la préparation de quelques sels ferriques.

On trouve dans le commerce des sulfates de fer renfermant de l'arsenic, et fournissant un hydrate ferrique qui en retient 4^110» Liblos proportions. Ces sulfates de fer doivent être soumis à ûnMiu> fication préalable; le procédé suivant, donné par M. Legripe, raiSBit bien. On dissout le sulfate de fer dans l'eau et l'on fait passer pen* dant longtemps, dans la solution, un courant d'acide sulfhydrique ; on filtre, on chauffe pour chasser l'excès d'hydrogène sulfuré, et l'on iiltre de nouveau. L acide sulfhydrique donne sd|vent un précipité de soufre parce qu'il ramène à l'état de sel ferreux le sulfate fer-* rique ; en outre, il précipite l'arsenic à l'état de sulfure, mais, comme les sulfures d'arsenic sont légèrement solubles dans un exoèa d'acide

sulfhydrique, il importe d'éliminer celui-ci par rëbullition du liquide ; le sulftire d'arsenic se sépare alors entièrement, car il est complètement insoluble dans la dissolution de sulfate de fer.

SAFHAIÏ DE^IkRS APÉRITIF.

On fait dissoudre à chaud dans Teau du sulfate de fer exempt de cuivre et d'arsenic ; on filtre la liqueur ; d'autre part on prépare une dissolution de carbonate de soude cristallisé (environ SO parties pour 17 de sulfate). On introduit dans un grand vase la dissolution froide de sulfate, on l'étend d'eau et Ton y verse peu à peu la liqueur alcaline également froide, jusqu'à ce qu'il cesse de se former un pré' cipité, et même jusqu'à ce qu'il y ait un excès de sel alcalin. On laisse déposer, on dopante la liqueur surnageante ; on lave le dépAt à Teau froid^ibisqu'à ce que les eaux de lavage ne contiennent plus de sulfhtAe soude. On recueille le précipité sur une toile, on le laisse égoutter, puis on le fait sécher à l'ombre ; quand il est sec, on le pulvérise et on le passe au tamis de soie.

Le mélange du carbonate de soude avec le sulfate de fer donne lieu à la formation de sulfate de soude, qui reste en dissolution et qui est emporté par les lavages, et à celle d'un précipité blanc, qui est du carbonate ferreux. Mais bientôt ce précipité absorbe l'oxygène de l'air, devient vert, puis rougeâtre, effet qui se continue pendant les lavages et la dessiccation, et le protoxyde de fer passe entièrement à l'état de sesquioxyde. La couleur verte est due à la formation d'une combinaison intermédiaire de sels ferreux et forrique, qui elle-même se convertit lentement en sesquioxyde hydraté. Les précipitations et les lavages s'exécutent au moyen de l'eau froide, afin de ne pas détruire cet hydrate. Le nom de carbonate de fer, que l'on donne encore à ce composé, lui est appliqué improprement. Cependant il donne presque toujours lieu à effervescence avec les acides : ce fait dèpMl quelquefois de ce qu'il n'est pas resté assez longtemps exposé k Y9^ et de ce qu'il retient du carbonate de protoxyde. Pourtant le safran de Mars présente encore ce caractère quand tout le protoxyde de fer a disparu, ce qui tient à ce que l'hydrate reste mêlé d'un peu de carbonate ferrique basique. Soubeiran a trouvé 8 p. iOO d'acide carbonique dans un safran de Mars qui était demeuré assez longtemps exposé à l'air, qtf avait été lavé avec le soin qtie l'on peut apporter au lavage d'une substance qui est destinée ù l'analyse, et dont la dissolution ne donnait pas la moindre tracç de précipitation avec te chlorure d'or.

ÉTHIOPS MARTIAL. 497

La composition du safran de Mars est un peu variable ; il contient d'autant plus de carbonate ferreux qu'il # été dessèche avec plus de. rapidité. La proportion de-carbonate ferrique basique y est d'autant moindre, que la matière a été conservée plus longtemps à Tétat humide. "%

Le safran de Mars apéritif se présente sous la forme d^nie poudre fine y dépourvue de saveur, (Vune belle couleur rouge Shun, Le produit commercial qui porte ce nom est souvent falsifié par V addition d*une notable quantité d'ocre ou de brique pilée. La présence de ces substances est décelée à laide de V acide chlorhydrique étendu qui ne les dissout pas à froid, tandis quil transforme avec facilité le safran de Mars en chlorure ferrique soluble.

Le safran de Mars présente moins de cohésion que le colcothar et que le safran de Mars astringent, aussi doit-il être préféré à ces deux composés pour Tusage médical. On le donne toujours à des doses assez élevées qui peuvent être portées jusqu'à quelques grammes par jour. Il appartient à la série des composés insolubles qu'il faut admi* nistrer en même temps que les aliments ; son activité parait d'autant plus grande qu'il retient une plus grande quantité de carbonate ferreux. C'est sur ce composé plus facilement attaquable que se porte d'abord Taction dissolvante des sécrétions acides de l'estomac.

Safran de Mars astringent. On désignait anciennement sous ce nom le safran de Mars apéritif soumis pendant quelque temps à une tem* pérature élevée. Sous l'influence de la chaleur, l'eau de l'hydrate ferrique se dégage, et il reste du sesquioxyde de fer, qui n'est jamais chimiquement pur, parce que le safran de Mars apéritif retient le plus souvent une faible proportion d'oxyde ferreux.

On préparait autrefois le safran de Mars astringent en calcinant au contact de l'air l'oxyde qui se forme quand on martelle le fer rougi à blanc {battitures de fer). Cet oxyde est dense, cohérent et renferme toujours des proportions notables et trés-variables d'oxyde fofr^ux associé à l'oxyde ferrique. *

§ 111. - COMPOSÉS FERROSO-FERRIOUES.

ÉTHIOPS MARTIAL.

FcO,Fe«0*.

L'Élliiops martial est une sorte de combinaison d'cxyde ferreux et d'oxyde ferrique, dont la composition se rapproche plus ou moins de

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celle de l'oxyde magnétique FeH)^. Il est souvent désigné sous les .noms d'oxyde de fer noif^i A*oxyde ferroêo-ferrique. Soubeirui a substitué aux anciens et bizarres procédés de préparation de rèthiops martial une méthode rationnelle qui fournit facilement un produit constant dans sa composition et fkv conséquent dans ses effets thèrapeutiqilb.

Cette méthode consiste à associer le sulfate ferreux au sulfate fe^ rique dans des proportions telles, que les deux oxydes qu'on peut en séparer au moyen d'une base soluble représentent l'oxyde ferrosoferrique Fe'O^. On décompose brusquement le mélange à Taide d'un carbonate alcalin, en opérant de la manière suivante. On fait dissoudre dans l'eau, à une douce chaleur, 25 parties de sulfate ferreux hydrate et 17 parties de sulfate ferrique cristallisé. D'autre part, on prépare une dissolution aqueuse contenant 80 parties de carbonate de soude cristallisé ; on la porte à l'ébullition et l'on y projette rapidement le mélange des sels de fer. — La décomposition est accompagnée d'un dégagement d'acide carbonique ; on lave rapidement l'oxyde noir qui se précipite et on le fait sécher.

Gavezzali a donné un procédé de préparation dont les conditions ont été étudiées par Guibourt. Ce mode opératoire qui est encore recommandé par quelques pharmacopées, ne réussit que si l'on agit sur de petites quantités de matière, et il a de plus l'inconvénient d'être d'une extrême lenteur. On prend une quantité quelconque de limaille de fer, soit 8 à 10 kilogrammes ; on la pile dans un mortier, on la passe sur un tamis de crin, et on la lave par décantation dans une terrine, jusqu'à ce que l'eau n'entraîne plus de rouille. On tasse cette limaille au fond de la terrine, et l'on fait égoutter toute l'eao qui ne reste pas adhérente au fer. De temps en temps on agite la matière et on l'humecte avec une petite quantité d'eau, de manière à imprégner la masse, sans que l'excédant du liquide puisse couler quand on incline la terrine. Au bout de cinq à six jours au plus, on délaye le fer dans Teau ; on sépare par décantation l'oxyde qui s'est formé ; on le feçoit sur un filtre, on l'exprime et on le fait sécher à l'étuve. Geiger. conseille de délayer cet oxyde dans de l'alcool rectifié, de l'exprimer fortement et de le sécher rapidement dans un courant d'air seCé Le fer qui n'a pas été oxydé est soumis au même traitement jusqu'à ce que sa conversion en oxyde noir soit complète.

A la température ordinaire, le fer ne décompose pas l'eau, mais il se combine à l'oxygène qu'elle lient en dissolution et qui se renouvelle sans cesse au contact de l'air. Dès que le fer est oxydé en quel* ques points de sa surface, il semble s'établir des polarités électri«>

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ques en vertu desquelles Teau elle-même est décomposée ; tandis que son oxygène se fixe sur le métal, Thydrogène se dégage en abondance. L'oxyde qui se forme dans ces conditions est le même que celui qui se produit lors de la décomposition de Teau par le fer porté à une haute température ; de même que lui il est magnétique et a pour composition Fe'O*. Pendant celte réaction, la tempérainre s'élève d'une façon notable et variable avec les masses de matière.

L'oxyde de fer noir obtenu par ce dernier procédé contient toujours une petite proportion d'ammoniaque due à la combinaison de fhydrogéne mis en liberté avec Tazote de Tair. Cet éthiops renferme presque constamment un excès d'oxyde ferrique dont la production se rattache en partie à l'absorption directe de Toxygène de l'air par l'oxyde ferroso-ferrique pendant les diverses opérations auxquelles il est nécessaire de le soumettre avant de pouvoir le conserver pour les besoins de la pharmacie.

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