OXYDE D'ÉTAIN
L'étain se combine avec Toxygène en deux proportions différentes. Il existe un protoxyde détain SnO, et un deutoxyde SnO* souvent désigné sous le nom d* acide stannique.
Le deutoxyde d'étain n'a jamais reçu d'applications thérapeutiques.
Lo protoxyde d'étain a été employé en médecine, à la dose de 50 à 60 centigrammes, comme moyen d'expulser le ténia ; il a été également conseillé contre la phthisie.
On prépare le protoxyde d'étain destiné à Tusage médical par le procédé suivant :
On place l'étain dans une cuiller de fer, ou, si l'on agit sur de grandes quantités, dans une marmite de fonte ; on le fait fondre et on le laisse sur le feu ; bientôt il absorbe l'oxygène de Tair, et il se couvre d'une couche blanche de protoxyde. A mesure que Toxyde se forme, on le jette sur le côté, au moyen d'une spatule de fer, et l'on continue ainsi, jusqu'à ce que tout l'étain soit converti en oxyde; on laisse celui-ci sur le feu quelque temps pour oxyder les portions du métal qui sont restées interposées dans la masse.
BISULFURE D'ÉTAIN.
(PMrflolfure d'èUûn, Or mutîf.)
SnS«.
Le Bisulfure d'étain SnS* a été anciennement prescrit comme téni* fuge ; son usage est aujourd'hui complètement abandonné. Le proto« sulfure SnS n'a jamais fait partie de la matière médicale.
Le bisulfure est d'une couleur jaune d'or; il cristallise en paillettes brillantes, douces au toucher ; il est insipide, inodore, insoluble dans l'eau. Il a été administré à la dose de 8 à i6 grammes, ordinairement mélangé avec du miel et sous forme d'électuaire (inusité).
On connaît plusieurs moyens de préparer ce sulfure ; celui destiné à l'usage de la médecine est obtenu par le procédé suivant :
5i4 MÉDIGAMEiVrS CHIMIQUES.
Pr. : Étain pur ii
Mercure 6
Fleur de soufre 7
Chlorhydrate d'ammoniaque. 6
On commence par amalgamer à chaud rétain et la totalité dt mercure ; on broie Tamalgame avec le soufre et le sel ammoniac, d€ manière à obtenir un mélange intime. On introduit celui-ci dans mi matras de verre, et on le chauffe doucement au bain de sable jusqa'i ce qu'il ne dégage plus de vapeurs blanches, et que Todeur d'adde sulfliydrique cesse de se faire sentir. Après le refroidissement, on trouve dans le matras une couche inférieure de protosulfure d'étain présentant Taspect de la plombagine, et une couche supérieure assex épaisse, formée par des lamelles cristallines jaunes et brillantes de bisulfure d' étain {or musif).
Dans cette opération l'étain se combine au soufre ; nmis la formation de Tor musif ne pourrait avoir lieu d une manière directe ; le mercure a pour effet de diviser Tétain et de permettre un contact intime entre ce métal et le soufre. Quant au sel anunoniac, son rôle, suivant Berzclius, consiste à empêcher la température de trop s'élever; une forte chaleur aurait pour effet de transformer For musif en protosulfure d*étain. Le sel ammoniac introduit dans le mèlai^e absorbe, pour se réduire en vapeurs, une grande partie de la chaleur qui se produit par la réaction du soufre sur l'étain ; cependant une portion de ce sel est toujours décomposée dans l'opération et donne naissance à du protochlorure de mercure qui se sépare.
Quelques pharmacopées prescrivent de préparer le sulfure d'élain médicinal en fondant ensemble de 1 etain et du soufre ; mais on n obtient ainsi que de Tétain mélangé de protosulfure et quelquefois de soufre. On ne parvient à préparer le protosulfure d'étain qu'en fondant à deux reprises l'étain avec un excès de soufre. Van Mons conseille de verser une dissolution de monosulfure de potassium dans le protochlorure d'étain; ce moyen donne du protosulfure d'étain pur, mais le persulfure est employé de préférence.