DES PRÉPARATIONS DU MERCURE
Le mercure est le seul métal qui soit liquide à la température ordinaire; il est blanc, trés-éclatant. La densité du mercure liquide est égale à 13,595. Ce métal se solidifie à — 40®; en cet état, il est malléable, et présente une densité de 14,4. Le mercure bout à 350*; distillé avec de Teau, il se volatilise en assez grande quantité. La vapeur du mercure est incolore et possède une densité égale à 6,976.
Le mercure se combine directement avec l'oxygène à une température voiiiine de son point d'ébullition. Il ne peut s'unir à ce gai sous rinfluence d'une forte chaleur, puisque les oxydes de merc^ire, portés à une température suffisamment élevée se décomposent en mercure et en oxygène. Il existe deux oxydes de mercure : leprotaryde ou oxyde mercuretix a pour formule IIg*0 ; le deutoxyde ou oxyde mercurique a pour formule HgO«
Sels de mercure. Il importe, au point de vue chimique et sous le rapport médical, de distinguer les sols de protoxyde ou sels mercureux des sels de deutoxyde de mercure ou sels mercuriques. Ces sels possèdent comme caractère commun la propriété de donner un précipité de mercure quand on plonge dans leurs solutions une lame de (ex, de
PRËPÂBATiONS DU MERCURE. ' 545
fine ou de cuivre. Le dépôt gris de mercure qui se dépose sur le cuivre devient brillant et argentin par le frottement.
Sels mercureux. liCs sels mercureux dissous donnent un précipité noir par l'addition de Thydrate de potasse ou de l'ammoniaque. L'acide sulfliydrique et le sulfhydrate d'ammoniaque les précipitent en noir ; le précipité n'est pas soluble dans un excès de sulfure. L'iodure de potassium y fait naître un dépôt jaune verdâtre d'iodure mercureux ; celui-ci, sous TinAuence d'un excès d'iodure alcalin, se convertit en iodurc mercurique soluble dans Tiodure de potassium, et en mercure, l/acide chlorhydrique et les chlorures alcalins y forment un précipité blanc, que le chlore peut dissoudre.
Sels mercuriques, La potasse produit dans leurs dissolutions un précipité jaune d'oxyde de mercure insoluble dans un excès d'hydrate alcalin. L'ammoniaque précipite en blanc la solution de chlorure mercurique ; le carbonate de potasse la précipite en rouge, le carbonate d'ammoniaque en blanc.
L'acide sulfhydrique et le sulfhydrate d'ammoniaque en grand excès donnent dans les sels mcrcuriques un précipité noir. L'iodure de po* tassiuni détermine un précipité d'un rouge vif, soluble dans un excès d'iodure alcalin. Le chromate de potasse les précipite en jaune rouge. L'acide chlorhydrique et les chlorures n'y forment pas de précipité, à moins que les dissolutions ne soient très-concentrées.
Propriétés thérapeutiques du mercure. Le mercure, employé par les Arabes dans le traitement des maladies de la peau, a été appliqué au traitement des maladies vénériennes par Bérenger de Carpi et par Fallope. L'usage prolongé de ses diverses préparations amène un état cachectique et un ensemble de phénomènes redoutables.
A la suite de l'administration des préparations mercurielles, on observe souvent, et presque dès le début, une salivation abondante et caractéristique qui oblige à interrompre le traitement. Cette salivation et les accidents graves dont elle marque le début sont combattus par la suspension du traitement, l'emploi de gargarismes borates, la cautérisation des gencives par l'acide chlorhydrique, mais surtout par l'administration interne du chlorate de potasse.
Les applications du mercure et de ses combinaisons à la médecine constituent un des chapitres les plus intéressants et les plus variés de la thérapeutique. Les états patliologiques résultant de l'introduction lente de co métal dans l'économie n'offrent pas moins d'importance pour 1 hygiéniste et le médecin. Sous le rapport phannacologique, c'est également un des corps dont les combinaisons méritent la plus sérieuse attention.
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Nous commencerons Tétude des mercuriaux par les chlorures de mercure qui, au point de vue médical, sont en quelque sorte les dm types des combinaisons solubles et insolubles du mercure.