KERMÈS MINÉRAL
Pr. : Sulfure d'antimoine puWérisé 1
Cliauivive 2
Eau. 20
Faites bouillir pendant 2 heures, en remplaçant Teau qui s'évapore durant rébullition; décantez, filtrez, et versez dans la solution un excès d'acide chlorhydrique ; la\ez le précipité, et séchez-le à Tabri de la lumière.
On peut faire bouillir à plusieurs reprises le résidu contenu dans la chaudière ; il donne encore une certaine proportion de soufre doré d'antimoine.
Le Codex de 1866 a remplacé le soufre doré d'antimoine des anciennes pharmacopées par un produit défini, le pentasulfure d^antimoine SbS' résultant de la décomposition par un acide du sulfcHinli' inoniate de sodium SbS',3NaS-hi8HO (Sel de Schlippé); l'opération s'exécute de la façon suivante :
Pr. : Protosulfure d'antimoine 40
Fleur de soufre 140
Carbonate de soude sec. 240
Charbon végétal 30
On mélange ces substances finement pulvérisées, et on les fond ensemble dans un creuset. Le produit de la réaction est divisé grossièrement, dès qu'il est refroidi ; il est ensuite épuisé par une quantité d'eau bouillante aussi faible que possible. La solution fitrée et au besoin évaporée, abandonne des cristaux tH^édriques, volumineux et presque incolores de sulfo-antimoniate de sodium hydraté ; ces cristaux sont égouttès sur un entonnoir.
On dissout ce sel dans environ 8 fois son poids d'eau froide, et Ton décompose leur solution en ajoutant goutte à goutte de l'acide sulfurique étendu de 9 fois son poids d'eau, tant qu'il se produit un précipité. Le dépôt est recueilli sur un filtre, lavé et séché avec les précautions indiquées pour le kermès.
Le soufre doré d'antimoine n'étant presque jamais prescrit, la question de savoir si le pentasulfure d'antimoine possède exactement les mêmes propriétés thérapeutiques que ce mélange complexe et variable a peu d'importance.
11 serait plus intéressant de comparer sérieusement le pentasulfure d'antimoine au kermès de Cluzel, et de savoir si la substitution de cette combinaison définie au kermès peut être tentée avec succès* Mais il ne faut pas se dissimuler que la solution clinique de cette question présente de très-réelles difficultés.
658 MËDlCAMËiNTS CUlMiUUES.
Le Codex de 1866 a adopté, conformément aux expériences comparatives de Soubeiran, le procédé de Cluzel pour la préparation du kermès.
M. Hébu a fait observer que l'ébullition pendant uneheure prescrite pour les doses du Codex, est au moins inutile, et que le kermès présente même un plus bel aspect, lorsque la durée de l'ébullition est réduite à un quart d'heure au ^lus.
Contrairement à l'opinion ^néralement admise, la lenteur du refroidissement des liqueurs n'exerce aucune influence sur la composition, ni sur l'apparence du kermès. Ce composé semble velouté lorsqu'il a été tamisé à travers un tissu très-serré.
Le kermès commence à se séparer de ses dissolutions à une température voisine de H-70** ; celui qui se dépose entre H-70® et +35* est d'un brun violacé. Le produit qui se précipite au-dessous de +32*, est plus rouge, et renferme de plus grandes proportions d'oxyde d'antimoine (ou mieux de la combinaison de cet oxyde avec la soude).
H. Méhu conclut de ces expériences et de plusieurs autres observations de détail, que pour obtenir un kermès toujours identique, il convient de modifier légèrement les indications du Codex dans le sens que nous allons indiquer.
Réduire à un quart d'heure la durée de l'ébullition. Séparer et considérer comme seul produit officinal le kermès qui se dépose à une température supérieure à +35*. Il est inutile de ralentir artificiellement le refroidissement. Décanter ou filtrer à +35* les eaux-mères du kermès ; laisser ogliquide en repos pendant deux jours, et séparer les produits secondaires qu'il abandonne avant de le faire servir dans une nouvelle réaction.
Ces produits secondaires, riches en oxysel antimonial et pauvres en sulfure, ne doivent jamais être mélangés au kermès.