ÉT|ER SULFURIQUE
économiquement d'huile d'œillelle. Ce moyen est très-efficace pour enlever à rêlh^r les hydrocarbures odorants qui le souillent. Mais, comme Ta observé Soubciran, il ne suffit pas toiyours lorsqu'on a affaire à des cthers laissant par Févaporalion une odeur infecte très, intense. On doit, dans ce cas, doubler la dose d'buile, et interposer entre la cucurbile et le chapiteau de l'alambic uSsorte de bain-marie percé de trous à son fond ; ce' diaphragme «t rempli de braise humectée avec de la L ssive des savonniers. Les vapeidi cRther développées dès qu'on porte le liquide ù Tébullition sont obUgées de traverser cette couche absorbante, avant de se condenser dans le système réfrigérant.
Cet éther est loin toutefois d'être amené à l'état de puretMpuisqu'il est constitué par un mélange d'éther d'alcool ^Uft^u en proportions indéterminées. Pour arriver à une purification pluMmiplète, MM. J.Regnauld et Âdrian recommandent de laver 1rs premiers produits condensés provenant de la distillation sur l'huile, d'abord avec la moitié de leur volume d'eau, puis, après décantation, avec le double do leur volume du même liquide. La couche d'éther est décantée, après un repos suffisamment prolongé, et mise en contact pendant vingt-quatre heures au moins avec le vingtième de son poids d'un mélange à parties égales de chlorure de calcium fondu et de chaux vive finement pulvérisés. On distille au bain-marie et l'on recueille les neuf premiers dixièmes du Hquide introduit dans l'alambic. « *
Le produit ainsi obtenu offre i -+- iî>**une densité comprise entre 0,720 et 0,7*24 ; et Ton peut le considérer comme correspondant à peu près à l'éther dit à 05 • B.
En se conformant aux indications données par Guibourt et Soubeiran, et ensuivant leurs prescriptions relatives au mode de condensation et de fractionnement des produits, on peut obtenir un éther parfaitement neutre et privé de toute matière infecte. Ces opérations, exécutées sur Tèther du eonnnerce, changent à peine son titre ; fait démontré par les derniers travaux de MM. J. Regnauld et Adrian. Uapportuns du reste une expérience qui ne laisse aucun doute à cet égard :
ii litres d'éther sulfurique ordinaire à 02^ ont été mélangés à 1^,400 d'huile d œillotte, et soumis à une distillation dont les produits ont été recueillis isolément par fractions de 1/5. Voici quelle a été la composition de ces liquii
1" PAHTIE. 2* PARTIE. 5* PARTIE. -i* rARTIB. 8^ PAUTIB.
Ëthcrpur. . . . 07,412 96,224 95,232 94,050 77,104
Alcuol absolu.. . 1,940 2,917 9.889 âÊ/Si 20.0S7
Eau 0,059 0,859 0,879 1^ S,809
n. — vu* ÉDiT.J ^ 42
058 MÉDICAMENTS €UiMiQDES.
On voit que la quantité d'alcool qui a passé à la distillation augmente graduellement dans les quatre premiers cinquièmes du produit recueilli ; pour le dernier cinquième, l'accroissement de la proportion d'alcool s'opère brusquement. Elle devient telle qu'elle surpasse même la quantité co[^nue dans le reste. Si l'on mélange par parties égales les produits «ces cinq distillations, et si Ton en fait l'analyso» on trouve l^mèmm nombres que dans le liquide originel. D'où Ton peut concRre que pendant l'opération, les proportions d'étber, d'alcool et 4'eau n'ont pas été sensiblement modifiées.
Essai éthérométriqxie. Une fois que l'éther sulfurique est ramené à un mélange d^'éthar, d'alcool et« d'eau, il importe de reconnaître le rappo^pexact dechacun de ces derniers principes, surtout lorsqu'on est en préa4^pdes éthers que fournit l'industrie sous les trois titres de 65®, 62<», oPae l'aréomètre de Baume. On comprend que Ton ait adopté le premier titre (65® B.), qui correspond sensiblement à la densité de l'éther pur, et le troisième (56® B.)» qui convient, s'il est bien défini, à un liquide éthéro-alcoolique nécessaire pour la préparation de solutions dont l'activité est le résultat du mélange de l'éther à des principel immédiats que l'alcool enlève mieux que lui aux bases médicamenteuses.
Mais c'est en vain que Ton cherche sur quel principe est fondé le choix du titre (62® B.), qui est presque exclusivement adopté par tes fabricaifts d'èther.
Pour vérifier les différents degrés aréométriques de l'éther, les traités de pharmacie et les pharmacopées françaises prescrivent l'emploi de l'aréomètre ; les uns indiquent le pèse-esprit de Baume, les autres le pèse-liqueur de Cartier, quelques auteurs enfin, après avoir décrit les moyens de rectifier et de purifier l'éther sulfurique, et avoir fait connaître la densité de l'éther pur, ne mentionnent nullement le titre de celui qui est destiné à l'usage pharmaceutique. Ces derniers laissent supposer que, suivant eux, Téther pur doit seul servir à la confection des médicaments dont ce liquide est le véhicule.
De ce défaut d'accord résulte une confusion d'autant plus grande que les aréomètres pèse-éthcr, livrés aux pharmaciens et aux industriels, portent rarement l'indication de la base de leur graduation, et qu*il existe de regrettables discordances entre les données qu'ds fournissent. On comprend qu'il doit eu^re ainsi lorsque Ton se rappelle que vers les degrés (]ui correspondent sur l'échelle aux titres usuels, il y a une différence de près de cinq divisions entre l'aréomètre de 1||^ë et celui de Cartier. En comparant un certain nombre de pèse-èther pris au hasard dans divers (tablissements,
£THEK SULFUHIQUE. 659
nous avons constaté que des ôlhers identiques, essayés à la même température, présentaient des divergences s*élevant à sept divisions de l'aréomètre de Baume. Cet écart correspond à une différence de densité égale à 0,036 ; or, entre l'éther pur dont la densité est de 0,7'20 à + 15" et l'éther à SO"" B. du Codex qui possède une densité de 0,758, la différence est seulement de 0,038.
D'après ces premières considérations on voit que \jf8 usages reçus ont laissé subsister beaucoup d'indécision relativement aux moyens aréométriques propres à juger de la richesse d'un éthe^ Nous avons démontré qu'on peut avoir des éthers au même titre, 60"^ B. par exemple, dans lesquels le volume d'alcool varie depois 9/100 jusqu'à 22/100, suivant qu'ils renferment une certaine a^ntité d'flhi en plus ou en moins ; il a été constaté également qufl|^ éthers marquant 56° B. contenaient depuis 11/100 jusqu'à 35/100 d alcool à 98^
Des différences aussi notables entre les quantités d'alcool contenues dans un éther possédant le même titre, nous ont conduits^ à penser qu'il y aurait utilité certaine à trouver un procédé pratique propre à déceler les proportions d'alcool et d'eau contenues dans un éther quelconque. Mais le problème si élégamment résolu par Gay- Lussac pour l'alcool est plus compliqué pour l'éther, car, tandis qu'un seul essai aréométrique permet de connaître le volume d'eau ajouté à un ceitain volume d'alcool absolu pour augmenter sa densité d'une certaine fraction, une seule opération du même genre ne donne qu'une notion vague sur la valeur d un éther. Or, si la densité d'un éther étant une première fois déterminée, on pouvait lui soustraire toute l'eau qu'il contient, on aurait un liquide simplement formé d'éther et d'alcool. Une seconde détermination densimétrique portant sur ce dernier ferait connaître sa composition, en admettant que, par des expUhences préalables, on eût fixé les densités des mélanges d'éther pur et d'alcool absolu. Si Ton suppose que, pour une môme température et entre certaines limites, en dehors desquelles il est inutile d'opérer, on ait pris les densités de mélanges formés en volume de la façon suivante :
Pr.: Éther pur. . . 09/100 98/100 97/100. . . «3/100 62/100 Alcool absolu. . I/IOO 2/100 5/100 . . 37/100 38/100
on aura une preniiéro base, dont on pourra se servir pour H^ir expérimenta lonient les quantités d'eau qu'il est nécessaire cQPuter à chacun de ces mélanges, afîii de les amener à des densités croissant graduellement jusqu'aux derniers termes que l'ouirtlt intérêt à connaître. Si de telles séries de nombres étaient établies^ et s'il était
possible d'enlever à un éther toute Teau qu'il renferme, sans altérer les proportions d'éther el d'alcool, on aurait à sa disposition un procédé vraiment analytique. En cherchant la densité du mélange primitif, on obtiendrait une première indication numérique indéterminée, mais dont la valeur deviendrait précise dès qu'on aurait pris la densité du mélange d éther pur et d'alcool absolu restant après l'action du corps absorbant Ainsi, la deuxième densité donnant les proportions respectives d'éther et d'alcool, la première ferait connaître la quantité d'eau qij^ leur était associée. Telle est la base de la méthode adoptée par MM. Regnauld et Adrian, elle nécessite d'abord le choix d'un agent de déshydratation.
A la sulK de non^veux essais, nous avons donné la préférence à l'emploi du carbo^Hde potasse. Ce sel, bien desséché par une calcinalion au rouge sombre, peut, lorsqu'il est ajouté en proportions suffisantes, ramener à un titre identique l'alcool d'un mélange quelconque d'é hcr et d'alcool plus ou moins hydraté. Avec une suffisante quant 'é de carbonate de potasse il est toujours possible d'ameiapr un alcool au titre de 95^ centésimaux ; de môme, lorsqu'on a affaire à un mélange d'alcool, d'eau et d'étlier, on arrive à déshydrater suffisamment l'alcool, pour l'obtenir au titre de 98*> centésimaux.
11 résulte d'essais multipliés que, dans des mélanges pour lesquels la proportion d'éther est plus de deux fois supérieure à celle de l'alcool, le carbonate de potasse exerce une influence déshydratante marquée tant que l'alcool n'a pas atteint le titre de 98*» cent. A partir de ce degré, le sel n'enlève pas sensiblement d'eau au mélange. De plus, en prenant les deux termes extrêmes que peut réclamer la pratique, l'éther contenant 5/100 d'alcool à OB'* cent., et le même liquide associé à 35/100 d'alcool, on constate que ft densité des mélanges reste invariable après un contact suffisamment prolongé avec le carbonate de potasse.
DENSITi A -♦- 15»
MiLAlfOB D'éTHBft POU llKMMTK APRJU» I.'aCTIOX
ET d'alcool TEMP. -4- 15*. A -4- I5'. DO CfcRDOXATE UE POTASSE.
Entrl^^imites mentionnées plus haut, le carbonate de potasse ne ait donc éprouver aucune modification sensible à la densité d'un niélange d'éther j^uFA d*alcool à 98® cent.
Lorsqu'on ajoute une certaine quantité d*eau à un tel mélange
fiTHER SULFURIQDE. 66i
dont la densité est connue, on peut le ramener à celle-ci par la seule influence du carbonate de potasse.
De tous les faits précédents, on est en droit de conclure : 1® Que la densité d'un mélange d*éther pur et d'alcool à 98*» cent., quelle que soit la proportion relative des deux liquides, n*éprouve aucun changement appréciable sous Tinfluence du carbonate de potasse ;
"2° Que si à un mélange quelconque d'éther et d*alcool ù 98® cent, on ajoute une quantité d*cau suffisante pour amener sa densité jusqu'à 0,758=50® B., qui est le dernier terme utile à considérer, on peut toujours, par l'addition du carbonate de poliisse sec, soustraire au mélange une quantité d'eau telle, qu'il soit exclusivement composé d'éther pur et d'alcool à 98® cent. j^
Ces données nous ont permis d'établir un tableau général (voyez pages 664-665) qui indique, sur une ligne horizontale, les densités des mélanges d'éther pur et d'alcool à 98® centésimaux, et dans une colonne verticale, les proportions d'eau aioutées aux mélanges inscrits dans la première ligne horizontale. A chacun de ces nombres correspond une série de lignes horizontales comprenant les densités résultantes de ces additions d'eau. De sorte que, lorsqu'on suit la colonne verticale située au-dessous de chaque nombre de la première ligne horizontale, on a la série des densités pour un mélange dans lequel, la proportion d'éther et d'alcool étant constante, le volume d'eau croit de 1/500. Quand d'un autre ci)té, on part de l'un des nombres inscrits sur la première colonne verticale, on a, pour une quantité d'eau constante, sur une même ligne horizontale, la suite des densités des mManges dont la proportion d'alcool varen augmentant de 1/100 par rapport à l'éther pur.
L'application de la table à la détermination du titre d'un élher est très-simple, et elle donne les résultats les plus satisfaisants. En effet, il suffit de deux essais aréométriques exécutés avant et après l'action du carbonate dt> potasse sec, pour avoir en quelque sorte une véritable analyse de l'éther. Lorsqu'un éther sulfurique quelconque a été ramené par une [)uriflcation suffisante à un mélange d'éther, d'alcool et d'eau, on pont donc connaître le rapport exact de cha^s de ces derniers principes par le procédé éthé|poniétrique qui|^Md*ètre
Mais comme l'industrie livre habituellement l'éthei^Ririque à un titre plus élevé que celui adc^té dans les préparatiiÂs pharmaceutiques, il est nécessaire» pour le ramener à une composition fixe.
d'y ajouter une certaine quantité d'aleool. On a signalé à plusieurs reprises la fâcheuse incertitude qui règne sur le sens qu'il convient d'attacher à l'expression si souvent employée d'éther médicinal à 56^ B. Les doutes existant sur la composition type de ce liquide ne paraissent pouvoir être levés en partie que grâce à l'observation attentive des moyens généralement usités dans les laboratoires pour amener à la densité de 0,758 = 56® B. l'éther du commerce convenablement rectifié par le pharmacien. D'après cette enquête, nous croyons que Ton peut admettre que l'éther médicinal est obtenu dans la majorité des cas, par une sorte de coupage de l'éther dite 62*» B. au moyen de l'alcool ù 90*» cent. = 36*» Cart.
Partant de cette donnée et supposant, ce qut est indispensable, que l'opération dojÊÊ^e toujours exécutée à une même température, celle de -h 15*», noTOavons trouvé que l'éther à 56*» B. des pharmacopées françaises doit contenir pour 100 parties en volume :
Pr. : Éthcr pur 71.394
Alcool absolu 25,746
Eauj 2,800
Pour plus de simplicité et avec une approximation suffisante, 720 parties d'éther pur et 280 parties d'alcool à 90*» cent, pour un litre de liquide mesuré à -|- 15*».
Ces proportions ont été acceptées parle nouveau Codex. Mais l'éther sulfurique n'a pas toujours la densité exacte de 0,754=62*» B., il est donc nécessaire de pouvoir le ramener à un titre déterminé. Il était en conséquence désirable d'avoir à sa disposition un moyen sûr et rapide de ramener un éther quelconque d'un titre plus élevé à la densité inférieure cherchée. Maf|ré la difficulté d'un tel travail, nous n'avons pas hésité à entreprendre une série d'expériences propres à permettre d'exécuter des mélanges de densités et de composition fixées à l'avance. Dans un ensemble de tableaux conformes à celui que nous reproduisons ci-dessous, se trouvent inscrits les volumes et les poids d'alcool à 90*» centésimaux, qu'il est nécessaire d'ajouter à l'éther marquant depuis 65*» jusqu à 57*» B. pour obtenir de l'éther à des titres inférieurs.
•Prq^M^commc exemple Têther à 62<» comme étant celui qui est ^ent fourni par^ commerce. Ce produit possède la den- ., avant l'action du carbonate de potasse et celle de 0,728, iprès a?STr^bi la déshydratation. Les données fournies par le tableau généra indiquent qu'il présente fe composition suivante :
ËIHER SULFUBIQDB. 665
Pr. : Èther pur 100— {7,904 + 1,»]= «0,8»
Alcool absolu 7,»i + 0,158= 7,7*0
Eau 1,800 + 0,158= 1,358
On commence par tgoutcr à cet étlier la quantité d'alcool ou d'eau nécessaire pour l'amènera n'être formé que d'étlier et d'alcool à 90" cent. Dans le ras présent, la proportion d'eau êlanl trop grande, on doit au(;nienter celle d'alcool. 1,558 parties d'eau n^ ccssileraient 13,222 d'alcool; mais comme le mélange en renferme déjà?;746, c'est 4,476=12,'.i22— 7,74li qu'il faut ajouter pour obtenir de l'alcool au titre de 90° cent. Après cette première opération, on doit procéder à une seconde détermination de la richesse da raétaagc. Ce titre une Tois connu, on trouve de suite dans le tableau ci-dessous quelle est la quantité d'alcool à 90*cent. exigée pour lui donner la composition typique assignée à l'éth^Vit â 56° It.
Par cette opération, l'èther marquent primitivement 62° B. modifié par l'addition de i,476 parties d'alcool, a fourni un liquide formé d'étlier pur et d'alcool à 90» cent., dont la densité est 0,742=60» B. liC tableau montre que si, à 85,62 parties de cet éllier, on ajoute i4,S8 parties d'alcool à 90" cent,, on obtient un mélange m,nrquant 56° H., et ne contenant que de l'étlier pur et de l'alcool à 90° cent., dans le rapport précédemment indiqué. *
mVUK BT POIDS d'alcool a eo" CBNTJSIHAVX Qu'lL EST SËCESSAIBE D'a- JODTEB A l'ÉTIIEB IIABQDANT Bl^ B. PODB OBTENIB DB l'ÉTHBB A PBI TITBSS HirÉBIBOBS.
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10,00 ÎO.Ol
9fl,*0 «her.
3,00 alcool.
03,Ï0 i'IliiT.