PRÉPARATION DE L'EAU GAZEUSE
sur le carbonate de chaux; il se produit, dans le premier cas, du sulfate de chaux; dans Tautre, du chlorure de calcium, et l'acide carboiii({ue est mis en liberté. On se sert tantôt de marbre blanc, tantôt de craie : dans le premier cas, c'est à l'acide chlorhy<hique que l'on a recours; on i'élend (ie son poids d'eau, pour qu'il ne répande pas de vapeurs acides. Son action sur le marbre est régulière, parce que hi marbre, qui est compacte, ne se laisse attaquer que peu à peu par l'acide. Mais l'action continue à se produire tant qu'il y a de Tacidc libre ; en effet le chlorure de calcium qui se forme sans cesse est un sel très-soluble qui se dissout à mesure de sa production dans la liqueur, et qui livre toujours la surface du marbre à l'action de l'acide décomposant. Avec le marbre l'acide sulfurique serait moins convenable ; il formerait bientôt à la surface du calcaire une couche de sulfate de chaux insoluble, qui mettrait obstacle au contact de l'acide avec le carbonate; l'action cesserait, ou ne marcherait qu'avec beaucoup de lenteur.
Lorsqu'on dispose d'un acide chlorhydrique de bonne qualité, il est assez indifférent d'avoir recours à l'un ou à l'autre procédé; c'est la valeur commerciale des acides qui conduit à choisir entre les deux. A Paris, où les acides chlorhydriques sont, depuis quelques années, trés-char^és d'acides sulfureux, les fabricants d'eaux minérales accordent la préférence à la craie et à l'acide sulfurique ; mélange qui fournit un gaz carbonique plus facile à laver.
Quand on prépare Tacide carbonique au moyen du marbre, on emploie celui-ci en fragments. On ne fait pas agir l'acide chlorhydrique sur la craie, parce que ce carbonate de chaux étant très-divisé, et le sel qui résulte de sa décomposition étant sglnble, la décomposition s'établirait presque instantanément sur toute la ma^se. Le gaz carbonique se formerait avec violence, et le dégagement cesserait presque aussitôt pour reparaître de nouveau tumultueusement lors de l'affusion d'une nouvelle quantité d'acide. L'opération ne marcherait pas d'une manière réguUére.
Pour produire le gaz carbonique à l'aide de l'acide chlorhydrique et du marbre, on t^e sert de Tappareil sui- Fig. it.
vant {fig. 42).
Un flacon A de 20 à 25 litres reçoit l'acide chlorhydrique, il porte
7^0 MÉDICAMENTS CUIMlQUtS.
deux tubulures en haut et une en bas. L*une des tubulures supérieures a reste fermée et ne s ouvre que lorsque l'acide est consommé et que Ton veut en introduire de nouveau. L'autre tubulure b est munie d'un tube en plomb bien fixé au moyen d'un bouchon; ce tube est recourbé et vient s'adapter sur la tubulure c d'une tourie à 3 tubulures B, en grés, où il ne pénétre que de l'épaisseur du bouchon. La tubulure inférieure du flacon est munie d'un robinet en verre e, qui entre dans une des tubulures de la bonbonne, et qui sert à y introduire l'acide.
La bonbonne est placée au-dessous du flacon; elle est remplie aux trois quarts de fragments de marbre. La tubulure d, porte un tube de plomb qui conduit le gaz carbonique en dehors du vase de production; la tubulure c, reçoit, ainsi que nous l'avons dit, le tube qui établit la communication entre l'atmosphère du flacon et celle de la bonbonne; là tubulure e donne passage à l'extrémité d'un robinet en verre qui est solidement fixé dans la tubulure inférieure du flacon. Suivant que Ton ouvre ou que Ton ferme le robinet, on détermine ou l'on arrête l'écoulement de l'acide sur le marbre. Le tube qui Hiil conununiquer l'atmosfihére gazeuse des deux vases fonctionne de telle sorte, que l'augmentation de pression qui se manifeste dans la bonbonne par la production du gaz se fait sentir également dans le
flacon, et qu'elle ne met pas obstacleà lecou- Icment de l'acide sur le marbre.
Quand on emploie de l'acide sulfurique pour dégager l'acide carbonique, on se sert toujours de la craie; on pulvérise celle-ci, on la délave dans l'eau, de manière à en faire une bouillie claire (1 p. de craie et 5 1/2 p. d*eau). L'acide sulfurique concentré est introduit par parties, et les surfaces sont renouvelées au moyen d'un agitateur.
Soubeirana longtemps employé à la pharmacie centrale un appar.il qui a été modifié depuis dans sa forme plutôt que dans les parties essentielles de son agencement. Il se compose d'un vase cylindrique (fig. 45) en plomb V dans lequel on introduit, an moyen d'une tubulure, de la craie pulvérisé • et délayée dans trois fois et demie son poids d'eau.
Un récipient plus petit t; est placé au-dessus du premier avec lequel il est soudé, .et sert de réservoir pour l'acide sulfurique. On
Fig. 43.