SYSTÈME DE GENÈVE
Ce système consiste, avons-nous dit. A refouler l'acide carbonique dans un tonneau ou récipient plein d'eau; le gaz y est comprimé, se dissout dans l'eau, et la rend mousseuse et pétillante.
le i'é<ûpient {/ig. 46) qui reçoit l'eau et le gai est en cuivre très-épais et doit être intérieurement étaniè à l'étsin fin ; sa capacité est variable, elle s'élève ordinairement à cent litres. Il est muni à sa partie supé-
Fig. M.
rieure d'une ouverture assez grande B, qui se ferme à vis au moyen d'un couvercle que l'on n'ouvre que de temps en temps, quand on «ut nettoyer à fond l'appiu-eil. Le couvercle de celte ouverture est percé d'un orilice d'environ 6 centimètres de large, lequel est clos à l'aide d'un bouchon en métal à vis, dont la léte eat carrée, de
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fleiçon à ôtre serrée fortement. C'est par cette ouverture pratiquée au couvercle, que l'on remplit ordinairement le récipient. Ce récipient porte une tubulure T à laquelle vient s'adapter le tube qui amené le gaz carbonique refoulé par la pompe, et qui peut être fermé à vuluntê au moyen d'un robinet.
R est un robinet placé à la partie inférieure du récipient : nous reviendrons bientôt sur sa construction et sur sa fonction. Enfin, M est un agitateur à manivelle qui permet d'agiter l'eau afin de favoriser la dissolution du gaz.
Les pièces qui composent l'appareil de Genève sont ainsi disposées: \^ le vase où se produit l'acide carbonique i/îjf. 45) ; 2" l'appareil de lavage (fig. 44); 5" le gazomètre {fig, 45); 4<^ une pompe qui puise le gaz dans le gazomètre et le refoule dans le tonneau ; S"" le récipient ou tonneau de fabrication avec son robinet (fig, 46), la pédale U qui sert à maintenir la bouteille, et l'armature A qui garantit l'opérateur contre les éclats de verre. Habituellement une roue i volant fait fonctionner simultanément la pompe et l'agitateur; mais il importe de pouvoir rendre indépendants l'un de l'autre le mouvement de la pompe et celui de l'agitateur.
Pour [>rocéder à la saturation de l'eau, on opère de la façon suivante : on remplit complètement d'eau pure le récipient, et lorsque tous les orifîces sont fermes, à l'exception du robinet placé sur le tube T, on commence à refouler l'acide carbonique au moyen delà pompe, en ayant soin de ne pas faire mouvoir l'agitateur et de laisser le robinet de décharge R entrouvert. On déplace ainsi cinq litres d'eau qui se trouvent remplacés à la surface du tonneau par du gax carbonique. Cette manipulation a pour objet : i*^ de laisser dans !e récipient un espace qui permet de donner à l'eau un mouvement plus tumultueux, lors de l'agitation brusque et instantanée exercée par h»s palettes dans des directions différentes ; 2** de déterminer A la surface de l'eau ime réserve permanente d'acide carbonique sur laquelle l'eau peut constamment agir ; 5° de faire sortir du rèci- ])ient l'air ntmosphériquo ([ui auj^menterait sans effet utile la pression su|>erricielle et rendrait le jeu des pompes plus difficile. Celle ex))ulsi()u (le l'air est absolument n«'?cessaire dans la pratique, et il i'aul toujours, quand on monte l'appareil à neuf, se débarrasser par uu premier courant de gaz do tout l'air contenu dans les vases de lava^^e, dans les tubes de déLjagement et de communication. Il importe enraiement, connue précaution générale, de placer l'appareil dans un lieu frais, dont la température moyenne soit assez basse, en été comme en hiver, pour favoriser la dissolution du gaz.
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A mesure que Ton introduit le gaz carbonique dans le tonneau, il s'accumule à la surface de l'eau, et il se dissout ensuite facilement à l'aide de l'agitateur. Il est bon d'entretenir le mouvement de cet organe pendant tout le temps que dure Tintroduction du gaz, afm do rendre le jeu des pompes plus facile.
Soubciran a observé que la quantité de gaz reste toujours plus grande à la ^u^face de l'eau que dans Teau elle-même. I/eau dissout sensiblement un volume d acide carbonique égal au sien; pour lui en faire dissoudre davantage, il faut que le gaz qui se trouve à la surface du liquide exerce sur celui-ci une forte pression; aussitôt qu'elle cesse, l'acide carbonique contenu dans l'eau se dégage avec effervescence. On pourrait croire que l'équilibre doit avoir lieu quand le gaz carbonique est réparti uniformément dans Teau et dans l'atmosphère du récipient. Soubeiran a reconnu que les choses ne se passent pas ainsi.
Malgré des précautions minutieuses, il n'a pas pu faire absorber à l'eau une quantité d*acide carbonique égale en volume à celle qui forme l'atmosphère supérieure du récipient Lorsque l'eau contient cinq fois son volume de gaz, que, par conséquent, un espace d'un litre en renlerme cinq litres, le même espace, dans l'atmosphère gazeuse placée à la surface de l'eau, en contient environ six litres. La différence est plus grande, quand on ne prend pas la précaution de débarrasser l'appareil d'air atmosphérique. Celui-ci s'accumule dans le récipient et exerce uiie pression de? à 8 atmosphères à la sur'ace de l'eau, qui n'est elle-même chargée que de 5 à 4 vohimes d'acide carbonique.
On détermine la quantité de gaz introduite dans le récipient en mesurant, au moyen de la règle graduée du gazomètre, le volume de gaz qui a été soutiré. La pression intérieure est connue à l'aide d'un manomètre.
Le robinet mis en communication avec la partie supérieure du récipient R, dont on se sert pour le remplissage des bouteilles, est un robinet ordinaire portant une douille assez courte. Celte douille traverse une espèce de capsule renversée à fond plat, dont les bords descendent presque au même niveau que l'orifice du robinet. L'espace compris entre la douille et les parois de la capsule est comblé au moyen de rondelles en caout» houe superposées; un anneau de cuivre se visse sur la capsule de cuivre ; il comprime et maintient les disques de caoutchouc.
L'opérateur presse le col de la bouteille contre ces disques, à Taided'un levier à bascule B que le pied fait mouvoir et qui soulève
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un support sur lequel la bouteille est posée {fig. 46) ; uiie légère pression suffit pour s'opposer à toute issue du gaz. L'opérateur ou\re le robinet ; mais bientôt il constate que la tension des gaz dans la bouteille s'oppose àréconlement de l'eau; il doit alors presser nioius fortement le col de la bouteille, afin de laisser échapper les gaz intérieurs. Il renouvelle plusieurs fois cette manœuvre jusqu'à ce que la bouteille soit entièrement remplie. Alors il ferme le robinet; il tire la bouteille sur le côté, et introduit rapidement le bouchon. C'est une manœuvre difficile qui exige quelque adresse, mais surtout de Thabitude. La richesse de l'eau dépend en grande partie de l'habileté de celui qui la met en bouteilles; s'il n'opère pas rapidement le bouchage, une portion de l'eau et du gaz est projetée en dehors de la bouteille qui se vide partiellement et l'eau restante perd une notable proportion d'acide carbonique. Il convient de saisir la grosse cxirêmité du bouchon entre l'index et le médius de la main droite, d'appuyer le pouce sur le bord du col afin de guid(?r le bouchon, et d'introduire celui-ci dans l'orifice en lui imprimant un léger mouvement de rotation. On enfonce fortement le bouchon en le frappant avec une tapette en bois. L'opérateur passe immédiatement la bouteille à un aide qui se liAle d'assujettir le bouchon au moyen d'un lien.
On ne peut éviter une certaine d«'perdition de gaz pendant letem|S assez court qui est nécîessaire pour placer le bouclion sur les bouteilles. Selligue a imaginé le premier un procédé mécanique qui peimet de boucher la bouteille sans la déplacer. Plusieurs dispositions propres à satisfaire à cette condition ont été adoptées depuis; elles évitent la perte de l'acide carbonique, et permettent de procéder au remplissa<;e des bouteilles sans faire aucun apprentitr sage. Dans l'appareil ori<(inel de Selligue perfectionné par Viel-Cazal. le conduit qui amène l'eau vient s'ouvrir dans un cône en cuivre ouvert à ses deux bouts. La partie inférieure de ce cône est munie circulairement et en dehors d'un ajutage en cuivre garni de caoutchouc, et semblable à celui du robinet ordinaire ; le bord de la bouteille vient presser contre ce disque de caoutchouc. On introduit dans la partie supérieure du cône un bouchon de liège, et à l'aide d'une tige à levier (fig, 47) on le fait pénétrer dans le cône de manière à ce qu'il f(»rine le plafond supérieur de cette partie du robiod. Quand la bouteille est pleine, on la laisse en place, et en pressant sur le levier on enfonce le bouchon qui sort en partie du cône d pénétre dans le goulot.
Quand on ferme les bouteilles à l'aide de la machine à boucher, il est nécessaire de choisir des bouchons relativement volumineui. La
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Fijj. 17,
compression qu'ils subissent en passant à travers le cône obstrue souvent (les espaces vides que le gaz traverserait, si le boucbon pouvait revenir à son volume primitif. L'industrie a aujourd'hui complètement adopté ce système.
Ainsi qne nous l'avons dit, îivec de l'habitude et de la dextérité, on peut se pcisser de cette machine à bouclier pour la préparation des eaux minérales. Ajoutons que ce moyen est indispensable, quand on .veut charger de gaz les li(|uours visqueuses, tels que les vins sucrés et les limonades.
Uemhouteillaye des eaux gazeuses n*est pas exempt de danger : beaucoup de bouteilles ne résistent pas à la [)ression du gaz et volent en éclats. L'opéniteur doit avoir la main, qui saisit la bouteille, armée d'un gant de buffle épais et assez montant pour garantir également l'avant-bnis. La bouteille, pendant qu'elle se remplit, reste entourée par un demicylindre en cuivre A qui tourne librement sur le robinet ; il est amené entre ropéf*ateur et la bouteille pendant que celle-ci se remplit. Vn grillage en 111 de laiton épais permet de suivre des yeux et sans danger l'introduction du liquide (fig, 46). Au moment de boucher, on déplace l'armure de cuivre en la faisant tourner sur ellemême; on saisit la bouteille, on y adapte le bouchon, et Ton ficelle aussitôt.
Si l'on veut mastiquer la bouteille, on plonge le bouchon et le col de la bouteille dans un vernis résineux. La qualité que l'on recherche dans ce mastic est d'être adhérent et de se détacher néanmoins complètement par le choc. La recelte suivante donne un bon produit.
Colophane, 6 parties; craie pulvérisée, b parties; essence de térébenthine, 1 partie; rocou, 1/8 de partie. On fait d'abord fondre la colophane, on ajoute l'essence, puis la craie et le rocou.
Dans l'industrie, on a remplacé les ficelles et le mastic par une capsule de plomb ou mieux d'étain, que l'on serre hermétiquement contre le col de la bouteille au moyen d'un tout de corde.
Li corde présente environ G millimétrés de diamètre; une de ses extrémités est fixée solidement de manière à ce que sa direction soit verticale, à l'autre bout est suspendue une planchette dont un des bords seulement repose sur le sol ; en appuyant le pied {fig, 48) sur cette planchette II, on tend la corde. Pour fixer la capsule, on fait, au moyen de la corde, une anse autour de la capsule posée sur la bouteille, ou tend la corde, et l'on tourne la bouteille entre les mains. Par cette ma-
nœuvre, les bords de la capsule de plomb s'affaissent et viennent s'appliquer exactement contre le verre.
A mesure que Ton soutire de Teau gazeuse, le
vide qui se fait graduellement dans le récipieut
a pour effet de diminuer la pression à la surface
du liquide, et de permettre à l'eau déjà chargée
1 ^lilto ^® laisser dégager une partie de l'acide carbo-
^ /~i nique dont elle est saturée.
il résulte de ce fait que, dans la fabrication pir le système de Genève, Tenu devient moins gazeuse à mesure que le tirage avance. On peut obvier à cet inconvénient du procédé, en refoolant du gaz carbonique dans le récipient à me-
Fig. AS. ^^^^ 4^'^^ ^ ^'^^« ^® manière à entretenir une
pression constante à la surface de Teau ; dans ce cas, le tonneau re8t|^>lein de 5 à 600 litres de gaz carbonique. On l'utilise de la fnçon suivante : au lieu de déboucher le récipient poar le remplir d'eau et de commencer une nouvelle opération, on aspire cette eau au moyen de la pompe et on la refoule dans le récipient où elle absorbe le gaz. On peut également, à l'aide d*un tube de corn* munication, renvoyer le gaz dans le gazomètre.