CAFÉ
On donne le nom de café aux semences d'un arbrisseau de la famille des llubiacèes, le Caféier d'Arabie^ Coffea Arabica Lin. Celle plante onf(iiiaire de la Haute-Fgypte a été transportée en Arabie, elle est tn'*,s-répandue dans la province de Yémen sur les boi^s de la mer Rouge et particulièrement dans les environs de Moka. La culture du (Caféier s'est successivement introduite dans les régions équatoriales de l'Asie et de l'Amérique,
Le fruit du Caféier est une baie offrant à peu près le volume d'une uierise, il est ovoïde et présente un sommet ombiliqué. Le péricarpe est vert avant sa maturité, il passe successivement par la teinte rouge rlttir, puis noii*âtre; le mésocarpe est constitué par une pulpe aigrelette et sucrée. Sous la partie charnue se trouvent deux coques (nuculei) ellipsoïdes, accolées par leur face plane ; elles renferment chacune une graine bombée sur sa face externe, et plane sur sa face interne, laquelle présente dans la direction de l'axe du fruit un sillon droit et très-marqué. La plus grande masse de chariue graine est C/OUHtituée par un albumen de consistance cornée, jaune, bleuâtre ou verdùtre; à Tune des extrémités de l'albumen se trouve l'embryon avec ses cotylédons cordiformes. La culture a engendré des variétés
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nombreuses de café ; elles sont désignées dans le commerce par les noms des pays dans lesquels croît la plante.
Bien qu'au point de vue de la pharmacie et même de la thérapeutique, les applications du café soient très-limitées, il nous semble nécessaire de donner sur cette semence quelques détails de chimit pharmacologique, que l'importance de ses usages en hygiène et en bromatologie justifient certainement.
Il existe plusieurs analyses du café; elles varient dans certaines limites avec les espèces qui ont été examinées; les résultats admis par M. Payen se rapportent au café Moka :
CeUulose 34,000
Eau liygroscopique 12,000
Matières grasses 10 à 13,000
Glucose, dextrine, acide indéterminé 15,500
Léçumine, caféine 10,000
Chlorogénate de caféine et de potasse 3,5 à 5,000
Substance azotée albuminoïde 3,000
Caféine libre , 0,800
Huile essentielle solide • • • ? 0>^^
-- liquide 0,002
Matières minérales 0,697
Parmi ces nombreuses substances, la Caféine est la plus importante et la mieux étudiée tant au point de vue chimique que sous le rapport physiologique. Elle offre d'autant plus d'intérêt que c'est elle qui donne au café et aux divers produits naturels qui la renferment la propriété singuUére de causer Tinsomnie et d'agir comme un antagoniste énergique des médicaments soporifiques.
La Caféine C"H^<>A2*0* -h H*0* a été découverte par Runge en 182i . Depuis elle a été trouvée dans le thé et décrite sous le nom de Théine par Oudry, dans le Guarana par Martius, dans le thé du Paraguay par Stenhouse. Herzog le premier reconnut les propriétés basiques de cette matière.
La Caféine se sépare de sa dissolution aqueuse sous la forme de fines aiguilles prismatiques, lesquelles renferment deux équivalents d*eau qu'elles ne perdent que vers \ 50°. Les cristaux qui se déposent de la dissolution alcoolique ou éthêrée sont anhydres. Cet alcaloïde est incolore et inodore, sa saveur est légèrement amère; il fond vers i 1%^* et se volatilise sans décomposition sensible vers 200^. La Caféine se dissout dans 50 fois son poids d'eau froide et en proportion telle dans l'eau bouillante, que la masse se solidifie par le refroidissement;
HS .MÉDICAMKNTS FOURMS PAR LES VK^KTAIX.
elle est soluble en grande quantité dans l'alcool à 80% mais peu soluble dans 1 alcool anhydre et dans Téther pur.
Parmi les réactions intéressantes que présente la caféine, nous citerons la décomposition qu'elle subit lorsqu'on la soumet à Taction de la chaleur, après Tavoir associée à un acide organique susceptible de lui céder de Thydrogène. 11 se dégage dans ce cas une notable quantité de méthylamine, ainsi que Ta reconnu M. J. Personne. Cette production de méthylamine a également lieu lorsqu'on chauffe de la caféine avec Thydratc potassique (Wurtz), ou barytique. M. Strecker a reconnu dans ce dernier cas la formation d'un nouvel alcaloïde, auquel il a donné le nom de Caféidine^ et dont la composition peut être exprimée par la formule C^*H"Az*0*.
L'action de la chaux sodée sur la caféine mérite également d'être mentionnée ; chauffée avec ces alcalis, la caféine donne lieu à un abondant dégagement d'ammoniaque, et laisse comme résidu un mélange de carbonates alcalins et de cyanure sodique. La présence de cette dernière combinaison dans le produit de la décomposition permet de distinguer la caféine de la plupart des alcaloïdes fixes.
La caféine forme des sels définis ; quelques-uns d'entre eux sont cristallisables et jouissent d'une assez grande stabilité, tandis que la plupart se décomposent au contact de l'eau. Nous nous bornerons à mentionner parmi ces sels : le (annate, qui est insoluble dans l'eau froide ; le cafétannate de caféine et de potasse, dont l'existence dans le café est admise par M. Payen, et enfin le citrate, que l'on a proposé d'employer dans la thérapeutique, mais dont l'usage ne s'est pas généralisé.
Plusieurs procédés ont été indiqués pour obtenir la caféine ; ils var^jent suivant que Ton traite le café, le thé ou les divers produits naturels qui contiennent cet alcaloïde.
La caféine est notablement plus abondante dans le tlié que dans le café. La moyenne de plusieurs analyses montre que la proportion de c'iléine contenue dans le café est comprise entre 0,8 et \ pour iOO; elle varie de 2 à 4 pour 100 dans le thé.
Pour obtenir la caféine au moyen du café, on peut recourir au procédé suivant : on épuise le café finement divisé à l'aide de l'alcool à 80*^ bouillant ; puis on distille l'alcool de façon à avoir un extrait que Ton reprend par l'eau distillée afin de séparer les matières grasses. Dans la solution aqueuse filtrée, on ajoute de l'hydrate d'oxyde de plomb, lequel forme avec la matière colorante une combinaison insoluble d'une belle couleur jaune. On sépare à l'aide de la filtration la solution du précipité, et on la concentre à une tem-