ALCALOÏDES. — CAFÉ
p»Talure peu élevée jusqu'à ce qu'elle acquiert une consistance sirup«aise. Cette liqueur abandonne peu à peu la caféine sous la forme de Cl ÎNtaux que Ton purifie en les exprimant entre des doubles de papier binard, les dissolvant dans l'alcool à 80^ et les décolorant par le charbon animal lavé.
On peut extraire la caféine du thé par un procédé différent. On traite le thé par l'eau bouillante, de manière à préparer une infusion concentrée ; celle-ci est précipitée par l'acétate de plomb basique. Le liquide est additionné d'une faible quantité d'ammoniaque et soumis à la filtration; on enlève Texcés de plomb dissous par un courant d'acide sulfhydrique, on filtre de nouveau et Ton évapore à une basse température. La solution abandonne la caféine sous la forme de cristaux très-faciles à purifier.
Acide cafétannique. Cet acide est quelquefois désigné sous le nom d'acide chlorogénique ; il existe dans le café soit en combinaison avec la chaux et la magnésie, soit, comme le pense M. Payen, à l'état de sel double de potasse et de caféine. Il rougit énergiquement la teinture de tournesol, possède une saveur astringente manifeste et se dissout dans l'eau et dans l'alcool ; par Tévaporation de ses dissolutions dans ces véhicules, il se sépare sous la forme de mamelons cristallins.
Soumis à l'action de la chaleur, l'acide cafétannique entre en fusion et se décompose en donnant des vapeurs qui rappellent l'odeur du café torréfié, ainsi qu'un produit qui se condense et n'est autre que l'acide oxyphénique. L'acide cafétannique colore les sels ferriques en vert foncé et ne produit pas de précipité dans les sels ferreux. Il ne donne pas de composé insoluble avec l'émétique et la gélatine, mais il pK'cipite la quinine et la cinchonine de leurs dissolutions salines ; sa composition est exprimée par la formule C^H"0".
Suivant Hlasitvetz, en faisant bouillir l'acide cafétannique avec une solution concentrée de potasse, puis saturant le liquide par l'acide sulfurique dilué, on obtient un dépôt cristallin d'un produit particulier.
Acide caféique. Cet acide possède la propriété de oolorer en vert les sels ferreux et de réduire les solutions de nitrate d'ai^ent. L'acide caféique C**HW-f- HW? donne lieu à plusieurs produits de dédoublement remarquables : fondu avec l'hydrate potassique, il fournit de l'acide acétique et de l'acide protocatéchique ; par la distillation sèche, il développe de la pyrocatéchine. Du reste, l'acide caféique ne préexiste pas dans le café, et il ne faut pas oublier que sous ce nom quelques chimistes ont désigné autrefois l'acide cafétannique.
00 MÉDICAMKMS FOl'RMS KVll l.KS VÉGÉTAIX.
La semence de café renferme des principes odoranls, mais le produit aromatique qui a donné à Tinfusion de café une si grande vogue et la fait rechercher comme hoisson, ne se développe que par la torréfaction. HM. Boutron et Fremy ont démontré que les graines de café épuisées au moyen de l'eau ne donnent pas de principe aromatique par la torréfaction ; ils admettent en conséquence que c'est de l'une des substances solubies dans ce véhicule que dérive ce produit remarquable ; mais cette donnée est insuffisante et la question mérite une nouvelle étude. La matière amère colorée en brun qui se développe dans les mêmes conditions provient, suivant ces auteurs, de l'altération des substances gommeuses contenues dans la graine, elle est analogue à celle qui prend naissance par la torréfaction des substances amylacées.
HM. Boutron et Fremy ont donné le nom de Caféone au produit aromatique de nature indéterminée, qu'ils obtiennent en distillant avec de Teau le café torréfié et agitant l'hydrolat recueilli avec de Téther, lequel enlève à l'eau la caféone et la laisse par Tévaporation spontanée.
M. Payen a constaté que le café torréfié perd une proportion de principes solubies d'autant plus grande que l'action de la chaleur a été poussée plus loin ; un quart environ des produits azotés disparait, et si la torréfaction est continuée, les principes aromatiques diminuent graduellement. Si Ton traite par des lixiviations fractionnées du café torréfié à différents degrés, on trouve que le café roux cède plus de matériaux que le brun et que ce dernier en abandonne plus que le brun noirAtre. La torréfaction des cafés ne doit donc pas être portée au delA d'une certaine limite, il faut du reste varier son intensité, suivant les espèces de café sur lesquelles on opère.
D'après Dausse, les cafés des Antilles, de Porlo-Rico, d'Haïti doivent être chauffés jusqu'à ce qu'ils aient perdu 20 pour 100 de leur poids; les cafés de Bourbon, du Malabar et de la côte d'Afrique, 16 à 18 pour iOO ; le Moka et le Java, 1 5 à 16 pour 100 au maximum.
M. J. Personne a fait une intéressante étude des transformations que subit la caféine sous rinfluence de la torréfaction du café. Il a reconnu que la température atteinte par les grains de café, pendant ime opération bien conduite, reste inférieure à + 300*»; elle ne doit pas dépasser •+- 27. V pour le café vert (Porlo-Rico) et -f- 250** ou 255 pour le café de Java. La perle do caféine pendant cette opération est considérable, elle s'élève à près de la moitié de cette substance. H. I*ersonne a trouvé que du café veil renfermant 1»%45 pour 100 de caféine, fournit seulement Q^^fib pour 100 de caféine, après la
AJXALOlDES. — CAFÉ. M
faction. La caféine qui disparaît ainsi n'est pas entraînée, comme e croyait, avec les produits volatils résultant de l'action de la eur; elle se décompose et engendre de la méthylamine Az en présence de l'hydrogène qui lui est cédé par la destruction iltanêc de l'acide cafétannique auquel cet alcaloïde est associé. êcessité de la présence d'un acide organi(|ue cédant à la caféine hydrogène est prouvée par la décomposition de la caféine pure, à + oOO® ne fournit pas de méthylamine, et par celle du galloate de caféine qui donne une proportion considérable de l'alcaî volatil de M. Wurtz.
. Personne fait remarquer que la méthylamine provenant de ion de la chaleur sur le gallotannate de caféine, de même que f qui résulte de la torréfaction du café, ne se trouve qu'en faible Nirtiuii dans les produits condensés de la distillation, mais qu'elle Le surtout dans le résidu du tannate et dans le café torréfié. Le ne chimiste a constaté dans les produits volatils de la destruction ;aUQtannate de caféine la présence d'un corps qui offre, dit-il, certaine analogie d'odeur avec celle du café torréfié. Cette der- « observation rapprochée du fait signalé plus haut, touchant la imposition pyrogénée de l'acide cafétannique paraît devoir coure à l'explication du développement de l'arôme du café, a caféine ingérée à petite dose (10 centigrammes environ) produit stimulation circulatoire favorable à l'exercice des fonctions nales, et surtout au travail intellectuel. Cet efl'et est quelquefois cédé d'un court et léger assoupissement. Lehmann admet qu'à des es plus élevées (30 à 50 centigrammes par exemple), la caféine excite emnient le système nerveux ainsi que l'appareil circulatoire, e^ elle amène des palpitations cardiaques, de l'oppression et des flbles plus ou moins intenses des sens de Touie, de la vue ; ces iptômes p<'uvent aller jusqu'au délire.
jss phénomènes physiologiques correspondants aux faibles doses de L*ine sont observés, à la suite de l'ingestion de l'infusion de c^ifé torrérhez les sujets qui ne font pas un usage habituel de cette boisson ; fct le plus habituel du café, c'est l'insomnie, et si les doses sont libérées, des accidents cardiaques [)lus ou moins prononcés. C'est ice à ses propriétés que l'on peut considérer le café comme un dicament antagoniste de l'opium et que son usage dans les cas mpoisonnement par cet agent stupéfiant a rendu d'incontestables éminents services.
be tous les moyens que Ton a proposés pour administrer la caféine meilleur est, sans contredit, l'infusion du café de bonne qualité,
n MÉOICA.MKMS FOURNIS PAR LKS VKGKÎAUX.
lorsqu'elle est préparée avec soin. On obtient une excellente infusion de café, en prenant parties égales de Moka et de Bourbon. Chaque sorte doit être torréfiée à part ; il importe que le café Moka prenne seulement une teinte rousse, tandis que la torréfaction du café Bourbon doit être poussée jusqu'au brun marron.
Le mélange de ces sortes de cafés et leur degré de torréfaction ont été recommandés par Soubeiran ; nous ajouterons quelques détaib pratiques sur les doses et le mode opératoire indiqués par le docteur Penilleau ; ils permettent d'obtenir une boisson à la fois agréable et active.
Les deux semences récemment torréfiées sont réduites en poudre fine à Vinstant même où Ton va faire Tinfusion. La poudre est introduite à la dose de iO grammes pour 100 grammes dMnfusion dans une cafetiére-filtre en porcelaine; à la surface de cette poudre non tassée, on verse le double de son poids d'eau bouillante. Cette première affusion pénétre la poudre et permet un épuisement plus complet des parties solublcs. Après une ou deux minutes de contact, on verse sur le café 100 grammes d'eau bouillante, et l'on recueille environ 100 grammes d'infusion très-chargée et très-aromatique. Lorsque les dernières gouttes cessent de couler, la masse de liquide se trouve à 50*^ ou 60°, température à laquelle cette boisson se prend habituellement. Le Codex ne donne la formule d'aucune préparation pharmaceutique de café ; le Formulaire des hôpitaux comprend les deux préparations suivantes :