‹ Traite de pharmacie theorique et pratique v. 2, 1870Chapitre 79 sur 494 · SIROP 1|( LAIT · texte numérisé non relu

SIROP 1|( LAIT

Pr. : Lait ^ 4

Sucre ' » . . . . 5

Eau de laurier-cerise S.Q.

On verse le lait dans une terrine que l'on porte dans un lieu frais; au bout de six heures, on enlève avec soin la crème, qui ne doit pas entrer dans le sirop. Le lait écrémé est placé sur le feu dans une Uirrine vernissée que Ton a soin de tarer ; on le réduit à moitié y^ è^apiirntion ; on y ajoute le sucre cassé par morceaux, puis on têfait diss<»udre et l'on passe. Quand le sirop est tiède, on l'aromatise avec de I eau distillée de laurier-cerise (1«^50 pour 100 grammes de sirop).

L'opération doit être exécutée avec du lait récent, (llobinet.)

§ TIII. -- DBS GAHTHARIDBS.

Le seul insecte vésicant que l'on puisse considérer comme officinal en France est la cantharide CarUharis vesicatoria^ Geoff. ; on la dé-

signe quelquefois dans le langage usuel sous les noms de Mouche (TEsjmgne et de Mouche cantharide,

La cantharide est un insecte coléoptëre dont 1^ corps allongé el presque cylindrique atteint d'une extrémité à l'autre une longueur de 14 à 25 millimètres ; sa largeur varie de 5 à 7 millimètres. La tète légèrement inclinée en bas est cordiforme ; elle est séparée du corselel par un rétrécissement très-marqué et porte des antennes filiformes, composées de onze articles dont le premier est renflé, le second trèspetit et annulaire, les autres allongés. La base de la tête est plus large que le corselet, le prothorax présente une forme quadrangulaire. Le milieu de la tête et du corselet est marqué par un sillon creux. Les élytres dont la longueur atteint celle de Tabdomen sont flexibles, rugueuses et offrent deux nervures longitudinales vers le bord interne; les ailes membraneuses sont entièrement recouvertes par les èlytres. Les pattes sont grêles et les tarses se terminent par une paire de crochets velus à leur partie inférieure. Les deux premières paires de pattes offrent des tarses à cinq articles ; ceux de la dernière en ont quatre seulement. Le corps et les élytres de la cantharide présentent une belle couleur vert bleuâtre et des reflets métalliques ; la teinte des antennes est le noir brillant. Les mâles sont plus petits que les femelles. Les particularités relatives à Taccouplement, à la ponte hypogée des œufs, aux métamorphoses qui suivent Téclosion des œufs ont été étudiées par plusieurs naturalistes et en particulier par Audouîn.

Les cantharides exhalent une odeur fétide et pénétrante qui, lorsr qu'elles sont réunies, annonce au loin leur présence.

Les cantharides se rencontrent dans les régions tempérées de l'Europe ; on les récolte en grande abondance dans la Valachie, TUkraine, la Sicile ; la France n'en fournità la pharmacie qu'une proportion très-restreinte. Les insectes provenant de ces différentes régions appartiennent tous à la même espèce, Cantharis vesicatoria; ce fait a été constaté sur de nombreux échantillons d'origine certaine examinés par IM. Aube et Laboulbène. Malgré le nom de mouches (TEspagne qu'on donne quelquefois aux cantharides, il paraît certain, d'après U. Fumouze, que les pharmaciens espagnols se procurent ces insectes soit en Italie, soit môme en Russie.

On profite pour la récolte des cantharides de ce qu'elles vivent réunies et se jettent en grand nombre sur quelques arbres de la famille des Jasminées pour lesquels elles ont une prédilection trèsmarquée. C'est aux mois de mai el de juin qu'on les trouve souvent sur les troènes, les lilas et les frênes ; l'odeur infecte qu'elles répandent à une grande distance avertit de leur invasion. On les

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trouve, mais rarement, sur quelques plantes de la famille des Gapri- Toliacèes, plus rarement encore sur le Ponunier, le Rosier et TOrme. lV>ur les recueillir; on profite de Tengourdissement causé par la température de la nuit et, dès le lever du soleil, on étend des loiles sous les arbres sur lesquels elles sont fixées, puis on amène leur chute en secouant fortement le tronc et les branches. 11 est nécessaire de déterminer rapidement leur mort et leur dessiccation.

Le moyen le plus usité pour les faire périr consiste à les exposer pendant quelques instants aux vapeurs du vinaigre en ébullition. Un procédé très-vicieux, mais pourtant usité, est l'immersion des cantharides dans l'eau bouillante ; il est probable que la mauvaise qualité de beaucoup de ces insectes vésicants tient à cette pratique. L'exposition aux vapeurs de sulfure de carbone serait certainement le meilleur procédé pour tuer les cantharides, si cette substance se trouvait i la disposition de ceux qui les récoltent. La dessiccation s'exécute ordinairement dans un four dont la température doit être très-modérée, car à 120^ le principe actif des cantharides se volatilise d'une Ciçon notable. La dessiccation dans une étuve bien réglée, si elle était possible, serait de beaucoup préférable.

Ainsi que nous l'avons dit, la cantharide est le seul insecte vésicant employé en France, nous nous bornerons en conséquence à mentionner les noms des insectes doués de propriétés analogues ou identiques, que l'on emploie dans divers pays comme succédanés. Ce sont : le My labre de la chicorée, Mylabris cichorii Fabr. ; le M y labre rariable^ Mylabris variabilis, Pall. ; le Mylabre du Sida^ Mylabris Sidœ Fabr. ; le Mylabre bleuâtre ^ Mylabris cyanescens Iliig. ; le Uylahre Indien, Mylabris Indica Fûssl.; le Mylabre de Volivier, Mylabris oleœ Chevr. ; le Cérocome de Schœffer, Cerocoma Schœfferi Fabr.; le Mehé proscarabée, Meloe proscarabœus Lin.; le Méloe ru^euxy M. rugosus Marsh. ; le Méloe varié, A/, varieyatus Donav. ; le Méloe de mai, M. maialis Lin. Il est probable, sinon certain, que tous ces insectes doivent leur action épispastique à la prése^ipé du même principe immédiat, la Cantharidine.

Après des essais nombreux et incomplets tentés par divers chimistes, la substance qui donne au\ cantharides leurs propriétés ^ésicante et toxique a été isolée en 1810 par Robiquet et a reçu de ce chimiste le nom de Cantharidine. Les matières qui accompagnent la cantharidine et que l'analyse de ces hisectes a révélées sont privées de toute importance thérapeutique; elles ont, du reste, sauf l'acide urique, été incomplètement purifiées et caractérisées.

La composition de la cantharidine est exprimée par la formule

G*®H**0'*. Cette substance se présente sous la forme de cristaux incolores, prismes quadrilatères souvent très-aplalis ; elle est inodon* et n'exerce aucune action sur le papier de tom^nesol. Soumise à Tinfluence de la chaleur, la cantharidine entre en fusion vers 21 0® et se sublime en aiguilles ; il est vrai qu'elle se volatilise abondamment à une température de 120°; Soubeiran prétend que ce phénomène s»» produit même à la température ordinaire comme pour le camphre. Un fait assez singulier, c'est que la cantharidine soumise en présence de l'eau à Taction de la chaleur, n'est pas entraînée par les vapeurs aqueuses ; ce fait explique comment cette substance a échappé à l'investigation des anciens chimistes qui recherchaient le principe actif des cantharides au moyen des procédés de distillation en faveur à cette époque. La cantharidine est insoluble dans l'eau, très-solubîc dans l'alcool, l'éther et le chloroforme, insoluble enfin dans le sulfure de carbone. Nous verrons que M. Mortreux a trés-ingênieusemenl profité de cette dernière propriété pour séparer la cantharidine des matières grasses qui rendaient avant lui sa préparation difficile et son dosage presque impossible. Parmi les agents de dissolution de la cantharidine, il convient de citor les corps gras liquides ou fondus, un grand nombre de hquides appartenant au groupe des huiles essenlielles. La cantharidine se dissout en proportion notable dans les solutions aqueuses d'hydrates alcalins et dans certains acides ; elle ne parait pas contracter de combinaisons stables avec ces derniers, car Taddition de l'eau suffit pour la séparer de ces dissolutions.

Pour préparer la cantharidine, le Codex prescrit d'épuiser la poudre de cantharides par l'alcool à 90« dans l'appareil à lixiviation ; de distiller la teinture alcoolique et d'abandonner le résidu jusqu'à ce que la cantharidine se sépare sous la forme de cristaux. Ceux-ci sont surnages par un liquide oléagineux que Ton enlève par la décantation et par des lavages au moyen de i'alcool froid. Les cristaux sont ensuite repris par l'alcool bouillant et le charbon animal jusqu'à décoloration.

Ce procédé est très-imparfait et il importe, pour extraire et purifier faciloniciit toute la cantharidine, contenue dans un poids donné d'iiisiîctes, (le recourir à l'élégante méthode de M. Mortreux. Afin de vendre à cet habile et modeste pharmacien la justice qui lui est due, nous lui demanderons la permissionde citer presque textuellement la note très-courte et très-intéressante sur le dosage et l'extraction de la cantharidine qu'il a pubUée (1864) dans le Journal de pharmacie. Avant M. Mortreux, M. W. Procter avait reconmiandé l'emploi du chloroforme comme agent de dissolution de la cantharidine; mais ce

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li«|iiiile, qui a lavaiitage d'enlever le principe actif des canlharides inioux que l'alcool et Télher, a de môme que ces véhicules l'inconvénient de dissoudre également les corps gras. M. Morlrcux mettant à profil l obsenation faite par lui le premier, que le sulfure de carbone di&s4iut parfaitement les glycérides et ne dissout pas la cantharidine, a imaginé le procédé suivant de dosage dont nous avons pu vérifier tes bons résultats.

On introduit dans Tallonge d'un petit appareil extracteur à distillation continue de Payen, un tampon de coton et par-dessus une couche de sable fin lavé, de 10 à 15 millimètres. Les canlharides a es&ayer étant réduites en poudre fine, on en prend 40 grammes que l'on verse sur la couche de sable et l'on tasse en frappant légèrement ^ur une table le bec de l'allonge. A la surface de la poudre de canlharides, ou dispose un disque mince de colon cardé, puis au-dessus de celui-ci une rondelle de papier h filtrer.

On verse dans le bnllon inférieur de l'appareil 3 à 4 centimètres cubes d'étber. M. Hortreux fait remarquer que l'on pourrait avec avantage, saufla question d'économie, substituer dans toul ce traitement le chloroforme à l'éther. On adapte le ballon ù l'allonge, et on le réunit par le tube latéral au ballon supérieur que l'on a également lixé sur l'allonge. On chauffe l'appareil au moyen d'un bainniarie à eau. Lorsque la température est assez élevée pour que les vapeurs arrivent dans le ballon supérieur, on verse par le col de (vtui-ci environ 60 centimètres cubes d'éther sulfurique pur; et l'on dispose le tube de sûreté. On laisse la distillation continuer jusqu'à ce que la liqueur passe décolorée (5 heures au moins sont iK'ce^saires); on retire alors l'appareil du bain-marie.

On enlève le tube de sûreté. On verse dans l'appareil environ Mi cenliinètres cubes d'éther, et Ton démonte immédiatement le tube btéral et le ballon supérieur.

lorsque les dernières parties d'éther ont disparu sous la rondelle >!«' papier, on verse de l'eau dans l'allonge pour déplacer la liqueur tHliérique. On place sous l'appareil une capsule en porcelaine d'une capacité suflisante, et l'on sé|>are le ballon inférieur de l'allonge. Le «'uiitenu de ce ballon est versé dans la capsule.

U* ballon est de nouveau adapté à l'allonge afin de recevoir la solution éthérée qui s'écoule. Lorsque le déplacement est opéré, on ajoute 1.1 seconde liqueur élhérique àla première. On lave alors le ballon avec du chloroforme, lequel dissout les cristaux de c^mtharidine adhérents j ses parois; ce liquide est ajouté à la solution éthérée contenue dans la capsule. Le mélange ainsi obtenu est évaporé jusqu^à disparition

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de suppuration (vésicatoire volant), on perce l'ampoule vers sa partie la plus déclive et Ton applique sur la plaie une compresse enduite de cérat, ou simplement une couche de coton cardé (ouate). Veut-on au contraire entretemr la plaie, on enlève Tëpiderme soulevé et Ton exécute les pansements, d'abord à l'aide du beurre, puis avec des épispastiques plus ou moins actifs.

Il arrive souvent que les plaies consécutives à l'application den cantharides se recouvrent d'exsudations pseudo-membraneuses. Si cet accident se développe, on place sur la partie malade un cataplasme émoUient; celui-ci modère l'inflammation et facilite Télimination des fausses membranes.

Afin d'éviter les phénomènes consécutifs à l'absorption de la cantharidine (albuminurie passagère et cystite douloureuse) , on a préconisé divers moyens. Le plus usité consiste à introduire du camphre dans la préparation du vésicatoire: autrefois, on recouvrait l'emplâtre d'une couche mince de camphre pulvérisé. On arrive plus sûrement au même résultat, en répandant à la surface du vésicatoire ordinaire une quantité suffisante d'éther saturé de camphre. Quelques praticiens pensent qu'il suffit, pour prévenir les accidents cantharidiens, d'interposer une mince feuille de papier de soie entre l'emplâtre et la peau ; l'utilité de cette pratique à peu près inexplicable aurait besoin d'être démontrée par des faits nouveaux.

M. le docteur Potam n'a jamais observé le développement des accidents cantharidiens dans les cx)nditions suivantes : \^ peau parfaitement saine et épiderme intact au moment de l'application du vésicatoire ; 2<* les ampoules pleines de sérosité ne sont pas ouvertes avant que la préparation vésicante soit détachée.

Pour expliquer l'innocuité relative de la cantharidine dans l'appareil circulatoire et les désordres qu'elle exerce dans les organes de la sécrétion urinaire, on a invoqué diverses causes plus ou moins hypothétiques. La canUiai'idine trouverait dans les alcalis libres du sang, et suivant quelques chimistes, dans l'albumine de ce liquide l'agent de sa neutralisation ; dès qu'elle serait mise en liberté par un appareil glandulaire au sein d'une sécrétion acide, ou non albuminousp, son action irritante se manifesterait sur les tissus. N'estil pas permis plutôt de penser que cette substance disséminée dans la masse totale du sang est incapable de produire les accidents dont elle devient la cause en s'accumulant dans cetlains organes?

Nous croyons que ce sujet a été jusqu'ici traité par voie d'induction a priori et qu'il serait intéressant de le soumettre à une étude expérimentale dont les résultats seraient décisifs.

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Les principales formes pharmaceutiques données aux cantharides sont assez nombreuses ; quant à la cantharidine, elle n*a pas encore reçu en France d'applications thérapeutiques régulières et suivies. 11 est évident que ce principe immédiat pourrait être substitué à des préparations incertaines dans leur emploi ; Soubeiran a donné la formule d'une Pommade de cantharidine obtenue par le mélange intime de 5 centigrammes de cantharidine avec 30 grammes d*axonge. L'emploi de cette matière est un sujet de pharmacie pratique à examiner.

HTDROLÉ DE CANTHARmES.

Pr. : Poudre de cantharides 1 gr.

Eau 125

Faites infuser selon l'art. (Pharinacopée de Hambourg.)

On ne doit employer cette préparation à l'intérieur qu'avec la plus grande circonspection. Le Codex ne l'a pas inscrite au nombre de ses formules.

L'eau se charge de la cantharidine, bien que cette matière soit par elle-même extrêmement peu soluble dans l'eau ; c'est à la faveur des autres principes contenus dans le corps de l'insecte que la dissolution a lieu.

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