PAPIER ET TAFFETAS ÉPISPASTIQUES
Fr. : Cire blanche .- . . . 5
HaUe d'olÎTe 3
Beurre de cacao 4
Blanc de baleine 3
TérébenUiine A
If 2.
Cantbarides 1
Eau commune 8
On met dans une bassine d'argent ou dans une terrine de terre la masse emplastique, les cantbarides et l'eau ; on fait bouillir doucement pendant 2 heures. On laisse reposer le mélange après l'avoir relire de dessus le feu ; on le passe enfin à travers une étofle de laine.
Pour préparer le taffetas n® 1 ou n*» 2, on fait liquéfier l'une ou Tautre composition; on y plonge des bandes de taffetas blanc que Ton retire du liquide en les faisant passer à travers deux régies de bois; on peut remplacer le taffetas par de la toile fine.
Pour obtenir du papier épispastique, on étend le mélange sur des bandes de papier vélin au moyen du sparadrapier; si Ton veut recou- Trir les deux surfaces, on étend la matière sur des feuilles de papier non collé que l'on tient au-dessus d'un réchaud, afin de maintenir la matière fondue aussi longtemps qu*il est nécessaire pour qu'elle s'étende uniformément.
Ces différentes préparations servent pour le pansement des vésicatoires; les doses et le mode opératoire ont été précisés par Béral. La formule actuelle du Codex est presque complètement identique.
PAPIER ÉPISPASTIQOll (cODEX DE 1866.)
Cire blanche. 240 gr.
Blanc de baleine 90
Huile d'olive 120
TérébenUiine du mélèze 30
CanUiarides pulvérisées 30
Eau 300
17 i ÉIMSpASTlQliKS.
Mettez toutes les substances dans une bassine étamée, et faileb bouillir lentement pendant deux heures, en agitant continuellemeot. Filtrez à travers une étoffe de laine sans exprimer; entretenei le mélange fondu, en le plaçant au bain-raarie dans une bassine trèiévasée.
D'autre part, prenez des bandes de papier de grandeur convenable, et enduisez-les d'un seul côté avec la composition cmplastique, en les passant Tune après l'autre à la surface du corps gras liquéfié.
Divisez ensuite ces bandes en rectangles, conmie il est dit pour le papier à cautères.
La formule ci-dessus donne le papier désigné n^ 1 . En augmentant de 10 grammes le poids des cantharides, on obtient le papier n^ 1
PISPASTIQUES
Sous le nom de Garou, Sainbois, on désigne les écorces des Daphm Gnidium Lin, et D. Mezereum Lin. (Daphnées). La première de ces espèces croit naturellement dans plusieurs régions chaudes de l'Europe appartenant au bassin de la Méditerranée, le Daphne Mezereum est originaire de l'Europe septentrionale. Bien que les écorces de ces deux plantes jouissent des mêmes propnétés, celle du Daphne Gnidium est presque la seule qui soit, à Paris au moins, employée comme épispastique.
Cette écorce séchée est d'un jaune pâle à l'intérieur, d'un gris foncé à l'extérieur. L'épiderme demi-transparent est marqué de distance en distance de petites taches blanches tuberculeuses ; le liber est extrêmement tenace et résistant. L'odeur de l'écorce est presque nulle ; sa saveur est excessivement acre.
Les fruits du garou sont de petites baies qui ont été autrefois employées en médecine.
D'après une analyse de Gmelin et de Bœer, l'écorce du Daphne Mezereum contient :
Cire; résine acre y daphnine; matière colorante jaune ; principe* exlractifs, matières sucrées; gommes,
La matière résineuse acre de Tècorce a été obtenue en traitant le garou par l'alcool et reprenant l*extrait alcoolique au moyen de l'eau. La résine, qui reste comme résidu, fixe un principe coloi*aot vert, elle est sèche et cassante; sa saveur est acre, et ne se développe
tt iminédiatemeut. Elle est insoluble dans Teau, soluble, au fliraire, dans Talcool et dans l'ëther. La dissolution alcoolique i rè^ne est précipitée en vert par racélate de plomb. Si l'on sépare excès de plomb de la solution alcoolique au moyen de l'acide sulfjfdrique, elle fournit à l'évaporation un liquide d'un jaune d'or, une saveur brûlante, qui par son application externe irrite la peau . développe des ampoules à sa surface. Le précipité formé par Tacéie de plomb peut à son tour fournir, par un traitement convenable, a liquide incolore, d'apparence oléagineuse et une matière résineuse.
Ces analyses montrent que la résine du garou renferme pluewrs principes différents ; elles permettent de supposer que le liuide coloré en jaune est un des agents vésicants de l'écorce. M. Guelol a trouvé les mêmes propriétés épispastiques dans le principe Vineux. $.'
Quant à la daphnine, ce principe a été isolé en 1808 par Vauquelîn, existe dans toutes les espèces du genre Daphne. Cette substance ne ossède pas d'action vésicante; elle est cristallisable, incolore, so-* ible dans l'eau, moins soluble dans l'alcool pur et insoluble dans éther. Sous l'influence des acides dilués et de la chaleur, elle fixe s éléments de l'eau et se transforme en glucose et en une matière ôde que M. Zwenger nomme daphnétine. H. Rochleder considère i daphnine comme une substance isomérique avec VEsculine.
Le garou est aujourd'hui exclusivement employé comme vésicant. Q a essayé autrefois de l'administrer à l'intérieur dans le traitement es maladies vénériennes et des affections chroniques de la peau. a le prescrivait sous la forme de tisane (garou 8 grammes, eau SOO grammes, faites réduire à 1000 grammes). On l'a donné égament en extrait alcoolique et en sirop (500 sirop, 10 centigrammes ^extrait). Tous ces médicaments ne sont plus prescrit''.
En appliquant un fragment d'écorce de garou sur la peau, l'action ésicaute se produit avec lenteur ; l'écoulement de sérosité est exti*èoement abondant. Ce moyen est presque entièrement inusité.
Comme il est le plus souvent impossible de se procurer du garou rais, on coupe un morceau d'écorce sèche de la grandeur voulue et •n le fait tremper pendant quelques heures dans de l'eau froide ou tans du vinaigre pour le ramollir. On applique la partie interne de ècorce, ou, si l'on veut obtenir un effet plus énergique, la surface lépourvue de son épiderme.
M. Guelliot, (jui a étudié (1867), au point de vue pharmaceutique, es écorces duDaphné, est arrivé à quelques résultats, dont les plus lets sont les suivants :
17G ÉHSPASTIQIES.
i° Les écorces de garou, livrées par le commerce aux pharmaciens de Paris, viennent du Midi et sont produites par le Dapkne Gnidium.
2® Les proportions de résine contenues dans les écorces du commerce peuvent varier entre 7 et 9 pour 1(M). Les écorces fraîches dei D. mezereum et D. laureola sont un peu moins riches en résine.
3° Les matières résineuses et oléagineuses obtenues par Gmelin et de Bœer, en traitant la résine par l'acétate de plomb, sont également vésicantes. Le phosphore s'y trouve en trop petite quantité pour qu'on puisse lui attribuer un rôle analogue à celui du soufre dans les huiles essentielles des Crucifères.
4*^ La daphnine existe non-seulement dans les écorces des Daphne Mezereum et D. Alpina^ mais encore dans celles des D. Gnidium et D. laureola. 'Hjl^
b" La résine de garou, donnée à Tintérieur, constitue un drastique dont les effets ne sont nullement dangereux, lorsqu'il est admini^ à faible dose; à l'intérieur, cette résine est vésicante.
6<^ L*hui)e extraite des baies de garou peut remplir, dans la pratique médicale, le même ofQce que l'huile de croton tiglium.
POUDHE DE GAROU.
Pour obtenir la poudre de garou, il est nécessaire de couper transversalement Técorce en lanières étroites de façon à diviser les fibres corticales; on la fait ensuite sécher et on la pile jusqu*à ce qu'il ne reste plus que la matière cotonneuse. II faut avoir grand soin de recouvrir le mortier pendant Topération, afin d'éviter les accidents qui peuvent résulter de Textrême âcreté du garou. Comme forme pharmaceutique, cette poudre n*est jamais usitée.
Quand le garou doit subir l'action de quelque véhicule, on le divise par une méthode donnée par Coldefy. On hache l'écorce du garou, ou bien on la coupe au couteau, et on la pile dans un mortier de fer, après l'avoir humectée avec de l'alcool, jusqu'à ce qu'elle présente une masse fibreuse homogène. L'emploi de l'alcool empêche qu'aucune partie ne s'élève hors du mortier, et le garou peut ainsi être parfaitement divisé sans aucun danger pour l'opérateur.