DES PULPES
' Médicaments de consistance de pâte assez molle , formes du parenchyme des végétaux , ou obtenus par le mélange des poudres avec une quantité suffisante d'eau. Les pulpes se préparent avec des substances fraîches ou desséchées , entières ou pulvérisées.
1° Pulpes obtenues des plantes fraîches. Si les corps sont d'une texture assez molle (feuilles, fleurs, sommités fleuries, quelques racines), on les divise par épistation. Si elles offrent une texture assez dure (pommes, coings, racines de carotte, de patience, etc.), on les soumet au râpage. Si le corps est sous forme de pulpe, mais mêlé à des parties étrangères qu'on veuille séparer ( casse, tamarins), on laisse le tout digérer quelque temps avec une suffisante quantité d'eau pour rnmolir la pulpe. I^es cynorrhodons dépouillés de leurs graines et de leurs poils, sont mis a macérer dairt du vin blanc , jusqu'à ce qu'ils soient ramollis. Après ces opérations préliminaires, ou sépare la partie parenchymateuse des parties fibreuses ou Hétérogènes , en les pulpant sur un tamis a mailles plus ou moins serrées, selo^ qu'on veut obtenir une pulpe plus ou moins homogène. Lorsque les pulpes sont destinées a l'usage externe , dans la plupart des cas la pulpation est inutile.
Les pulpes ainsi obtenues ne sont jamais bien liées ; aussi est-il nécessaire de les soumettre à l'action de la chaleur , qui en dégage l'excès d'humidité > et leur donne la consis-
tance ou l'homogénéité convenables, probablement par la coagulation de l'albumine et la dissolution dans l'eau d'une portion de la matière féculente. Les pulpes des plantes con» tenant des principes volatils , âcres, dans lesquels résident les principes actifs (ail, scille, crucifères), ne doivent pas subir cette opération , à moins qu'on ne se propose d'en de* gager ces principes, et de modifier ainsi leur composition , pour remplir une indication dans laquelle ils seraient nuisibles.
2° Pulpes obtenues de plantes desséchées'. Lorsque les corps sont desséchés, ou bien lorsqu'ils contiennent peu de parties parenchymateuses relativement a la quantité de parties fi* breuses , on les soumet préalablement a la coction. Cette opération se pratique 1° en faisant bouillir la substance avec une très-petite quantité d'eau , jusqu'à ce qu'elle soit ra* mollie y alors on l'épiste dans un mortier avec le liquide qui reste, puis on pulpe, 2° ou mieux encore, en exposant la substance a la vapeur d'eau. À cet eJTet , on la place dans un bain-marie percé de trous , qu'on introduit dans une eucurbitc au-dessus du niveau de l'eau portée al' ébullition. Le couvercle de la cucurbitedoit cire percé d'un trou, pour lais» ser la vapeur se dégager. Un linge clair, contenant la substance, et suspendu dans une marmite dans laquelle de l'eau serait en ébullition , et munie d'un couvercle, pourrait remplacer cet appareil. Ainsi ramollies , les plantes sout épistêes et putpées.
Ainsi se préparent les pulpes de plantes sèches , celles des plantes émollientes , de pruneaux, de dattes, enfin celles des plantes dont on veut modifier la composition par la chaleur ou dégager quelques principes âcres, volatils, etc.
3° Palpes préparées avec des poudres. On délaie la poudre daus une suffisante quantité d'eau pour lui donner la cousis-
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tance dépite* et ou la laisse quelque temps eu contact avec le liquide pour qu'elle en soit bien péuétréc. Si la substance ne «soutient pas de principes volatils, on peut soumettre la nul pç à l'action de la chaleur pour lui donner plus de cohésion,
Pmcripiion. Il suffît d'indiquer seulement le nw et lf quantité de pujpcs, ainsi : pulpe de tamarin* ou de cn$$e, deux grog, ou demi-once, selon l'effet qu'on désire obtenir, ou l'indication à remplir. Il est nécessaire quelquefois de cjouner le procédé opératoire ; si l'ou veut qu'elle soit préparée g chaud ou a froid; avec la plante fraîche ou desséchée, entière ou pulvérisée^ La quantité aussi h prescrire est variable selon que la pulpe est destinée a l'usage interne ou externe. *
Usages, administration» Les pulpes s'appliquent a l'extcrieursous forme de cataplasmes, ou s'administrent a l'intérieur^ délayées dans un véhicule. Elles jouissent des mêmes propropriétés que les plantes qui les fournissent, a moins que la chaleur n'ait modifié leur composition. Ces médicaments s'altèrent très- facilement , aussi ne les préparc-t-on qu'au moment de leur emptoi. Celles destinées à l'usage interne sont converties ordinairement en conserves. On ne trouve guère dans les pharmacies que les pulpes de casse et de tamarins.