CATAPLASMES
Préparations de consistance de p.Ue molle, ayant ordinairement l'eau ou le lait pour excipient, et pour base une poudre ou des pulpes végétales. Les cataplasmes préparés avec la farine de moutarde, se désignant sous le nom particulier de sinapisme*. *
Préparation. Le cataplasme ordinaire se prépare en délayant 2 a 4 onces de farine de graines de lin , dans la quantité d'eau nécessaire pour faire une bouillie assez claire, puis on chauffe en remuant continuellement , jusqu'à ce que ce mélange ait acquis la consistance d'une pâte bien liée. Toute poudre végétale pourrait servir à la préparation des cataplasmes, mais elles ne contiennent pas, en général, assez de mucilage ou de matière féculente , pour donner la cohésion nécessaire ; les poudres^Aes graminées , et en particulier la mie de- pain et la poudre du phalaris canariensis , font exception. D'après M. P^ttal, un cataplasme préparé avec cette dernière substaneexconserve mieux l'eau que celui de graines de lin ; du reste il se prépare d'après les mêmes règles.
Le cataplasme ordinaire peut servir d'excipient à d'autres médicaments. Les poudres végétales aromatiques ( safran , camphre ) , ou altérables par la chaleur , s'incorporent dans le cataplasme v lorsqu'il est en partie refroidi , ou mieux encore on en saupoudre celui-ci lorsqu'il a été étendu sur le linge.
Les vins, les teintures , les alcoolats , les huiles , s'étendent sur la surface du cataplasme. Les sels, les extraits, le savon , se dissolvent préalablement dans la quantité nécessaire d f eau , et s'étendent de même.
Les pommades , les onguents et autres corps gras , se dissolvent préalablement dans un peu d'huile , ou s'étendent a la surface du cataplasme pendant qu'il est encore assez chaud pour les liquéfier. Un cataplasme dans lequel il entre des corps gras, conserve plus longtemps sa chaleur et s'enlève avec plus de facilité et moins de douleur , surtout lorsque les parties sont couvertes de poils.
Pour rendre un cataplasme irritant, on y ajoute des poudres de cantharides , de poivre , et surtout de la farine demoutarde. La quantité de ces substances est subordonnée a l'effet qu'on veut obtenir, il faut les incorporer dans la totalité du cataplasme , ou bien en saupoudrer la superficie seulement.
On peut préparer des cataplasmes, soit avec plantes fraîches , soit avec des substances desséchées. Les premières se réduisent en pulpes par épistation ou par le râpage ; les secondes se ramollissent préalablement par la coction dans l'eau ou par sa vapeur (voyez pulpes) , puis on les èpi&te ; dans ces deux cas, du reste, on les soumet a la pulpation, et pour obtenir une pulpe bien homogène , on les soumet a l'action de la chaleur , a moins qu'elles ne contiennent des principes acres ou volatils , qu'il importe de conserver.
Prescription, Pour prescrire le cataplasme ordinaire ou celui de mie de pain, il suffit d'indiquer leur quantité ; ainsi : cataplasme de farine de graines de lin , A onces. Un cataplasme avec des poudres , des teintures , des corps gras , etc., se formule èe la manière suivante : Cataplasme ordinaire ou de farine de graines de lin , A onces ; étendez sur un linge, et saupoudrez avec poudre de quinquina, 2 gros; camphre pulvérisé , 24 grains préalablement mêlés. Comme le cataplasme ordinaire se prépare le plus souvent dans les maisons particulières , on peut prescrire seulement les autres substances, et indiquer de quelle manière elles doivent sincorporer dans le cataplasme.
Action, administration. Les cataplasmes préparés avec les graines de lin , des graminées, U mie de pain, sont essentiellement émollicnts et d'un emploi très-fréquent. Cette action émolliente peut encore être augmentée par l'addition des corps gras. On peut les rendre toniques, antiseptiques, astringents, excitants, irritants, narcotiques, etc., par l'addition de poudres , extraits, teintures, appartenant a ces genres de médications ; ou bien encore en préparant le cataplasme avec le* décodé des corps médicamenteux; ils s'appliquent en général chauds, entre deux linges; ou a nu, et alors on relève les bords du linge pour que le cataplasme ne s'étende pas au-delà des parties malades. Ils doivent être peu épais, dans les cas d'inflammation des viscères, et en particulier de Celle des membranes séreuses ; leur poids augmenterait les douleurs.
SIJSAPISMES
Les sinapismes sont des cataplasmes préparés avec la farine de moutarde.
Il résulte des expériences de MM. Robiquet et Boutroa, que les divers principes qui composent la moutarde ne sont point irritants , mais que la farine mêlée avec Teau , pourvu que la température du liquide ne dépasse pas 75° d'après MM. Fauré et Hesse , il se développe une huile essentielle, acre , irritante , a laquelle on doit attribuer les effets rubéfiants de la inoutarde; ces mêmes chimistes ont démontré que lesacides, même les acides végétaux, et par conséquent le vinaigre marquant au moins 3 ° a l'aréomètre de Seaumé, empêchaient ce principe de se développer; mais qu'une fois développé par l'eau , les acides n'avaient sur lui aucune influence.
Préparation. Pendant bien longtemps on a préparé les sinapismes en délayant S.b 4 onces de farine récente de mou* tarde dans la quantité nécessaire de vinaigre , pou? former
une bouillie assez épaisse. D'après les faits relatés ci- dessus,
les sinapismes prépaves à Veau devraient être plus actifs : c'est ce que l'expérience a démontré; aussi, maintenant, se préparent-ils a l'eau froide, ou ii la température de 50 ou 40°. Lorsqu'on veut les rendre plus actifs, on y mêle de la pulpe d'ail préparée a froid, ou on les saupoudre de poivre en poudre. Leur action irritante peut être affaiblie en incorporant la farine de moutarde dans le cataplasme de graines de lin.
Prescription. Comme pour les cataplasmes, il est nécessaire d'indiquer seulement la quantité à préparer; mais, dans ce cas, il est plus important de limiter le lieu de l'application ainsi que sa durée, les sinapismes peuvent se préparer dans les maisons particulières avec une quantité donnée de farine de moutarde récente (2 à 4 onces).
Administration. Les sinapismes s'appliquent à nu, froids ou légèrement tièdes ; on les. emploie comme irritants locaux , comme dérivatifs ou comme excitants généraux. Le médecin doit fixer le lieu de leur application et le terme de sa durée, qui varie depuis un quart d'heure jusqu'à une heure : quelquefois plus. Si leur application était trop prolongée, la rubéfaction pourrait être portée jusqu'à la vésication, et quelquefois même jusqu'à la gangrène, surtout chez les jeunes sujets. ' • j r îï;v;*&ii .
Les sinapismes préparés avec la farine de moutarde, privée par l'expression de son huile fixe, sont encore plus actifs et