BAINS MÉDICAMENTEUX
Les bains sont des liquides, des gaz ou des vapeurs, ou même des corps solides divisés, dans lesquels on plonge le . corps ou l'une de ses parties. D'après l'état d'agrégation des corps, on les divise en bains secs (sable, cendre, son), bains de vapeurs et bains liquides. D'après la portion du corps à immerger \ on lei distingue en baine généraux, lcrique c'eit
le corps tout entier, et en bains locaux, lorsque ce n estqu'une de ses parties. Daus ce dernier cas ils prennent des noms particuliers, tels que bains de siège, quand c'est la partie inférieure du tronc, manuluves ou les mains, pèdiluves ou les pieds seulement qui sont immergés ; enfin, on les dit bains locaux proprement dits, si c'est toute autre partie du corps. D'après leurs effets ils sont appelés bains simples et bains médicament teux. Ces derniers sont les seuls dont nousnous occuperons.
L'eau est le véhicule ordinaire des bains médicinaux , cependant on peut aussi se servir de lait ou du vin. Ils se préparent par les divers procédés que nous avons déjà indiqués. Par solution, avec les substances complètement solubles dans l'eau (sublimé corrosif, sulfure de potassium, les acides, l'iode, la gélatine, etc.); par infusion, avec les substances aromatiques ; par décoction, avec les corps durs non aromatiques, ou contenant des principes, soit mucilagincux , soit féculents; par ces modes réuuis; ou enfin par suspension, avec des poudres des substances végétales. Dans ce cas, ua intermède est inutile, car les mouvements imprimés au liquide suffisent pour maintenir les corps en suspension.
Prescription. La quantité de la substance médicamenteuse, relativement a celle du liquide, ne peut être déterminée d'une manière générale. Cependant voici quelques données. Pour un grand bain : Iode mêlé a deux fois son^ poids d'iodure de potassium, i a 5 gros; sublimé, i à 2 gros; foie de soufre, 2 à 4 onces; acides, 4 à iO onces; gélatine, de 4 onces a 2 livres; fleurs, feuilles, sommités fleuries, de 10 a 42 poignées ; racines, écorces, bois, de 4 à 8 onces. Pour un bain de siège on emploie la moitié de ces substances; enfin, un bain local devra se préparer dans les proportions indiquées pour les fomentations.
Si le bain est de nature a être préparé chez le pharmacien , on fait faire la solution , l'infusion ou la décoction dans la quantité d'eau nécessaire , pour ensuite projeter cette pré-
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paration dans le bain. Ainsi : Sublimé corrosif, 2 gros ; dissolvez dans Q.S. d'eau alcoolisée, et mêlez le soluté au liquide du bain. Autre: Gélatine (colle de Flandres) concassée, \ livre ; faites dissoudre à chaud dans Q. S. d'eau, et versez le soluté encore chaud dans l'eau du bain. Autre: Sulfure de potassium, 4- onces; faites dissoudre dans l'eau de la baignoire. Les poudres, les fleurs, ainsi que les feuilles tendres, peuvent se mettre infuser dans l'eau du bain.
Les bains de sublimé corrosif, de foie de soufre, doivent se prendre dans des baignoires de bois ou de zinc ; les autres métaux attaquent ces substances. Le malade doit aussi poser les bagues, les bijoux. Les bains d'iode se prennent dans des baignoires de bois ou de cuivre étamé ; le zinc se combine facilement avec ce métalloïde. ^
Les bains qui ont le \in pgur excipient se préparent par macération ou digestion , ou bien en mêlant a ce liquide le soluté , l'infusé ou le décocté aqueux des corps médicamenteux.
Action, administration. La durée d'un bain est d'un quart ou d'une demi-heure au plus. D'après la température du liquide, on les appelle bains froids, de 1 5 a 22" R. ; tiedes de 22 à 50° R. ; chauds, de 50 a 55° R. En général ils s'administrent tièdes. La meilleure température, lorsqu'il n'y a pas de contre-indication, est celle qui est la plus agréable au malade. C'est le meilleur des thermomètres. Le mode d'action d'un bain varie d'après la nature du véhicule et celle des subtances médicamenteuses qu'il contient. La température du bain , sa durée, ne sont point choses indifférentes, puisqu'elles peuvent quelquefois annuler l'effet des corps médicamenteux , ou produire un résultat opposé à celui qu'on cherche a obtenir.
Les bains de siège se préparent comme les bains généraux, en diminuant toutefois, comme nous l'avons dit, la dose de la substance relativement à la quantité de véhicule. Leur
durée peut être prolongée davantage sans offrir les mêmes inconvénients.
Les pédiluves et les manuluves s'emploient le plus ordinairement comme dérivatifs, et se composent alors de substances âcres, irritantes. Les plus usitées sont les cendres ou le sel commun, à la dose de 2 a A poignées; le sons-carbonate de potasse, a celle de 1/2 à 4 gros ; le sulfure de potasse, a celle de 1/2 à 1 once ; l'acide hydrocbloriquc, a ccjle de 4- à 8 onces ; la farine de moutarde, à celle de 2 à 4 onces.
Les bain* locaux proprement dits, se préparent par les divers modes de solution. La nature du vébicule, celle des substancës médicamenteuses, ainsi que leurs proportions, sont dominées par la médication a remplir.
Le mode d'action des bains locaux est relatif a la nature du véhicule et a celle des corps'mcdicanientcux qu'il contient. Leur durée et leur température ont une grande influence sur leurs effets, et forment dans quelques cas la base de la médication. C'est au médecin a fixer ces conditions.
On prépare des bains généraux et locaux avec des substances émollientes, excitantes, toniques, antisyphiUtiqucs , iodur ces , etc.