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DES TEINTURES

On désigne sous le nom de teintures , des soluté^de principes médicamenteux dans Y alcool ou dans Yélher ; d'où la distinction de teintures en alcooliques et élhérccs.

TEINTURES ALCOOLIQUES. ÀLCOOLÉS.

( Préparations ayant l'alcool pour excipient. )

Les alcoolés sont des médicaments liquides, en général colorés, composés d'alcool , chargé par solution ou par macération de principes médicamenteux.

Les teintures sont désignées quelquefois sous les noms à 1 essences , de quintescences , d'élixirs. Celles qui contiennent

( tfifi )

une assez grande quauu^de matière sucrée, s'appellent ratafias. ^Jr

Les teintures se préparent avec desplautes desséchées ou avec des plantes fraîches. Dans le premier cas elles sont appelées atcoolis y ou teintures proprement dites ; les autres sont désignées, par M. Béral, sous le nom d'alcoolatut es; nous traiterons de ces dernières après avoir parlé des alcoolés.

Par la distillation du vin , ou par celle du produit de la fermentation alcoolique des graines céréales ou de la fécule de pomme de terre , on obtient un produit appelé eau-de-vie de vin ou de grain, marquant i 8 a 20» , aréomètre de Baume, et composé d'eau et d'alcool absolu. Ce produit, soumis a la distillation , donne des eaux-de-vie a divers degrés de concentration , si Ton a le soin de fractionner les produits. Les eaux-de-vie les plus fortes, ou marquant 35 u ; mises a macérer pendant vingt-quatre heures avec le quart de leurs poids d'acétate de potasse ou de chlorure Se calcium desséchés, donnent, par une nouvelle distillation , de Y alcool rectifié marquant 36 a 40°, qui , soumis a une nouvelle macération avec un excès d'acétate dépotasse ou de chlorure de calcium , et distillé de nouveau, donne de Y alcool absolu ou anhydre.

ValcmL absolu ou anhydre est très-limpide, incolore, d'une oaeur pénétrante, d'une saveur âcre, brûlante; il est très-inflammable. Sa densité, a 15°, est de 0,7947. Il bouta 78,41 . Il est composé d'hydrogène , de carbone et d'oxygène dans des proportions telles, qu'il peut être représenté comme formé à parties égales d'eau et de bicarbure d'hydrogène.

L'alcool absolu dissout le soufre, le phosphore, l'iode, es acides, les résines, les huiles volatiles, les huiles des euphorbiacées , le tannin, les alcalis végétaux, leurs sels et quelques matières colorantes.

L'alcool rectifié, ainsi que les diverses espèces d'eaux- devie, dissoudront ces mêmes produits en quantité moindre

cependant, et de, plus ceux qui sont solnbles dans Teàu, et eela, ien proportions variables et relatives à leur degré de concentration.

Préparation. Les alcoolés se préparent <par Wftirâm, ; ^par macération, par luciviation et parla méthode de dêptaeéw&Au

A 0 Par solution , avec les corps complètement solubîes dans l'alcool. Iode, perchlorure de fer, ammoniaque, alcalis végétaux, leurs sels , le savon , l'extrait d'opiùm , le camphre, les acides sulfurique a 66\ nitrique" a 55°, îrydrochloriqtie a 22°. On mêle une partie de ces acides avec trois onCes d alcool a 36° : par l'action de ces acides sur l'alcool il sè forme un peu d'éthen.

2° Par m aeé ration*. Ce procédé est le;prus usité; fl peut être employé toutes les ibis que le corps est peusoknSle'cJn incomplètement soluble dam l'alcool. Lés substances méâicamenteuses Remploient desséchées, et .préalablement di*visées, concassées , râpées , ou même pulvérisées -si leur texture est dure. La macération se pratique dans un raatra* fermé , sa durée est de six a quinze jours. On passe ensuite avec expression» et l'on film,

Afin d'épuiser autant que possible le corps médicament {eux, il convient de ne faire agir l'alcool que par fraction} c'est-a-dire la moitié de 1 alcool d'abord -, et ensuite 'l'autre moitié sur le mare. On mêle ensuite le produit de chaque macération.

Le Codex a fixé les degrés de concentration de l'alcool, qui doit servir à la préparation des teintures, à fiâ^ a 32° et à 36°, aréomètre de Baumé. Il faut préférer l'eaU-de-vie dé vin. Elle est douée d'une saveur plus franche et plus agréable que celle de grain. Cependant, comme les eaux-de-vie du commerce sont rarement pures, il serait préférable de les obtenir a ces trois degrés de concentration, en mêlant l'alcool absolu avec S. Q. d'eau distillée.

Les proportions des corps médicamenteux ont été fixées

par le Codex, sauf quelques exceptions , a Une partie sur quatre d'alcool. M. Guibourt, trouvant cette quantité d alcool insuffisante pour épuiser les corps, Ta portée k huit parties. Il serait cependant important, pour avoir des alcoolés constants, uniformes dans leur composition , que la quantité d'alcool fut déterminée.

3e préparent avec de Y alcool à 56° , les teintures avec les 1 matières résineuses , les baumes , les oléorésines , les tuiles essentielles , le sucein , l'ambre gris , etc. ; 2« avec de Y alcool à 32°, les teintures avec les gommes-résines, l'aconit, l'aloès , l'augusture vraie, les diverses espèces de cannelles , la cascarille, l'écorce de Weinther, le gérofle, les muscades, le macis, le gingembre, la serpentaire de Virginie, le safran , la digitale, le cas tore um, les noix vomiques , etc. ; 5* avec deY alcool à 22°, les teintures d'absinthe, d'aimée, de gentiane, de houblon, de quinquina, de cachou, decolombo, de gaïac , de kino , d'ipêcacuanba, de valériane , de scille, de séné, de semences de stramonium, de feuilles diverses, de cantharides, etc.

Dans des cas pressés , la digestion pourrait remplacer la macération. A cet effet, le matras serait fermé avec un parchemin percé de quelques trous , afin de permettre k l'air dilaté de se dégager ; on opérerait k l'étuve, k la température de 55 k 40°. Pour ne pas perdre d'alcool ; on pourrait se servir de l'appareil de MM. Berthemot et Corriol. (Voy. digestion.)

3° Par lïxiviation et par la méthode de déplacement. MM.Boullayet Guibourt conseillent et appliquent la lixiviation et la méthode de déplacement à la préparation des teintures avec des poudres végétales. Cette opération se fait dans l'allonge fermée de M. Robiquet, ou mieux encore dans l'appareil a lixiviation de M. Guibourt ( voy. liœiviation et les cthérolés , pour la manière de procéder.) M. Soubeiran, trouvant la quantité d'alcool fixée par le Codex , et même

celle indiquée par M. Guibourt, insuffisantes pour épuiser les corps par lixiviation , et des expériences exactes de M. Guillerraont ayant démontré qu'en opérant le déplacement de l'alcool par l'eau , ces deux liquides avaient l'inconvénient de se mêler dans l'appareil , donne la préférence à la macération. Pour obtenir le plus que possible de principes actifs , il faudrait employer les corps en poudre , ne faire agir l'alcool que par fraction , et soumettre le marc a une forte expression. ( Soubeiran. )

Les alcoolalures résultent de l'action de l'alcool, sur les plantes fraîches. EUes se préparent, i° en mêlant ensemble ' le suc des plantes non clarifié , avec parties égales d'alcool ; on filtre, après quelques jours de contact; 2° ou bien encore, on met macérer les plantes préalablement divisées par épistalion , pendant quelques jours dans l'alcool : on passe avec expression, et l'on filtre. Ce procédé est préférable. On obtient ainsi les principes actifs que pourrait contenir le marc. » Il faut se servir de l'alcool à 56°.

Les plantes le plus fréquemment employées a la préparation des alcoolatures , sont les plantes anliscorbuùqucs , f aconit, la belladone , la stramoinc , la ciguë, la jusquiame , la laitue virense, te rhus radicans , le tabac , la digitale pourprée, le cresson de Para , le nerprun, etc. L'alcoolé et l'alcoolalure d'une même plante ne possédant pas la même activité, le médecin doit spécifier dans sa formule lorsqu'il se sert de la dénomination de teinture.

Usages , administration. Les alcoolés et les alcoolatures possèdent les mêmes propriétés que celles des plantes qui les composent. 11 importe aussi de tenir compte de l'action de l'excipient, qui est un excitant diffusible d'autant plus actif, qu'il est plus concentré.' Toutes les personnes ne supportent pas également l'usage d«s teintures. L'avantage que présente cette forme médicamenteuse est de réunir beaucoup de principes actifs sous un tres-pelit volume; ensuite, ces prépara-

tions se conservent très-bien ; le véhicule n'altère pas non plus la nature des corps médicamenteux.

Les teintures se donnent a l'intérieur , a la dose de un demi-gros à deux gros , dans un véhicule approprié ( potions , tisanes , le vin , l'eau, etc. ) ; ou par gouttes , lorsqu'elles se composent de substances très-actives { narcotiques. ). A l'extérieur, elles servent en liniments, injections, collutoires ; elles entrent dans la composition des gargarismes, collyres, lavements , etc.

Les teintures composées les plus usitées sont : l'eau vulnéraire rouge, le baume de commandeur, la teinture antiscorbutique , Télixir de peyrilhe , Télixir antiscrofuleux des hôpitaux, le baume opodeldoch, la teinture fébrifuge Duxham|, Télixir antiseptique de Chaussier, 1 Télixir de longue vie , Télixir de Stougton , Télixir de pyrètrhe composé, Teau-de-vie allemande , Télixir vitriolique de Mynsicht, Télixir de Garus , etc. Elles se préparent d'après les mêmes règles que les teintures simples, en faisant agir d'abord T alcool, sur les substances les moins solubles, ou qui présentent une texture dure.

Les ratafias diffèrent des teintures par leur composition qui est très- variable, et parce qu'ils contiennent une plus ou moins grande quantité de matière sucrée ; comme ce sont en générai des hqueurs de table , il n'est pas de notre objet d'en traiter. .»

TEINTURES ÉTHERÉES. ÉTHÉROLES.

{ Préparations ayant l'éther pour excipient. )

Médicaments liquides doués d'une odeur pénétrante, diffustble , composés d'étber , tenant en solution un ou plusieurs principes médicamenteux.

Les éthers, excipients des cthérolés, sont le résultat de

l'action des acides sur l'alcool , par distillation. D'après l'acide employé , ils sont dits : élhers sulfurique , hyponitrique, hydrochlorique , acétique , etc. L'éther sulfurique ou hydratique , est celui qui est le plus souvent employé pour la préparation des éthérolés : quelquefois , mais plus rarement , on se sert de l'acide acétique.

L'éther sulfurique ou hydratique est très-limpide ; son odeur est vive, pénétrante, diffusible ; sa sa\eur âcre et piquante. Il se volatilise à toutes les températures. 11 bout a 55°. Il s'acidifie a l'air. Il est composé de i vol. de vapeur d'eau , et 2 vol. de bicarbure d'hydrogène. 11 ne contient pas d'adide sulfurique, comme son nom semblerait l'indiquer.

L'éther sulfurique dissout le phosphore, l'iode, les iodures de mercure, le deutochlorure de mercure , les résines, les baumes, les huiles essentielles, les oléorésines, les huiles des euphorbiacées , le savon , quelques matières colorantes, etc.

Préparation. Les teintures éthérées ou les éthérolés se préparent par cotation , par macération , et par lixiviation et la méthode de déplacement.

i° Far solution , avec les corps complètement solubles dans l'éther. Les huiles essentielles, le camphre etc.; la solution se fait à froid > dans des flacons fermés a i'émeri.

2é° Par macération , avec les substances peu solubles, ou incomplétement'solubles. Ces corps préalablement desséchés, sont réduits en poudre grossière, et misa macérer avec l'éther, dans un flacon bouché à I'émeri , pendant huit à dix jours. On clarifie ensuite par reposition et décantation. Par la filtration au papier on perdrait trop d'éther. Ainsi se préparent les éthérolés avec les résines , les baumes, les oléorésines. Les proportions Sont de i partie de ces corps sur 4 d'éther.

Uèther phosphore se prépare en mettant macérer pendant un mois , dans un flacon bouché a I'émeri , et couvert d'un papier noir, une partie de phosphore pur, cou\>é par petit*

morceaux, et trente-deux parties d'éther. Cet éthérolé est conservé dans de petits flacons, entourés d'un .papier noir, et entièrement remplis : malgré cette précaution , le phos- * phore s'oxicje promptement et se précipite en partie. Il contient , d'après le Codex , trois grains de phosphore par once, et quinze grains d'après M. Henry.

h 1 éthérolé acétique cantharidé s'obtient en faisant macérer pendant huit jours, dans un vase fermé, i gros de poudre de cantharidé avec 6 gros d'éther acétique; on passe avec expression et l'on filtre.

3° Par lixiviation et la méthode de déplacement. Ce procédé s'applique a la préparation des éthérolés avec des poudres végétales. La poudre est placée entre deux couches de verre, dans l'allonge de l'appareil a déplacement de M. Guibourt. On verse une partie d'éther , en tenant ouvert le robinet inférieur , jusqu'à ce que ce véhicule ait pénétré la totalité de la poudre ; on le ferme ensuite. Après quelques jours de macération, la teinture éthérée est soutirée et remplacée par de nouvel éther , jusqu'à ce que la totalité soit employée. Pour chasser celui qui est retenu par la poudre, versez une S. Q. d'eau, et lorsque tout l'éther est déplacé, cessez l'opération. Les proportions sont de i partie de poudre végétale sur 8 parties d'éther rectifié.

Ainsi se préparent les éthérolés de feuilles de belladone, de ciguë , de digitale , de castoréum , de valériane , etc .

Parmi les éthers composés, il n'y a que l'éthérolé acétique savonneux camphré de Pelletier, qui soit employé.

Usages , administration. Le moded'acûon des éthérolés est en rapport avec la nature des médicaments dont Ils se composent. L'excipient est un excitant diffusible, très-actif et antispasmodique. Les teintures éthérées se donnent par gouttes a l'intérieur, sur un morceau de sucre, ou dans un véhicule (potion , eau sucrée, etc.). A Y extérieur, ils sont employés en liniments* fumigations , etc.

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