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VINS MÉDICINAUX. «VOLÉS

( Préparations ayant ic vin pour excipent. }

Préparations liquides ordinairement colorées, composées de vin charge par solution ou par macération de principes . médicamenteux.

Le vin est le produit de la fermentation du moût de raisin; sa préparation est trop connue, pour qu'il soit nécessaire de l'indiquer. Les vins rouges sont composés d'eau, d'alcool, d'aride acétique , de tartrate acide de potasse , de tartrate de chaux, d'une matière extractive, d'une matière colorante bleue , passée au rouge par les acides du vin , de tannin, des sels et d'un arôme particulier a chaque espèce de vin. Les vins blancs contiennent moins de tannin et de matière colorante.

La proportion de ces substances est variable dans les diverses espèces de vin : ainsi ceux du midi sont plus riches en alcool et en matière colorante; ceux du nord sont plus acides ; les vins de Bordeaux , de Bourgogne contiennent beaucoup de tannin ; enfin , il est des vins qui renferment une matière sucrée (ceux de Frontignan , de Rota , de Malaga, etc.); d'autres de l'acide carbonique (les vins mousseux).

Le vin agit sur les corps médicamenteux principalement par l'eau et par l'alcool. L'eau dissout les principes extractifs, gorameux, albumineux , sucrés,' le tannin, les sels, etc. L'alcool dissout les huiles, les résines, l'arôme, les matières colorantes, etc. Les autres principes du vin peuvent aussi influer sur la composition des oenolés. Ainsi les acides dissolvent les oxydes de fer, d'antimoine dans le vin chalibc, antimonié. Le tannin précipite une partie des principes actifs du quinquina , ainsi que le fer, et l'oxyde d'antimoine:

aussi convient-il de se servir de vin blanc dans la. préparation de ces vins médicinaux.

Le choix du vin doit être déterminé non-seulement par la nature des corps médicamenteux , mais encore par l'effet qu'on désire obtenir. Ainsi un vin riche en alcool convient pour les natures résineuses ou pour les substances contenant des principes exiractiforraes tres-attérables. Les vins blancs pour celles dont le tannin pourrait modifier la composition. En outre, les vins blancs aideront a reflet diurétique des médicaments, ceux qui sont riches en tannin augmenteront leur propriété astringente.

Les vins les plus fréquemment usités pour la préparation des œnolés , sont les vins blancs d'Espagne , de Lunel , de Bordeaux > de Bourgogne, de Chablis, de Malaga, etc. Afin d'avoir des vins médicinaux constants dans leur coropo* sinon , M. Gay conseille, peut-être avec raison, le vin ortinaire de trois a quatre ans mêlé avec une ou deux onces d'alcool , selon son degré de spirituosité , qu'il appelle vin

Préparation* Les œnolés se préparent ; i° par solution; 2° par macération; 3° par mixtion, ou extern poranément avec la teinture du corps médicamenteux;^ par fermentation.

i ° Par solution» Ce procédé ne «'applique qu'à un peut nombre de cas, et seulement pour les corps complètement solubles. Ainsi se préparent les arnolé* d'émétique, d'extrait de salsepareille, de sulfate de quinine et autres sels ou alcalis végétaux, etc. Les proportions ne peuvent être fixées d'une manière générale. La solution s'opère à froid.

2° Par macération. Ce procédé est le plus fréquemment usité. Il s'applique au plus grand nombre de cas. Les corps doiveut s'employer desséchés, a moins que par cette opération ils ne perdent leurs principes actifs (crucifères). Les plantes fraîches, en cédant au vin leur eau de végétation, l'affaibliraient et en rendraient la conservation moins facile.

Les substances, préalablement divisées par section, concassation, râpage, ou même réduites en poudre grossière, si elles offrent une texture dure, sont mises a macérer dans un raatras avec une once d'alcool a 22° (par livre de vin à employer), pendant douze ou vingt-quatre heures. On ajoute ensuite le vin. Le vase étant bien fermé, la macération se prolonge de quatre à quinze jours selon la texture du corps médicamenteux. Il faut agiter de temps en temps. L'opération terminée, passez a travers une étamine avec expression, filtrez ensuite au papier.

Ce procédé est préférable a celui qui consistait à préparer les œnolés par macération dans le vin sans addition d'alcool ; les vins s'altèrent moins promptement. Peut-être conviendrait-il d'employer le vin alcoolisé de M. Gay, préparé d'avance. L'alcool, en agissant isolément sur les corps, peut coaguler l'albumine et empêcher qu'ils ne soient pénétrés aussi facilement par le vin.

3o Par mixtion ou extemporanément. Ce procédé est dû a Parmentier. Il consiste a mêler une ou deux onces de la teinture du corps médicamenteux avec deux livres de vin. Préparés ainsi , ces œnolés ne présentent pas toujours la même composition qu'obtenus par macération , tels sont surtout le vin de scille et le vin antiscorbutique ; aussi ce procédé n'est applicable que dans les cas où les principes actifs du corps, étant solubles dans l'alcool , ne seraient point ensuite précipités par le mélange de la teinture avec le vin.

4° Par fermentation» Ce procédé se pratique en mettant les substances fermenter dans le moût de raisin , on filtre lorsque l'opération est terminée. La fermentation pouvant altérer, dénaturer les corps médicamenteux , ce procédé ne s'applique de nos jours qu'à la préparation du laudanum de Rousseau; en ce càs il offre un avantage, puisque, par la fermentation, le principe vireux de l'opium est dé-

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truit en grande partie. Voici , au reste , la préparation de cet œnolé :

Opium sec et choisi, 4 onces; miel blanc, M onces; levure de bière , A once ; eau chaude . 3 livres \ 2 onces.

Dissolvez l'opium pulvérisé dans Tenu chaude, ajoutez le » miel, la levure de bière. Le tout, renfermé dans un matrns, est placé dans une étuve a 25°. La fermentation terminée, . passez , filtrez au papier, évaporez au bain-marie jusqu 'à réduction a douze onces; laissez reposer , passez de nouveau et ajoutez quatre onces d'alcofll a 52°. Cét œnolé d'opium , par fermentation , s'altère très-facilement. Il contient , par huit grains, un grain d'extrait d'opium.

Les vins médicinaux sont simples ou composés. Les proportions des corps médicamenteux, relativement a celle (Ju véhicule pour les vins simples, sont en général de une à deux c*ices par litre de vin, s'ils sont desséchés; et de deux a quatre onces, s'ils sont frais. Ainsi : pour le* œnolés de gentiane, d'aunée, dequassia amara , de rhubarbe, de feuilles sèches d'absinthe ou autres feuilles ou sommités fleuries , une once : pour les œnolés de quinquina gris, d'ipécacuanha , de semences et de bulbes secs de colchique, de caïanca, de scille , d'ellébore blanc, de roses rouges , etc. , deux onces. Dans les maladies longues et dispendieuses, le médecin pourrait faire préparer les œnolés dans les maisons particulières : il ferait prendre chez le pharmacien la quantité nécessaire des corps médicamenteux; ou bien encore, si le médicament esta la portée du malade, et qu^l ne soit pas nécessaire de doser d'une manière précise, on en met deux à quatre poignées (feuilles, fleurs, sommités fleuries, etc. ) par litre de vin. Dans les deux cas il doit indiquer la manière de procéder.

Les vins composés se préparent d'après les mômes règles que les viqg simples. Les substances sont mises dans le vin, dans Tordre de leur moins grande solubilité et de leur plus grande dureté. Les vins composés les plus fréquemment usi-

tés, sont : le laudanum liquide de Sydenham, le vin aromatique,

le vin antiscorbulique , le vin diurétique amer de la Charité,

le vin fébrifuge,, le vin de quinquina composé, levinantihydropique de Fuller, Cœnolé de salsepareille composé, etc.

On prépare des œnolés avec des substauces toniques -, ostnnaçntes, excitantes, sudorïfiqucs , diurétiques, vomitives, purgatives. On n'enprépare pas * et les tempérants.

Action , administration. Le mode d'action .

cji aux est relatif à celai des substances qui J LYHet du véhicule , qui est Ionique, excitant, diffusiblc, n'est pointa négliger : il peut, dans quelques cas, aider, préparer les organes a l'action des corps médicamenteux^uleu: servir de correctif. Les œnolés se donnent à l'inférieur par cuillerées a café, par cuillerées à bouche ou par petites verrées. Ceux qui contiennent des principes très-actifs (narcotiques) s'administrent par gouttes dans un véhicule. Al'«s~ U rieur, les vins médicinaux se donnent en injections, fomentations, bains, fumigations. Us servent aussi à compose r des gargarismes, des collutoires, des collyres , etc.

Conservation. Les œnolés se conservent a la cave dans *« bouteilles bien fermées et couchées ; le bouchon , étant aiu si toujours humide , n'eu ferme que mieux.

BIÈRES MÉDICINALES. BRUTOU& '

; . • - «il f.

( Préparation ayant la J>i|ç pou* excipient. )

Les brutolés diffèrent des œnolé&par l'excipient, qui e stla hicte. y m • «■

La bière, liqueur vineuse, résultat de la fermentation d e l'orge germée, est composée d'eau, d'alcool, d'acide carbonique, d'acide acétique, d'une matière végéto-aminale et de l'amér duhoublon^Cc v éhicule agit comme le vin sur les- corp*

médicamenteux; mais, comme il couliml ordin.iimiiciir moins d'alcool, il dissout moins de principes résineux et aromatiques. La bière ^estiuée à servir a la préparation des brutolés, doit être de bonne qualité, récente et mousseuse.

Préparation* Les brutolés se préparent par macération, d'après les mêmes règles que les vins médicinaux, et à peu près dans les mêmes proportions ; seulement la durée de la macération est de deux a quatre jours, a cause de l'altérabilité du liquide. La bière doit être alcoolisée avec une ouce d'alcool par livre. Ce véhicule pourrait remplacer l'eau dans la préparation de l'eau ferrugineuse. Contenant plus d'acide carbonique, il dissoudrait une plus grande quantité de souscarbonate de fer.

Les bières sont simples ou composées. Les plus fréquemment usitées et celles qu'on trouve chez le pharmacien, sont, la bière de quinquina , la bière antiscorbutique ou sapinette. On peut préparer des brutolés avec des substances toniques, excitantes, anliscorbutiqucs , etc.

Action, administration. Leur propriété est relative a celles des substances qui les composent. La bière est tonique et diurétique. Ce liquide ne convient pas a tous les estomacs. Les brutolés sont bien plus employés dans le Nord que dans le Midi. Us s'administrent à l'intérieur comme les cenoles , et rarement a l'extérieur.

Conservation. Les bières se conservent comme les vins médicinaux. Elles s'altèrent si promptement , qu'il serait peut-être convenable de ne les préparer qu'au fur et a mesure du besoin.

VINAIGRES MÉDICINAUX. OXÉOLÉS.

( f réparations ayant le vinaigre pour excipient. )

Les oxéoîés résultent de l'action du vinaigre sur les coips médicamenteux, par solution ou macération , ou par distil-

lation ; les uns contiennent les principes fixes et volatils des corps , les autres les principes aromatiques seulement.

Le vinaigre peut être le produit <fe la fermentation du vin ou de toute autre liqueur alcoolique, ou de la distillation du bois. Le vinaigre de vin, et surtout celui d'Orléans, doit être préféré pour la préparation des vinaigres médici* naux. Obtenus avec le vinaigre blanc, ces médicaments se conservent mieux. Le vinaigre de bois est moins estimé, à cause de sa saveur et de son odeur piquantes et eropyreumatiques. Le vinaigre de vin est composé d'eau, d'acide acétique, d'alcool, de tartrate acide de potasse, d'une matière colorante et extractive , etc. Il doit marquer 3° au pèse-acide. Il dissout a peu près les mêmes principes que le vin.

Préparation. Les vinaigres médicinaux se préparent par macération comme les œnolés et d'après les mêmes règles. Les proportions sont en général d'une partie de corjps médicamenteux sur huit a douze parties de vinaigre. La durée de l'opération est la même.

Les oxéolés sont simples ou composés. Les vinaigres simples les plus usités sont: \ 0 \evinjiigre camphré, qui se prépare avec camphre, un gros; vinaigre très- fort, dix onces : divisez le camphre avec un peu d'éther, ajoutez le vinaigre, filtrez, après quelques jours de macération; 2° les vinaigres de scille, de colchique, de lavande, de romarin, de sureau, à t estragon, de roses rouges, qui se préparent avec une partie de ces corps desséchés # et douze parties de vinaigre très-fort ; passez et filtrez après quinze jours de macération ; le vinaigre a l'estragon s'obtient avec les feuilles fraîches ; 5° le vinaigre framboisé, avec framboises fraîches épluchées, huit livres; vinaigre fort, quatre livres : passez a travers un blanchet, et sans expression , après une macération de quinze jours.

*Parmi les vinaigres composés, il n'y a d'usité que le ri* naigre des quatre voleurs (vinaigre aromatique alliacé).

Usages, administration. Les 0J^>lés participent «les propriétés des corps qui les composM»Le vinaigre est astringent ou rafraîchissant, selon qu'il est plus ou moins étendu. Il corrige l'àcreté de la scille et du colchique. Les oxéolés se donnent rarement seuls a l'intérieur; c'est ordinairement sous forme sirupeuse, d ' oximellitcs , ou incorporés dans un véhicule, a la dose d'un gros a une demi-once. A Y extérieur ils s'emploient en liniments , fomentations, injections, collutoires, gargarismes , collyres liquides, etc.

Conservation. Comme les vins médicinaux.

Appendice. Le vinaigre distillé s'obtient en distillant à feu nu, dans un alambic , ou, d'après M. Guibourt, dans une cornue de grès et au bain de sable, du bon vinaigre blanc ou rouge, de manière a ne retirer que les trois quarts. Les premiers produits ont une odeur suave, les autres une odeur empyreumatique, mais qui se dissipe a la longue. Si la distillation était poussée plus loin, le résidu se décomposerait et communiquerait au vinaigre distillé une odeur désagréable.

Les vinaigres* médicinaux obtenus par distillation sont peu usités; il n'y a que le vinaigre aromatique par distillation.

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