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EAUX DISTILLÉES. H Y DR OL AT S

( Préparations ayant Pean pour excipient. )

• Les hydrolats sont des médicaments liquides, incolores, composés d'eau chargée par distillation , des principes aromatiques des corps ; tandis que les hydrolcs obtenus par solution contiennent a la fois les principes fixes et volatils.

L'eau distillée est l'excipient des hydrolats. Elle se préparc en distillant, dans un alambic [et a feu nu, de l'eau ordinaire. L'opération est conduite comme pour la préparation des hydrolats. Il faut rejeter le premier produit et cesser ropération, lorsqu'il reste un tiers d'eau à distiller, afin de priver Feau distillée , des matières gazeuses que contient l'eau ordinaire , ou de celles qui pourraient se former par la décomposition des substances organiques ou des sels, par le calorique. L'eau distillée est limpide , peu sapide , elle ne contient pas de sels, et ne précipite pas par Y acide oxalique, le nitrate d'argent , Y eau de Baryte, et Y acétate de plomb. Ces caractères la distinguent de l'eau ordinaire.

Frêparation des hydrolats, Les eaux distillées s'obtiennent en distillant les plantes avec de F eau ordinaire. 11 faut choisir les parties les plus aromatiques (les sommités fleuries dans les labiées, l'écorne dans les la urinées, le frmt dans les ombelliferes, etc. ); diviser celles qui offrent trop de volume, et soumettre celles qui présentent une texture dure, a une macération préalable de douze heures a deux jours dans l'appareil distillatoire. Les plantes fraîches donnent en général des eaux distillées plus aromatiques que les plantes sèches. Les hydrolats se préparent ordinairement avec des plantes aromatiques. Cependant quelques plantes inodores soumises a la distillation , avec les précautions que nous faisons connaître, après avoir parlé des eaux distillées des

plantes aromatiques , donnent des produits qui paraissent jouir de quelques propriétés médicales.

Le procédé généralement suivi pour la préparation des eaux distillées avec des plantes aromatiques, consiste a placer ces plantes avec de l'eau, dans la cucurbite d'un alambic. Afin qu'elles n'adhèrent point aux parois du \ase, et ne reçoivent pas l'action directe delà chaleur, on les dépose sur des claies d'osier , ou mieux encore , elles sont renfermées dans un panier en fil de fer , ou introduites dans un bainmarie , dont le tiers inférieur, qui plonge dans l'eau , est percé de trous a son fond et sur ses parties latérales. Il serait même préférable, d'après Henry, que le bain-marie soit assez court pour ne pas plonger dans l'eau de la cucurbite , et que les plantes ne soient traversées que par la vapeur de ce liquide. Le chapiteau , le serpentin étant adaptés et luttes , on chauffe graduellement, jusqu'à ce que le liquide

soit porté a l'ébullition , température qui est maintenue jus*

qu a la fin de 1 opération.

La quantité d'eau à employer ne peut être fixée d'une manière générale. 11 faut en mettre assez pour mouiller complètement les plantes , et qu'il en reste après l'opération , pour empêcher qu'elles ne brûlent par l'action directe de la chaleur.

La quantité de produit à obtenir ne peut non plus être indiquée ti'une manière générale ; c'est a l'expérience à la fixer. Ordinairement on retire une quantité double d'eau distillée , de celle de la plante employée , quadruple même pour les corps très-aroma(||ues. Voici, du reste, pour les eaux distillées le plus fréquemment usitées , les proportions d'eau et de plantes a employer; ainsi que la quantité de produit a retirer.

Eaux distillées danis , fenouil, coriandre, carvi ou autres fruits des ombelliferes , de baies de genièvre réh

centes , de piment de la Jamaïque : i libre de ce* fruits et 4 livres d'eau; retirez 2 livres de produit»

Eaux distillées de feuilles et sommités fraîches de diverses espèces de menthe, d'hysope, lierre terrestre , marjolaine, mélisse , sauge , thym ou autres labiées , d'absynthe, de matricaire, tanaisie, rhue, sabiue. 10 parties de ces fiantes, 40 parties d'eau; retirez 20 parties de produit. .

Eaux distillées de cochléaria, cresson , beccabunga , cresson de Para, passerage : parties égales d'eau et de ces plantes écrasées pour obtenir i livre de produit. Pour l'hydrolat de raifort sauvage : i livre de racines, 5 livres d'eau. Retirez 2 livres de produit.

Eaux distillées de diverses espèces de cannelles, de easca* rile, de sassafras, i livre de ces corps concassés-, edu, 8 Uvres; retirez 4 livres d'hydrolat. ; .^ws'i v

Eaux distillées de feuilles récentes de laurier-cerise , de pêcher, d'amandier : i livre de ces substances, 4 livres d'eau; retirez i livre à'hydrolat. Celui d'amandes ambres s'obtient avec amandes ambres privées par expression de l'huile fixe , \ liv. \ eau 9 6 livrés : retirez i, livre de produit.

Les hydrolats de fleurs d'oranger, de sureau, 40 livres de ces fleurs récentes , 30 livres d'eau : retirez 20 livres de produit. Ceux de fleurs de roses des quatre saisons , de bluets , de fèves, de tilleul, de pivoine, de lis; 20 parties de ces fleurs, 40 parties deau; retirez 20 parties de produit. Çejni d'ormoise : feuilles et sommités, i livre; eau, 3 livres: distillez i livre de produit.

Les eaux distillées sjmt composées d'une Lui] e essentielle ou d'un principe aromatique dans un état particulier de combinaison avec l'eau, qui nous est inconnu; puisque les hydrolats obtenus par le mélange d'une huile essentielle avec de r eau distillée, sont moins suaves, et s'altèrent pluspromptement que les mêmes hydrolats obtenus par distillation. Les premiers produits de la distillation sont plus suaves.

Les eaux distillées présentent quelquefois une teinte laiteuse due a la suspension d'un peu d'huile essentielle dans l'eau. Cette huile peut même se séparer, surnager ou se déposer. Il faut en priver l'hydrolat par la filtration au papier préalablement mouillé par l'eau, qui donne passage seulement a l'eau distillée. Les eaux distillées obtenues par les procédés indiqués, ont une odeur empyreumatique qu'elles perdent à la longue ou même dans quelques instants , si l'on plonge le vase qui les renferme dans de la glace. Cette odeur est due a ce que l'eau qui mouille les plantes, ou l'eau distillée con^ densée ( dans la distillation a la vapeur), en s'évaporant, laisse à nu , sur les parois de la cucurbite , les matières quelle tenait eu, dissolution; ces matières, recevant alors l'action directe de la chaleur, sont décomposées et donnent ainsi des produits empyreumatiques. Les eaux distillées f préparées a la vapeur par le procédé de Henry , offrent cet inconvénient a un moindre degré.

Pour obtenir des eaux distillées très-suaves et non empyreumatiques, M. Soubeiran conseille et emploie depuis deux ans le procédé que voici : A la douille de la cucurbite d'un alambic ordinaire, s'adapte un tuyau qui traverse ensuite l'un des côtés de la partie supérieure du bain-marie, longe sa paroi interne, se recourbe, et vient s'ouvrir à sa partie moyenne et inférieure au-dessous et à peu de distance des plantes qu'on veut soumettre à la distillation. Ces plantes sont placées sur un diaphragme percé de trous, supporté par trois ou quatre pieds, et offrant deux mains qui permettent de l'enlever avec la totalité des plantes , à l'aide de crochets. De l'eau étant placée dans la cucurbite, le chapiteau et le serpentin adaptés , la distillation est conduite comme dans le procédé ordinaire. La vapeur de l'eau contenue dans la cucurbite se rend dans le bain-maric, traverse les plantes en s'emparant de leurs principes aromatiques , et vient ensuite se condenser dans le serpentin. Le

bain-uiarie étant entouré d'eau , à la température de l'ébullition, la vapeur qu'il reçoit ne peut s'y condenser. Une portion le serait-elle ? Les matières tenues en dissolution dans l'eau condensée , ne peuvent être décomposées, puisqu'elles ne reçoivent pas l'action directe de la chaleur , et que la température à laquelle elles sont soumises, ne dépasse pas 100°. JL'eau de la cucurbite peut être renouvelée a l'aide d'une autre ouverture pratiquée à ce vase. La distillation doit cesser lorsque l'eau distillée n'est plus aromatique.

Les plantes dont la texture est dure et qui ont besoin d'une macération préalable , celles qui exigent le contact de l'eau pour le développement de leur huile essentielle ou de leur principe aromatique ( crucifères , # amandes ainères, feuilles de laurier-cerise , de pécher ) , donnent des produits moins suaves et moins aromatiques par ce procédé, que par le procédé ordinaire.

Les eaux distillées des plantes non aromatiques se préparent a feu nu et par cohobation , c' est-a-dire que le produit est redistillé deux ou trois fois sur de nouvelles plantes. Comme l'action prolongée de la chaleur altère, dénature les matières organiques, M. Guibourt conseille de préparer ces hydrolats par une seule distillation, et d'ajouter moins d'eau , ou de retirer moins de produit que pour les eaux distillées aromatiques. Les plantes charnues, après avoir été écrasées, •^ont distillées sans addition d'eau. Ainsi :

Eaux distillées de buglosse , bourrache, chardon bénit, chicorée, petite centaurée , véronique, pariétaire, etc. \ livre de ces plantes; 3 livres d'eau; retirez i livre de produit.

Les eaux distillées de laitue, de pourpier, s'obtiennent avec les feuilles de ces plantes mondées et écrasées. \ 0 livres; on retire 5 livres a" Injdrolat.

Parmi les hydrolats composés , il n'y a d'usité que celui de labiées composé,

( sages. Administration, Les eaux distillées sont exci-

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tantes, antispasmodiques; elles se donnent a l'intérieur, par cuillerées , par petits verres , édulcorées avec du sucre, un sirop. Elles servent de véhicule aux potions, juleps, etc. Les eaux distillées d'anis , de menthe poivrée, de fleurs d'oranger, de cannelle, plus actives, ne doivent entrer dans les potions qu'à la dose de 2 gros a 1 ?2 once. Elles servent fréquemment a aromatiser d'autres préparations pharmaceutiques ( tisanes, émulsions , loochs, etc. ). A l'extérieur, les eaux distillées de roses , de fenouil , s'emploient fréquemment comme excipient des collyres liquides , injections , etc.

Conservation. Les eaux distillées s'altèrent très-promptement, surtout a la lumière* Elles perdent leur odeur, laissent déposer une matière glaireuse , deviennent acides et se putréfient. Cette altération est plus prompte pour les hydrolats de plantes inodores , surtout lorsqu'ils ont été préparés par cohobation ; aussi M. Chereau propose d'ajouter 1/2 partie d'alcool avant la distillation , pour 5 parties de produit a obtenir, afin que les eaux distillées soient moins altérables. Les hydrolats doivent être renouvelés et filtrés de temps en temps. Conservés dans des estagnons de cuivre, les eaux distillées pourraient dissoudre ce métal, par l'acide acétique, résultât de leur décomposition ; c'est ce qui arrive quelquefois pour les eaux de fleurs d'oranger du commerce. Les hydrolats se conservent dans des vases opaques ou à l'ahri de la lumière ; les bouteilles sont fermées avec des bouchons de liège, ou avec du parchemin.

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