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HUILES ESSENTIELLES OU VOLATILES

Les huiles essentielles sont liquides ou solides, incolores eu colorées, d'une odeur forte, aromatique; d'une saveur chaude, piquante; très-inflammables ; volatiles a 100 degrés par l'intermède de la vapeur d'eau. Elles n'entrent pas . en ébullition avant la température de 130 à 170°; très-

solubles dans l'alcool , l'éther, les huiles fixes ; asseï solubles dans l'eau pour communiquer leur odeur a ce liquide. Les unes sont plus pesantes que l'eau (celles de cannelle, gérofle , sassafras, etc. ) ; les autres plus légères ( celles des labiées, ombellifères, etc.).

Les huiles essentielles s'épaississent et se résinifient a l'air. Elles sont carbonisées par l'acide sulfurique, et trans- , formées en résine et en acide oxalique par l'acide nitrique. L'essence de térébenthine et l'huilé essentielle de citron forment du camphre artificiel avec l'acide hydrochlorique.

Les huiles essentielles sont oomposées d'un produit liquide ( éléoptène ) , et d'un produit sojjàe ( stéaroptène ) , variables en quantité, ce qui explique leurs divers états d'agrégation. Les huiles essentielles de térébenthine, de cédra , de citron, de bergainotte, de genièvre, de sabine, de poivre noir, etc., ont le carbone et l'hydrogène pouf éléments ; celles de lavande, de menthe poivrée, de romarin, de cannelle et de camphre , contiennent de plus de l'oxigène ; enfin celles de raifort , de moutarde , de laurier-cerise , d'amandes amères, contiennent en outre de ces trois éléments , de l'azote et du soufre. , . Y

Les huiles essentielles siègent dans les diverses parties des plantes; elles y sont toutes formées , ou se développent par • le contact de l'eau avec ces organes ( celles des crucifères, d'amandes amères, de laurier-cerise ).

Préparation. Les plantes préalablement divisées sont placées dans la cucurbite d'un alambic ordinaire avec une S. Q. d'eau , pour les mouiller complètement. Après une macération plus ou moins prolongée, on procède a la distillation. Si l'huile essentielle a obtenir est plus pesante que l'eau , on ajoute le 1/10 de son poids de sel commun à ce liquide, afin de retarder son point d'ébullition. Le produit de la distillation est reçu dans un récipient de forme particulière appelé récipient florentin , espèce de carafe munie d'un tube

en S , dont la partie inférieure s'ouvre à l'intérieur du vase à un ou 2 pouces du fond; l'extrémité supérieure, qui s'élève a la hauteur de la base du col, s'ouvre a l'extérieur, après s'être recourbée.

L'eau distillée s'écoulant continuellement par le bec , ce récipient ne s'emplit jamais , tandis que l'huile essentielle non dissoute par l'eau , surnage ce liquide , si elle est plus légère, ou se dépose au fond de la carafe , si elle est plus pesante. L'huile ensuite est séparée de l'eau, en versant le produit de la distillation dans un entonnoir dont le bout inférieur est fermé avec le doigt. Par la reposition , ces deux corps se séparent , en raison de letir densité différente. En lâchant le doigt , on laisse écouler l'eau seulement , si l'huile est plus légère que ce liquide; ou l'huile essentielle, si celleci est plus pesante.

L'eau distillée, déjà saturée d'huile essentielle, peut servir à une nouvelle distillation , la quantité de produit n'en est que plus considérable. Les plantes fraîches donnent en . général plus d'huile essentielle que les plantes desséchées. Dans la préparation des huiles essentielles concrètes ( celles de roses, de fénouil, etc.) , il faut tenir l'eau qui entoure le serpentin , un peu au-dessus de la température ordinaire.

Les huiles essentielles de moutarde , d'amandes amères , se retirent de ces graines , préalablement divisées , et privées de leurs huiles fixes par expression. Ces huiles essentielles ne préexistent , pas elles se forment par le contact de ces substances avec l'eau. L'huile volatile d'amandes amères est privée de l'acide hydrocyanique qu'elle contient, par lçjavage avec un soluté d'hydrate de potasse et de chlorure déier, et par une nouvelle distillation.

Les huiles essentielles d'oranges, de citron, de limette, peuvent s'obtenir par l'expression du zeste de ces fruits. Ainsi préparées , elles sont plus suaves, mais moins pures qu'obtenues par distillation.

Les huiles essentielles peuvent être sophistiquées i° avec de Yatcool. En les agitant dans un tube avec de l'eau , la quantité d'huile devient moindre par le mélange de l'eau et de l'alcool. 2° avec une huile fixe. Un papier qui en est imbibé , chauffé légèrement , reste taché. Il n'en est pas ainsi si l'huile essentielle est pure. 3° Avec une huile essentielle de moindre valeur ( celles de térébenthine, de lavande, etc. )* La fraude n'est pa* facile à reconnaître; cependant l'odeur de ces dernières étant plus tenace, un papier imbibé d'huile et exposé à l'air pendant quelque temps, resterait imprégné plus longtemps de leur odeur.

Rectification. Les huiles essentielles sophistiquées par une huile file , ou altérées au contact de l'air, se purifient par la distillation, dans une cornue et au bain de sable, mêlées avec parties égales d'eau.

Usages. Administration. Les huiles essentielles le plus fréquemment usitées sont celles des laurinêes , labiées , ombellij?res 9 rutacecs , conifères, rosacées, etc. Elles sont excitantes ou antispasmodiques et douées en général d'une très-grande ' • activité. Elles se donnent par gouttes sur du sucre , dans une potion , Une masse pilulaire, pastilles, etc.; elles servent a édulcorer plusieurs préparations pharmaceutiques, et forment la base des alcoolats et des hydrolats ; elles se conservent dans des vases bien fermés et à l'abri de la lumière.

ALCOOLATS.

^ ( Préparations ayant l'alcool pour excipient. )

Médicaments liquides incolores composés d'alcool, chargé au moyen de la distillation ; des principes aromatiques des corps. Quelques alcoolats étaient désignés autrefois sous les noms d'essences, gouttes, esprits , baumes, eaux, etc.

Préparation. Les alcoolats se préparent avec des plantes

fraîches on desséchées, préalablement divisées. Lçs fruits charnus et ceux dans lesquels l'huile essentielle réside dans le péricarpe (ombellifères), employés entiers, donnent des alcoolats plus aromatiques. Les degrés de concentration de l'alcool à employer varient de 22° à 36°. La distillation se fait au bain-marie. Il faut soumettre les plantes a une macération préalable, afin qu'elles soient bien pénétrées pa r % l'alcool avant la distillation. Quelquefois on ajoute de lhydrolat de la plante qui doit fournir l'alcoolat, ou de l'eau ordinaire. Cette addition est inutile avec les plantes fraîches et contenant beaucoup d'eau de végétation, ou lorsque l'alcool est faible. Les proportions à employer des plantes et d'alcool, et la quantité du produit a obtenir, sont variables. Voici pour les alcoolats les plus fréquemment usités , celles que l'expérience a fixées.

Alcoolat» de feuilles et sommités fraîches, d'absinthe, d'hysope, lavande, marjolaine, mélisse, origan, menthe , sauge, romarin, thym ou autres labiées, \ livre de ces plantes ; i livre de leur lujdrolat ; 3 livres d'alcool à 32° : retirez 3 livres d'alcoolat après quatre jours de macération.

Alcoolats d'anis, ou autres fruits des ombellifères secs, i livre de ces corps ; 8 livres d'alcool à 22°; retirez 6 livres d'alcoolat après deux jours de macération.

Alcoolats de cannelle, gérofles, muscades, macis, sassafras, calamus aromaticus , de racines d'angélique. \ livre de ces corps grossièrement pulvérises ; 8 livres alcool à 32°; retirez tout l'alcool après quelques jours de macération.

Alcoolats de zestes de citrons, d'écorces d'oranges, de

fleurs d'oranger. i livre de ces corps frais; 6 livres d'alcool à 32* : retirez tout le produit après quatre jours de macéra* tion. -TiPpi* •

Alcoolats de feuilles de cochléaria , de fleurs de cresson de Para. A livres de ces corps frais et écrasés ; 4- livres d'alcool à 32° : retirez 4 livres d'alcoolat marquant 50°.

Alcoolat de genièvre. Fruits récents de genévrier écrasés , i livre y alcool a 32°, 2 livres ; distillez tout l'alcool aptes 24 heures de macération. Alcoolat de pyrèthre : racines de pyrèthre nouvelles, grossièrement pulvérisées , i livre ; alcool à 22», 4. n vm : distillez la totalité après quatre jours de macération.

Alcoolats de fraises , de framboises. 6 livres d# ces fruits ê récents et épluchés ; 2 [livres alcool a 25° : distiilèz 2 livre* . d'alcoolat après 24 heures de macération.

Les alcoolats des plantes contenant des principes aromatiques très-fugaces (jasmin, tubéreuse, lis), s'obtiennent en stratifiant ces fleurs avec des morceaux de drap imbibés d'huile d'olive ou de béhen , et en renouvelant les fleurs jusqu'à ce que l'huile soit assez aroifiatigue. On lave ces étoffes avec de l'alcool, qui dissout l'arôme , et on le disûlle ensuite.

Les alcoolats composés les plus usités sont l'eau de Cologne, ieWume de Fioraventi, l'eau de mélisse des Carmes, l'eau vulnéraire spiritueuse (alcoolat de labiées composé), l'alcoolat cochléaria et de cresson composé, l'alcoolat de cochléaria et de raifort (esprit de cochléaria), l'élixir américain de Courcelles, l'esprit aromatique de Sylvius, l'alcoolat thériacal, l'élixir de Garus, etc.

Usages, administration. Les alcoolats sont essentiellement excitants, et diffusibles non-seulement par le véhicule, mais encore par les principes qu'il tient en dissolution ; ils ne * possèdent pas les autres propriétés des corps comme les teintures ou alcoolés, qui renferment a la fois des principes fixes et volatils. Les alcoolats se donnent a l'intérieur par gouttes sur du sucre, ou a la dose de 1/2 gros a 2 gros dans un véhicule approprié. Us peuvent servir a aromatiser quelques préparations pharmaceutiques. A l'extérieur il s'emploient en liniments, fumigations, collyres. Ils entrent dans la com-

position des gargarismes, collutoires, injections, etc. Us se conservent, comme les tentures, dans des flacons bouckés à

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