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DES PILULES BT DES BOLS

Préparations officinales ou magistrales, de forme sphériqiie, du poids de 1(4 de grain a 42 grains, décomposition variable et de consistance de pâte assez ferme pour se déprimer par la pression des doitgs, sans cependant y adhérer.

Les bols diffèrent des pilules par leur poids plus considérable; il varie de 12 a 24- grains.

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Les pilules se préparent avec des substances de nature et de consistance variables, des poudres minérales, végétales ou animales, des extraits aqueux ou alcooliques, des résines, gommes-résines, oléo-résines, des sels, des huiles essentielles, des matières grasses, le savon, des conserves, etc.

Les corps qui offrent la consistance pilulaire (extraits aqueux), peuvent être divisés immédiatement en pilules. Les substances sèches pulvérulentes ou celles qui sont trop molles ont besoin d'être mêlées a- d'autres corps pour les amener à consistance pilulaire, £ii'on désigne sous le nom d'excipients. On emploie des excipients liquides ou mous ( le sirop, le miel, les extraits, mucilages, savons, conserves, alcool, manne, la mie de pain) pour les premières ; et des excipients secs ou pulvérulents (poudres de guimauve, de réglisse, d'amidon, la magnésie) pour les secondes.

Le choix de l'excipient doit être déterminé par la nature des corps qui font partie des pilules, par l'effet qu'on désire obtenir, et seloriqu'elles doivent être conservées plus ou moins longtemps. Les substances résineuses ou dénature grasse, huileuse, les oléo-résines, sont incompatibles avec les matières de nature opposée.

Parmi les excipients liquides, le sirop, le miel, les mucilages, les extraits peu actifs, sont les plus fréquemment usités. Ils conviennent dans la plupart des cas. Le sirop seul ne donne pas assez de cohésion aux substances pulvérulentes, a moins qu elles ne contiennent beaucoup do mucilage (les raalvacées). On ne se sert de cet excipient que lorsque les poudres sont associées à des extraits, ou autres substances qui peuvent donnerune cohésion assez grande (gommes, gommesrésines, etc. Les mucilages de gomme adragante ou arabique) conviennent dans la plupart des cas. D'abord ils sont inertes et donnent la cohésion nécessaire ; cependant, lorsque les pilules doivent être conservées (pilules officinales), elles se dessèchent, se délaient difficilement dans les sucs gastriques

et peuvent devenir cause d'irritation, surtout si elles se composent de substances acres, irritantes. Le miel, les extraits aqueux, le savon, sont de très-bons excipients $ les pilules conservent . assez longtemps leur mollesse , se délaient facilement. Le premier a en outre l'avantage d'être inerte. Lorsque les extraits, le savon, servent d'excipient aux matières pulvérulentes, il faut ajouter S. Q. de sirop pour donner la consistance pilulaire.

Les conserves , les électuaires , la mie de pain, la manne , quoique moins fréquemment usités , peuvent aussi servir d'excipient. L'alcool a 22° convient pour les matières gommo-résineuses y extracto-résineuses (aloès, etc.). Les huiles essentielles pour les résines.

Parmi les excipients secs, les poudres de guimauve, de gomme, de réglisse, d'amidon, sont les plus souvent em- . ployées, elles ont en outre l'avantage de diminuer Tacreté . des substances irritantes. Les deux premières pourront même donner la consistance pilulaire avec S. Q. de sirop aux substances pulvérulentes. L'amidon donne une bonne cohésion aux matières grasses ( beurre de cacao, de muscade, etc. ). La magnésie carbonalée convient pour les matières oléo-résineuses (baume de copahu) ; on met P. Kg. de chaque substance. Le savon pour l'onguent mercuriel. Le jaune d œuf 'lie très-bien les résines, les oléo-résines avec les poudres végétales. La mie de pain, le savon, peuvent servir d'excipient aux huiles essentielles ou aux huiles fixes , qui se donnent par gouttes (celles d'épurge et de croton tiglium ).

Pour les excipients inertes , la quantité n'est point fixée, on la laisse à la volonté du pharmacien par cette abréviation, S. Q. Il n'en est pas ainsi pour ceux qui jouissent d'une certaine activité, ou bien encore lorsqu'on veut avoir des pilules d'un poids déterminé.

Les pilules se préparent dans des. mortiers , dont la nature est appropriée à celle des corps médicamenteux , de

verre, de porcelaine, pour les substances acides corresives. Pour de*petites quantités , on pourrait faire le mélange sur des tables de marbre, de porphyre, avec un couteau , etc.

Les poudres sont préalablement mêlées entre elles , et incorporées ensuite dans l'excipient ; \e savon, les extraits, sont délayés dans un excipient liquide , ou ramollis à l'aide du pilon préalablement chauffé ; les huiles essentielles sont incorporées à l'état d'éléo-saccbarolés. Dans tous ces cas, le mélange étant exact, on le bat jusqu'à ce qu'on obtienne une pâte assez consistante pour être roulée en pilules entre les doigts, sans se fendiller.

La masse pilulaire est roulée en cylindres qui sont divisés en petites parties , a l'aide d'un pilulier ou d'une petite scie de métal ou de bois , à dents également espacées. Ces parties sont ensuite roulées en pilules entre les doigt. Afin que les pilules n'adhèrent point entre elles , on les roule et on les conserve dans de la poudre d'amidon , d'iris, de réglisse, de guimauve ou de lycopode y cette dernière est préférable : n'étaut pas mouillée par l'eau, elle empêche les pi* Iules de se réunir et de sécher trop proraptement. Lorsque les pilules ont une odeur ou une saveur désagréables, on peut les dorer ou les argenter en lesagitaut lorsqu'elles viennent d'être roulées, et encore humides, dans une boîte a savonnette, avec ces métaux réduits en feuilles. Il ne faut point dorer ou argenter les pilules qui se composent de sulfures ou des sels métalliques qui pourraient réagir sur ces métaux. Il serait mieux peut-être de les administrer dans du pain a chanter, des capsules de gélatine, une cerise ou un pruneau cuits. L'or et l'argent étant des métaux peu attaquables , il peut se faire qu'on rende les pilules telles qu'on les a prises.

Prescription. Dans la prescription des pilules magistrales, il faut se <lejiKin<lcr combien ou veut en préparer , la quantité de substance active nui doit (nlrci «tans chenue pilule,

et trouver un excipient convenable. Citons quelques exempics :

Deutochlorure de mercure, 4 grains; extrait de saponaire, 1/2 gros; mêlez et divisez en 16 pilules. — Autre: Deutochlorure de mercure , 4 grains ; poudre de guimauve, 1/2 gros ; sirop simple , S. Q. pour 16 pilules. Autre : Huile de croton tiglium , 2 gouttes; savon médicinal, 12 grains; mêlez et divisez en 4 pilules. Autre : Sous-carbonate de fer, 20 grains : rhubarbe en poudre, 24- grains ; rhue en peudre , 16 grains; miel ou mucilage , S. Q. pour 8 pilules.

Les bols se préparent d'après les mêmes règles que les pilules, et se prescrivent de même. Exemple» : Oléo-résine de copahu , magnésie carbonatée , de chaque 2 gros ; mêlez et divisez en bols de 12 grains ou en 24 bols. Autre : Poivre cubèbe en poudre , 2 gros ; oléorésine de copahu , 1 gros ; jaune d'oeuf, S. Q. ; pour 15 bols.

Les pilules officinales se conservent en masse ou divisées en pilules : il faut indiquer le nom et la quantité de masse, et en combien de pilules il faut la diviser , ou bien encore le nombre et le poids des pilules. Ainsi : Pilules mercurielles, 1 gros; divisez en pilules de 6 grains; ou encore: 1 2 pilules mercurîelles de 6 grains chaque.

Parmi les pilules officinales , nous citerons : les pilules toniques de Baccher , les pilules bénites de Fui 1er , les pilules hydragogues de Bontius, les pilules écossaises ou d'Ànderson , les pilules angéliques, les pilules de Rufus, les pilules aloétiques savonneuses, les diverses pilules astringentes, les pilules asiatiques ou arsénfcales, les pilules balsamiques de Morton , les pilules de cynoglosse, les pilules de Méglin , les diverses pilules mercurielles , etc.

Usages. Administration. Sous cette forme les médicaments agissent plus lentement que soiis forme liquide ; c est celle qu'on adopte ordinairement pour les traitements longs, pour lt\* personnes qui voyagent, pour celles qui ne supportent

pas facilement les boissons aqueuses, ou sujettes aux phlegmoragies ; cependant il est des personnes qui avalent difficilement les pilules : il faut alors les donner dans une cerise , un pruneau cuits, ou dans la première cuillerée de soupe. Les pilules se donnent le matin ou le soir , dans le courant de la journée, ou avant les repas, selon l'effet qu'on veut obtenir et l'indication à remplir. Le nombre et la dose ne Peuvent être indiqués dune manière générale; on est dirigé par le degré d'activité des substances qui en forment la base. Les pilules officinales se conservent dans des pots de faïence, et les pilules magistrales dans de petites boîtes en carton , et dans de la poudre de réglisse ou de lycopode.

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