OFFICINALES
B* uxteiwës.
Ces préparations sont liquides, ou de consistance de pâte molle, ou de pâte ferme; elles ont pour excipient des corps gras ou des résines : les huiles médicinales ou éléolés, une huile fixe ; les cérats ou éléocérolés, l'huile et la cire ; les pommades ou tiparoUs, la graisse; les onguents ou rétinolés, la graisse et une résine; Us emplâtres, un stéarate de plomb; fc» tavons, un stéaraté de soude.
Ces médicaments se préparent, i» par liquéfaction à une douce chaleur, lorsqu'ils se composent de madères grasses ou résineuses ; 2° par mixtion ou par incorporation à froid ou a chaud, lorsqu'ils ont pour base des poudres, des extraits ou des hquides; 3° par solution avec des corps complètement solubtedans les excipients ; 4° par macération , par a.gestion, ou par décoction, avec les corps incomplètement
solubles. Lorsqu'on procède par décoction, si les plantes ne sont pas à l'état frais, il faut ajouter de l'eau, afin que la température ne dépasse pas i 00° cent. , autrement les corps gras seraient altérés ; 5° enfin , par combinaison a froid ou a chaud avec des oxides métalliques ou l'ammoniaque.
Nous parlerons, comme appendice a ces préparations, des toiles médicinales , des écussons, des suppositoires, des pois à cautère , des trochisques , des errhii\es , des sachets, des éponges préparées, des moxas, des clous fumants, des bougies, des sondes , des pessaires. Avant de commencer l'historique des préparations officinales externes, rappelons en peu de mots les caractères généraux des corps gras résineux ou oléo-résineux qui leur servent d'excipient.
Huiles fixes. Liquides ou de consistance butireuse, plus légères que l'eau , insolubles dans ce liquide et dans l'alcool , soTubles dans l'éther; non volatiles, formant une tache indélébile sur le papier; elles n'entrent en ébullition qu'a 500°; se décomposent par la chaleur et donnent des produits variables, des acides, etc., et beaucoup de gaz hydrogène deutocarboné. Elles rancissent à l'air. Les unes s'y dessèchent : celles de lin , d* œillette ou de pavot , de noix , de chènevis (huiles siccatives); les autres s'épaississent seulement , celles d'olives, d'amandes douces, de noisette, etc. (non siccatives). Les huiles sont composées d'un produit liquide transparent, soluble dans l'alcool (oléine), et d'un autre, solide, blanc, cassant, cireux, liquéfiable de 40 a 49° cent, (stéarine), et insoluble dans l'alcool a froid.
Les oxides métallique (potassse, soude, chaux , protoxide de plomb ( lithargt) et l'ammoniaque) transforment les principes immédiats des huiles en* acides oléique, margarique, qui , se combinant avec les oxides, forment de véritables sels ( oléates, margarates, etc. ), mous ou solides (emplâtres, savons, etc.).
Les acides font subir aux huiles la même transformation ,
( 2oO )
en outre ils les décomposent. 3 parties d'acide hyponi trique mêlé avec 9 parties d'acide nitrique, et agités avec iOO parties d'huile d'olives, la solidifient eu moins de 5/4 d'heure. La surface est unie. Si elle contient i ;000 d'huile d'œiilette, ta congélation est retardée de 40 minutes, la surface offre la configuration de choufleur. C'est un bon moyen de reconnaître si l'huile d'olives est sophistiquée. #
Les huiles fixes résidént dans les fruits et en général dans l'amande;' elles s'obtiennent en soumettant à -la presse les organes qui les renferment, préalablement broyés et i enfermés dans des sacs de toile. Elles se clarifient par reposition et filtration. Pour obtenir les huiles butireuses (beurre de cacao, de muscade, l'huile de laurier) , il faut mêler les organes broyés avec de l'eau chaude , et exprimer entre des plaques chauffées. L'eau et l'huile passent a travers le tissu, et se séparent ensuite par reposition j le cacao doit être^fbrréfié. Ces huiles sont filtrées dans un entonnoir a double fond.
Les huiles des euphorbiacées, qui diffèrent des huiles fixes par leur composition et par leur solubilité dans l'alcool, peuvent s'obtenir par expression ou en faisant digérer au bainmarie les graines divisées et privées de leur test , avec parties égales d'alcool ou d'éther; exprimez ensuite, distillez pour retirer l'alcool ou l'éther, filtrez à l'étuve ou dans un entonnoir à double fond. Les huiles fixes le plus fréquemment usitées sont celles d'olives, d'amandes douces, d'oeillette, de lin, celles des euphorbiacées, le beurre de cacao, etc.
Des graisses. Molles ou solides, composées de stéarine et d'oléine, elles possèdent les mêmes caractères chimiques que les huiles. Il en est de plusieurs espèces : la graisse de porc ou axonge; blanche, molle, grenue, inodore, d'une saveur fade, fusibfe à 27°: elle se retire du tissu adipeux qui en- U>ure les reins; coupe en morceaux et lave a grande eau , on le fait liquéfier avec un peu d'eau; lorsque la graisse est transparente, et qu'elle ne pétille pas sur les charbons, courez
dans des pots, et agitez jusqu'à ce qu'elle commence a se figer. 2° Le suif , graisse tkf ruminants (celle de mouton est préférée); solide, cassante, fusible à 57 ou 59°. La moelle des os (celle de boeuf) ; blanche, légèrement bleuâtre, de consistance variable. Le beurre ; blanc ou jaune, fusible a 36°, contient les principe* des huiles, de l'acide butirique, etc. La cire; solide, jaune ou blancbe, ductile, grenue, fusible à 61°, composée de eérine, produit soluble dans l'alcool et rétber bouillants, non a froid, saponihable et fusible a 50 ou 60°, et de myricine insoluble dans l'alcool et l'éther, non suponifiable et fusible a 40°. La cire jaune s'obtient en faisant bouillir dans l'eau les rayons des abeilles privés de miel. La cire se liquéfie, surnage ce liquide, et se concrète par le refroidissement ; on la blanchit en l'exposant a la rosée ou à l'eau chlorée, après l'avoir divisée en rubans en la faisant tomber liquide sur une meule qui se meut dans l'eau, h', blanc de baleine, cétine; solide, cristallin, laraelleux , d'un blanc nacré, semi- transparent , fusible à 44°, s'obtient de l'huile renfermée dans les sinus frontaux du cachalot (cétacé).
Résines, Oléo-résines. Les plus employées sont la térébenthine ; suc oléo-résineux de consistance mielleuse, transparent ou opaque, d'une odeur et d'une saveur désagréables, soluble dans l'alcool, les huiles, insoluble dans l'eau, composée de résine et d'huile essentielle ; il en est oie plusieurs sortes ; elles s'obtiennent par incision du mélèze, celle de Venise; des sapins, celle de Strasbourg; des pins, celle de Bordeaux. La colophane , brai sée, résidu xle la distillation de la térébenthine; en masses semi-transparentes, solides, sèches, cassantes, friables, rougeatres. L'essence de térébenthine f . produit de la distillation de la même substance; liquide, limpide, à odeur forte, térébenthacée possédant les caractères des huiles essentielles. Le galîpot, térébenthine desséchée sur les arbres ; solide, en masses jaunâtres , opaques f peu cohéreiUes. La poix de Bourgogne, galipot fondu et filtré a travers un lit de
paille, plus ferme , plus colorée , se ramollissant facilement dans l'eau tiède. Lapoix-rêsife, galipot fondu et brassé. dans Feau ; solide, en masses ternes, opaques, friables. La poix noire, masses noires, cohérentes et luisantes, s'obtient en évaporant le produit de la combustion des éclats des arbres qui ont fourni la térébenthine. Le goudron, produit de la combustion des pins, des sapins; liquide, brun-noir, a odeur empyreumatique. Ces diverses substances sont composées de résine et d'une plus ou moins grande quantité d'huile essentielle.
HUILES MÉDICINALES. ÉLÉOLÉS.
Préparations liquides composées d'huile fixe tenant en dissolution des principes médicamenteux.
L'huile d'olive doit être préférée comme excipient des oléolés officinaux ; elle rancit moins promptement que celle d'amandes , et n'est point sicoaûve comme celle d'ccilJette.
Les huiles médicinales se préparent, i 0 par solution, 2° par macération, 5° par digestion, 4° par décoction, 5° par combinaison.
i ° Par solution.
Avec les substances complètement solubles dans l'huile (les résines, le phosphore, le camphre, les huiles essentielles, le savon, etc.). La solution se fait à froid ou a chaud, au mortier ou dans la fiole qui doit renfermer Toleole, exemples : huile camphrée ; camphre, i gros: huile d'olive, 1 once; dissolvez au mortier. Autre : Essence de térébenthine, 2 gros; huile d'olive, 4 once; mêlez.
2* Par macération.
Ce procédé s'applique aux corps qui contiennent des produits volatils très-fugaces ; mettez-les macérer avec parti**
égales d'huile dans un mat ras ou un vase de terre, qu'on expose au soleil pendant deux jours ; passez, faites deux autres macérations avec de nouvelles fleurs ; réunissez les liqueurs; laissez reposer et filtrez; se préparent ainsi : les oléolés de pé* taies de lis, de jasmin , de roses pâles, etc. * i
3° Par digestion.
Ce mode d'extraction convient pour les plantes fraîches ou desséchées, contenant des huiles volatiles et des matières résineuses. Faites digérer pendant cinq à six heures à la chaleur du bain -marie, 2 onces de plantes desséchées et divisées, dans A livre d'huile d'olives; agitez de temps en temps, passez avec expression; laissez reposer, filtrez. Ainsi s'obtienne /i* oléolés d'absinthe, de fleurs de camomille, de rhue, de sureau, de mélilot, d'hypericum ou autres plantes aromatiques.
Éléolè de roses (huile rosat ). Pétales de roses pâles, i livre; huile d'olive, 4 livres; les roses étant pilées dans un mortier de marbre, faites digérer a l'étuve pendant quatre jours, passez, opérez une seconde, une troisième digestion avec de nouvelles fleurs, ajoutez a la dernière i once de racines d'orcanette , afin de colorer l'éléolé en rose, passez, laissez reposer, séparez l'eau et filtrez.
Eléolé de cantkarides. Cantharides pulvérisées, 2 onces; huile d'olives, 1 livre ; chauffez au bain-marie dans un pot de faïence pendant cinq a six heures, agitez de temps en temps, passez, exprimez fortement et filtrez.
4° Par décoction ou coctiou.
Ce procédé est usité pour les corps ne contenant pas de produits volatils ; les plantes fraîches étant préalablement pilées dans un mortier', faites-les bouillir avec parties égaie» d'huile d'olives, jusqu'à ce qu'elles deviennent sèches, cassantes; l'huile projetée sur les charbons ardents ne doit plus pé-
tiller; laissez ensuite digérer quelques heures, passez, exprimez et filtrez. Préparez ainsi les èlèoles de feuilles de belladone, de tabac, dejusquiame, de ciguë, de sir amoine, de more tte, demendragore, etc. ; si ces plantes étaient desséchées, il faudrait les ramollir préalablement avec S. Q. d'eau tiède. L'eau de végétation ou l'eau ajoutées servant de bain-marîe empêchent que la température ne dépasse 100°, et par conséquent l'huile de se décomposer.
Êléolé de garou. Écorces de garai hachées, i livre; huile d'olives, â livres; eau, 2 livres; pilez le garou avec la moitié d'eau, mêlés a l'huile* au restant d'eau, et faites bouiUir ea agitant de temps en temps jusqu'à ce que l'eau soit évaporée; passez, exprimez fortement et filtrez.
5° Par combinaison.
Leséléolésqui se préparent ainsi, se composent d'huile et d'une substance alcaline ou d'un sous-sel, qui, par leur action réciproque , forment une sorte de savonnule de consistance mielleuse; la combinaison s'opère a froid en agitant les substances dans un vase.
Linhnent volatil (éléoté ammoniacal). Ammoniaque, 1 gros ; huile d'olives, i once ; mêlez dans une fiole et fermez exactement. Préparez de même le Uniment olèo-calcaxre, ainsi que Yétéolê de sous-acétate de plomb avec parties égales d'huile et d'eau de chaux ou d'extrait de saturne ( sous-acétate de plomb liquide ).
Les éléolés composés se préparent d'après les mêmes règles. Nous citerons , parmi ceux qui sont encore conservés , le baume tranquille (éléolé de solanées et de labiées composé), qui s'obtient par décoction et par digestion , la pommade mercufiétle de Jadelot , le Uniment savonneux opiacé , Célèoli savonftetfx sulfuré de Jadelot, qui se préparent par combinaison.
Prescription. Les éléolés simples ou composés dont la formule est consacrée , se prescrivent comme les préparations officinales. L'huile d'olives ou d amandes douces pures ou médicinales, peuvent servir d'excipients a des vins, teintures, alcoolats, extraits, etc. Comme ces substances ne sont point miscibles a l'huile, il faut, avant chaque administration, recommander de bien agiter la fiole. Les extraits aqueux sont dissous préalablement dans S. Q. d'eau, etmêlés ensuite a l'huilé. Ainsi : Extrait d'opium, 4 grains ; dissolvez dans une S. Q. d'eau, et mêlez a* once d'huile d'olives. Les liquides sont mêlés directement. Ainsi : Huile camphrée, i once ; laudanum de Sydenham, \ gros : mêlez.
Usages. Administration. Les éléolés, en outre de la propriété émolliente de leur excipient , possèdent celle des substances qui les composent. Ainsi les huiles de cantharides, de garou , sont irritantes ; les éléolés aromatiques jouissent des propriétés excitantes. Les éléolés de plantes narcotiques, de camphre, sont sédatifs, calmants. Dans les éléolés obtenus par
combinaison, on retrouve encore la propriété irritante de
l'ammoniaque, astringente du sous-acétate de plomb , de la chaux. Les huiles médicinales servent a l'usage externe; elles s'emploient en fomentations étendues sur des linges , ou en linimentsà la dose d'une cuillerée à café. Les huiles médicinales se conservent dans des bouteilles bien fermées.
CE RATS. OrôO-CÉHATS. ÉLÉO-CÉROLÉS.
Préparations de consistance graisseuse composées d'huile et de cîre, pouvant servir d'excipient a diverses substances médicamenteuses .
La cire blanche ou jaune , et l'huile d'amandes douces ou d'olives, forment l'excipient des cérats, et constituent à elles seules le cérat simple. Les éléo-cérolés se prépareut r
i° par liquéfaction ; 2° par incorporation ; 5° par combinaison. Lorsqu'on tient à la blancheur des cérats, il faut les préparer dans des mortiers de marbre , employer les corps gras bien purs et récents.
{• Par liquéfaction.
Avec les corps gras solubles dans l'huile (la cire, le blanc de baleine, le beurre de cacao, etc.), ces substances, préalablement divisées, étant liquéfiées dans l'huile à une chaleur modérée ( celle de 50° à 60°) , passez a travers uu linge dans un mortier , battez jusqu'à ce que le cçrat soit refroidi et parfaitement homogène.
Cérat simple ( cérat sans eau). Cire blanche coupée, A p. ; huile d'amandes douces , 5 p. ( en été) , 4- p. (en hiver) : liquéfiez a une douce chaleur, passez à travers un linge dans un mortier de marbre , agitez jusqu'à ce que la masse soit bien unie.
Cérat de Galien (cérat avec eau). Cire blanche coupée, K onces ; huile d'amandes douce, 16 onces; eau distillée de roses ou eau simple ,42 onces ; procédez, comme pour le cérat simple; incorporez ensuite l'eau et par portions dans le mortier. Dans les hôpitaux, on emploie ordinairement la cire jaune ; aussi le cérat offre-t-il cette couleur.
Cérat avec la cétine. Blanc de baleine, 6 gros; cire blanche, 2 gros; huile d'olives, 3 onces ; liquéfiez à une douce chaleur , et procédez comme pour le cérat simple. Préparez de même l'éléo-cératau beurre de cacao, avec parties égales de beurre de cacao récent et d'huile d'amandes douces. . Cérat à la rose, ou pour les lèvres. Cire blanche, 2 onces; huile d'amandes douces, 4- onces; écorce d'arcanette concassée, 2 gros. Faites digérer au bain-marie pendant 2 heures ; passez, décantez ; ajoutez : huile essentielle de roses, 12 gouttes; agitez jusqu'à ce que le cérat commence a se figer, et distribuez dans de petites boîtes. •
2" Pat* mixtion ou incorporation.
Le eérat simple , le cérat de Galieo , ou les autres éléocératés obtcuus par liquéfactiou , peuvent servir d'excipient à des poudres végétales , minérales on animales , à des extraits, à des liquides aqueux, vineux , alcooliques, etc. Les poudres s'incorporent directement au mortier ou au porphyre. Les extraits aqueux , dissous préalablement dans un peu d'eau, s'incorporent au mortier, ainsi que les autres liquides. D'ailleurs , comme ces cérats se préparent de même que les pommades par incorporation et avec les mêmes substances , et dans les mêmes proportions , voyez Pommades par incorporation. t
S* Par combinaison.
Éléocérolé ammoniacal ou cérat de liechoux. $. -carbonate d'ammoniaque, i gro^j cérat simple, i once: mêlez au mortier. Cérat saturnisê. S. -acétate de plomb liquide (extrait de sriturne), 1 gros; cérat simple , i once; mêlez.
Cérat de Goulard. Élcolc salumisé camphré. Cérat de Galion , 1 once ; spus-acétate de plomb liquide, 2 gros ; camphre pulvérisé , 4/2 gros : mêlez. Ce cérat s'emploie comme sédatif câlinant et astringent dans les brûlures.
Pommade pour Le loucher. Blanc dç baleine, 1 p.; cire jaune, 1 p.; huile d'olives, 16 p.; soude caustique liquide, i p.; incorporez la soude liquide dans les corps gras préalablement liquéfiés par la chaleur, agitez jusqu'à complet refroidissement. Cette pommade ne doit être employée que \ 5 jours après sa préparation , afin que toute la soude soit combinée. V
Prescription comme les pommades^ Voyez ci- après. Usages. Administration. Ce que nous avons dit pour le mode d'action des éléplés s'appliqueau cérat. Le cérat simple ou de Galien s'emploient comme, adoucissants pour pan-
scr 1rs plaies, étendus sur un linge ou Je la charpie ; pour éviter les frottements dans l'introduction des sondes dans le canal de l'urètre ou autres conduits. Le peu de consistance des céraîs permet de les employer en liniinents. Ils serrent fréquemment d'excipient aux substances destinées a l'usage externe. Lecérat decétine ou au beurre de cacao sont trèsadoucissants. Les cérats se conservent dans des pots. Ils rancissent promptement; aussi faut-il les renouveler souvent.
POMMADES. LIPAROLÉS.
Préparations de consistance molle composées de graisse f tenant en suspension ou en dissolution des principes médicamenteux. La graisse de porc ou axonge est celle qui est ordinairement employée.
Les pommades se préparent , 1° par mixtion ou incorporation ; 2° par macération ; 3° par digestion ; 4" par décoction y 5° par combinaison.
4« Par incorporation.
Lorsqu'elles se composent de poudres minérales , végétales ou animales, des extraits aqueux ou alcooliques , des liquides aqueux vineux , alcooliques, etc. Les poudres végétales ou animales s'incorporent dans un mortier : il est préférable de mêler les poudres minérales au porphyre. Les corps le plus fréquemment usités, et leurs proportions par once d'axonge , sont le soufre , à la- dose de 1 gros à i ;2 once; les poudres végétâtes, même dose ; fiodure de potassium , te den~ toxide de mercure, le protoehlorure de mercure, le turlnfh nitreux,le tnrbith minéral, fiodure de plomb, fiodure de soupe, liode, le dcutochlorure de mercure, à celles de 14- grains a t gros ; le proto et deùtoiodure de mercure , à celles de 8 à 2f) grains; fiodure de baryum, à celle de k> grains; fiodure d'arsenic* celle de 5 grains; Cémétique, a celte de*4 grains.
Les ppmmmles de Lyon, de Pesault* de Récent, la pommade soudée d'Helmerick, la pommade an iipsorique, etc., $e préparent aussi par incorporation .
extraits aqueux sont dissous préalablement dans une petite quantité d'eau , et incorpore* eosuite au mortier dans l'axonge. La dose est de A a 12 grains pour les extraits des substances narcotiques, et de i à 2 gros pour les extraits des autres plantes. Ainsi: Extrait de belladone, 6 grains ; dissolvez dans S. Q. d'eau, mêlés à 1/2 once d'axonge. Us liquides aqueux ou de toute attire nature s'incorporent au mortier. Les proportions sont de 1/2 gros à 2 gros par once d'axonge. i4iY»«f : ^xonge, i once; teinture de quinquina, 2 gros: mêlez.
Onguent mercuriel. Onguent napolitain. Liparolé de mercure à parties égales. Mercure pur, 4 Jiy.; graisse de porc récente, 1 liv. ; pommade mercurielle d'une préparation précédent , 2 a 5 oncea. Triturez pendant 1/4 d'heure le mercure et la pommade mercurielle dans un mortier de marbre ; ajoutez i à 2 onces d'axonge, et agitez jusqu'à ce qu'un morceau de papier sans colle, graissé avec ce mélange , ne laisse plus voir de globules de mercure , soit a l'œil nu , soit à la loupe; incorporez ensuite le restant de la gjaisse.
Ce procédé est préférable a ceux qui ont été proposés; la préparation en est plus prompte, puisqu'elle peut être ter^ ' minée en une heure, et l'onguent mercuriel plus coloré. Le mercure est seulement divisé. On peut le séparer en traitant la pommade par l etber. La graisse rance pourrait servir à défaut d'onguent mercuriel. >
Pommade mercurielle au beurre de cacao. Beurre de cacao, 4 gros; huile d'amandes douces , 1 gros. Liquéfiez, versez dans un mortier de marbre échauffé; incorporez peu à peu H gros de mercure. Lorsque la pommade est solidifiée, approchez le pilon de quelques charbons allumés pour ramollir celle qui y adhère, triturez de nouveau. Cette dernière
( 5f GO )
manipulation est répétée chaque fois que là graisse se soifdifie. Cette pommade .peut être préparée dans l'espace d'une heure.
Onguent gris. ïtparotè de mercure <M 8 e . Onguent raercuriel double, K onces; graisse récente, f2 onces; mêlez. Cette pommade rancît promptement; on ne devrait la préparer qu'à mesure du besoin. 1511e est usitée pour tûer la vermine.
Pommade phosphorée. Liparoté de phosphore. Éther phosphore, \ gros; axonge, i once; mêlez dans un mortier. L' éther se dégage et cède le phosphore a la graisse.
Pommade èpispastique , forte ou verte. Liparolc avec la poudre de cantharides. Cantharides en poudre, 1/2 once; cire jaune, 2 onces; onguent populeum, 14- onces. Liquéfiez l'onguent et la cire dans une bassine , incorpore* les cantharides en agitant jusqu'à ce que le mélange soit refroidi. Cette pommade contient ^ de cantharides. Elle sert à ranimer les vésicatoîres. Elle est trop active pour en faire usage habituellement. Quelques pharmaciens font entrer dans cette pommade du verdet gris et de l'extrait d'opium.
2* Par macération- La pommade de concombre s'obtient en malaxant à plusieurs reprises i livre d'axonge liquéfiée avec 4 onces de suif et refroidis* avec suffisante quantité de suc de cette plante, jusqu'à ce que la graisse ait acquis une odeur assez marquée. Le liparoté de lavande s'ohtient de même , en malaxant l'axonge avec les fleurs de lavande ; on fait un digeste de deux heures à chaque fois ; la pommade est ensuite liquéfiée nvee cire blanche, 4 onces par 2 livres et 1/8 de graisse. Ces deux pommades sont plutôt cosmétiques que médicamenteuses.
3° Par digestion.
ilnguent rosat. Liparolc de roses. Graisse récente, 1 Hv. ;
roses rougw, franches et mondées, 1/2 liv.; roses pair* , 1 /2 liv. Faites digérer les fleurs pilées et la graisse a. un feu doux ; terminez par une ébullition -de 1|4 d'heure. Passez, exprimez, séparez l'eau par reposition. Recommencez une seconde l'ois. Liquéfiez ensuite la graisse ; ajoutez 1 once de racines d'orcanet-te grossièrement divisées; prolongez le «on tact jusqu'à ce que la pommade soit colorée; passez, laissez reposer, et coulez dans des pots.
Onguent de laurier, Liparolè de laurier. Feuilles et baies de laurier récentes, 1 liv.; graisse, 2 liv. Faites digérer à un feu doux, jusqu'à ce que la majeure partie de l'humidité suit évaporée ; passez, exprimez, laissez reposer, et coulez dans un pot.
Pommade epispastique douce et blanche Cautharides pulvérisées, 1 once ; axonge, 21 onces. Faites digérer au baininarie , pendant 6 heures ; filtrez au papier dans un entonnoir a double fond. Ajoutez : Cire blanche, 3 onces. Liquéfiez et incorporez ensuite baume nerval, 1/2 once. Celte pommade est très-douce : elle convient pour les enfants.
Pommade au garou. Liparolè au garou. Il est plusieurs procédés: 1° Garou en poudre, 1 once; incorporez dans axonge, 14- onces; cire blanche, 1 once; préalablement liquéfiés. 2° Éléolé de garou, 8 onces ; cire blanche , 8 onces; liquéfiez (Darligues). 5° Huile verte éthérée de garou, 4/2 gros; cire blanche, 1 once; axonge, 10 onces; liquéfiez au bain-marie ( Goldefy -Dorty). 4>° Extrait alcoolique de garou, 1 gros; alcool rectifié , 1 once; dissolvez et incorporez dans axonge, 9 onces; cire, 1 once; préalablement liquéfiés. Chauffez légèrement, et agitez jusqu'à évaporation de l'alcool (Guibourt). Ce pharmacien donne la préférence au 5 e procédé : il conseille d'ajouter 1 gros d'huile éthérée par 9 onces de pommade. Ce liparolé serj. a entretenir les vesicatoires. 11 est plus doux que ceux de cambarides;,
Di
4» p a r décoction ou coction.
Liparolé de nicotiane. Feuilles récentes de tabac, i liv. ; axonge, i liv.; pîtez les feuilles, faites-les bouillir modérément dans la graisse , jusqu'à ce que l'humidité soit évaporée; passez, exprimez, laissez reposer. Se préparent de même les liparolcs des plantes narcotiques, ceux de belladone, de jusquiame, etc.
Pominade épispas tique thoyenne ou jaune. Liparolé de cantharides par décoction. Cantharidcs en poudre grossière, 4 onces ; eau , 8 onces ; axonge, 4 liv. ; curcuma en poudre > i once; huile essentielle de citron, 4/2 once.
Faites bouillir à un feu doux les 3 premières substances, jusqu'à ce que l'eau soit évaporée! Passez avec expression ; chauffez le mélange avec le curcuma jusqu'à ce qu'il soit coloré en jaune ; ajoutez la cire ; passez lorsqu'elle est liquéfiée ; laissez refroidir en partie, et aromatisez avec l'huile essentielle. Cette pommade contient 1/8 e des principes actifs des cantharides. Moins irritante -que • la verte, elle peut servir pour les adultes.
5° Par combinaison.
Pommade oxitjénèe d'Alyon. Acide uitiique a 55°, 2 onces; axonge, i liv. Liquéfiez la graisse; incorporez peu a peu l'acide nitrique, en remuant sans discontinuer, jusqu'à ce qu'elle se colore en jaune, et qu'il se dégage de l'acide nitreux. Retirez le vase du feu , et lorsque la pominade est sur le point de se figer, coulez dans des moules en papier. Ce liparolé était employé dans les dartres , la gale ; il se durcit beaucoup, et blanchit prdreptement.
Chiquent citnn. liparolé de nitrate de mercure. Axonge, 8 onces; huilé d'olives pure, # onces. Liquéfiez au baininarîe dans une terrine vernissée ; retirez le vase du feu ; laissez refroidir a £0°, et incorporez peu à peu en remuant
continuellement , un soluté /ait a froid avec : mercure, \ once ; acide nitrique a 35°, 2 onces ; coulez dans, «Jes carre* en papier, lorsque la pommade commence a se solidifier. Ainsi préparée , cette pommade conserve longtemps sa couleur jaune, et se mêle mieux aux autres corps gras. (Guibourt. )
Cette pommade parât t être composée de sous««uitrile et sousnitrate de bioxide de mercure, d'élaïdine, etc. Elle s'emploie dans la gale en frictions tous les soirs , dans les articulations des doigts à la dose de i gros.
Pommade ammoniacale de Gondrct. Liparoiè d'ammoniaomc. Axonge, 7 gros; suif de mouton, i gros: liquéfies dans un flacon, a large goulot et à une chaleur modérée ; laissez refroidir ; et, lorsque Je mélange est près de se figer, ajoutez 'ammoniaque liquide à 22?, i once; bouchez, et agitez vivement. ; ,■
Cette pommade, étendue sur une compresse de Jinge épais, afin d'empêcher la volatilisation de l'ammoniaque, et appliquée sur la peau, produit la vésication en quelques instants. Employée en liniment, une portion d'ammoniaque se volatilise ; aussi agit-elle seulement comme rubéfiante. Lorsqu'elle doit servir en friction sur les paupières ( collyre ammoniacal de Gondret), il faut remplacer le suif par la même quantité d'huile d'amandes douces.
Parmi les pommades composées , nous citerons l'onguent populeum, la pommade ophtbalmique de Dcsault, la pommade de Régent, la pommade de Lyon, la pommade aotipsorique, la pommade antihémorroïdale, etc.
Prescription. L'axonge seule, une pommade adoucissante, le beurre, le cérat simple oudeGalicn, peuvent servir d'excipient aux substances qu'on se propose d'administrer en pommades. Dans tous les cas on formule de même. Ainsi: Axonge récente; ou oécat simple , ou beurre fvàis, i once j fleur de soufre, 2 gros j mêlez. Autre • Deutochlornre de
mercure, \ gros; axongé récente, i once; préparez par porphyrisation. Autre : Extrait de belladone, 4 grains; dissolvez dans S. Q. d'eau; incorporez dans,cérat simple, 2 gros. Autre : Extrait de saturne, i gros; cérat simple , 1/2 once; mêlez.
Usages, administration. Les pommades servent à l'usage externe comme les cérats, et s'emploient de même étendues sur du linge ou delà charpie. Leur action, indépendamment de la propriété émolliente de l'axonge, est variable et relative a celle des substances qui en forment la base. Afin de ne point excorier la peau, il convient de préparer au porphyre les pommades qui doivent servir en frictions, surtout si elles se composent de substances minérales. Les pansements des plaies avec les pommades et en général avec les corps gras, trop prolongés, mettent ces parties dans un état d'atonie , y développent des végétations fongueuses et en retardent par conséquent la cicatrisation. Les li paroi es se conservent dans des potS'déposés dans un lieu frais. Comme ils rancissent promptement, il import j de les renouveler souvent.
ONGUENTS. RÊTINOLÉS.
Médicaments de consistance molle ou de consistance de pâte très-cohérente ; ayant poux excipient des corps gras et des résines. Designées quelquefois sous le nom de baumes, ces préparations diffèrent des pommades, par leur consistance ordinairement plus grande, due à la présence des résines; et des emplâtres proprement dits , dont ils offrent quelquefois la forme, en ce qu'ils ne contiennent pas d'oxides métalliques en combinaison.
Préparation.^ Les onguents composés seulement de matières grasses et résineuses, oleo-résiueuses, s'obtiennent en faisant liquéfier cessubstaucesà une douce chaleur, encommençautpar celles qui sont moins altérables. Les oléo-résines, la cire, les baumes liquides, sont ajoute* en dernier. On pas^e
ensuite à travers un linge pour séparer les matières impures,
et l'on agite avec une spatule sans discontinuer, jusqu'à ce que le mélange soit figé. Les poudres préalablement mêlées ; les extraits aqueux dissous dans S. Q. d'eau; les goinmes-résines ( trop molles pour être pulvérisées), dissoutes dans de l'alcool à 2*', et évaporées ensuite en consistance de miel sont incorporés dans les matières grasses et résineuses préalablement liquéfiées et passées à travers un linge. Dans ces cas, il faut remuer continuellement et jusqu'à refroidissement , afin que le mélange soit bien exact: les subtances volatiles sont incorporées a ia fin.
D'après leur consistance, les onguents sont divisés : i° en onguents mous ou onguents proprement dits, 2° en onguents solides ou onguents-emplâtres. Les premiers se préparent ordinairement par liquéfaction , les autres par liquéfaction et par incorporation.
1° 0*NOUEÏÎTS. RÊTITÎOLÉS (MOUS).
Oncjuent basilicum. Rétinolé de poix et de résine. Poix noire, .colophane, cire jaune, aa 4 onces; huile d'olives, 16 onces.
Liquéfiez les deux premières substances à une douce chaleur, ajoutez l'huile et la cire. Coulez dans un pot a travers un linge , agitez jusqu'à ce que l'onguent soit figé. Il est em» ployé, pour entretenir la suppuration et comme raaturdtif.
Onguent brun. Onguent basilicum, i once ;deutoxide de mercure, ifâ gros; mêlez.Comme escharrotique, excitant dans les ulcérations siphylitiques ou atoniques.
Onguent de styrax. Colophane, 8 onces; résine élémi, 4 onces; cire jaune, 4 onces; huile de noix, 6 onces; styrax liquide, 4 onces; liquéfiez d'abord les trois premières substances, ensuite le styrax , ajoutez l'huile, passez à travers un linge, et agitez jusqu'à presque complet refroidissement.
Comme excitant , antiseptique, suppurât if, dan* les plaies , les ulcérations atoniques.
Baume d'Arcéus. Suif de mouton, 8 onces; térébenthine, 6 onces; résine élémi, 6 onces; axonge, 4- onces; liquéfiez à • une douce chaleur ; passez a travers un linge, agitez jusqu'à refroidissement. Mêmes usages que le précédent.
Onguent digestif simple. Jaune d'œuf, n.1 ; térébenthine de Strasbourg, i once; mêlez dans un pot et ajoutez huile d'hypericum,S. Q. pour donner la consistance semi -liquide. Mêmes usages que les précédents.
Onguent d'alhœa. Huile de imicilage, 8 onces ; cire jaune, 2 onces; térébenthine, lonce; poix-résine, i once; liquéfiez la poix-résine et la térébenthine, ensuite la cire, l'huile; passez.
Nous citerons encore parmi les onguents le baume nerval, le baume deGéneviève, l'onguent contre la teigne, etc.
Usages. Administration. Dans les onguents, la propriété excitante des résines , des oléo-résines, prédomine sur la propriété émollien te, adoucissante des corps gras. Les rétinolés s'appliquent a l'extérieur sur les plaies, les ulcérations atoniques ou gangréneuses, afin de changer le mode de vitalité de ces parties, d'obtenir une meilleure suppuration et d'en favoriser la cicatrisation. On les étend sur un linge, sur de la charpie, seuls ou mêlés a du cérat, une pommade, lorsqu'ils présentent trop de cohésion, ou lorsqu'on veut affaiblir leur action irritante. On les incorpore quelquefois dans un cataplasme comme maturatifs et afin de rendre les pansements moins douloureux ( onguent basilicum ) ; les onguents sont trop consistants pour être employés en friction; ils se conservent comme les liparolés.