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Ô RÉTINOLÉS ^SOLIDES). ONGUENTS-EMPLÂTRES

Les onguents-emplâtres, avons-nous dit, ne contiennent pas des oxides en combinaison, comme les emplâtres propre-

ment dits. Ils se préparent par liquefication cl par incorporation ; on les coule dans despois, ou bien on les roule en magdaléons, comme les emplâtres ( voyez ces préparations ).

Emplâtre de cire. Cire jaune, suif de mouton, aa ISonces ; poix blanche, 4- onces; liquéfiez, passez, etc.

Emplâtre épispastique ou véricaioîre ou de cantharides. Résine jaune, 4- onces ; cire jaune, 4 onces; graisse de porc, 4 onces; cantharides pulvérisées, fonces : liquéfiez les corps gras, ajoutez les cantharides, laissez digérer quelques instants à une douce chaleur, retirez le vase du feu, agitez jusqu'à ce que l'emplâtre soit presque refroidi, et coulez dans un pot. En été, remplacez i once de graisse, par \ once de cire, afin d'avoir un emplâtre plus consistant. Cet emplâtre adhère bien à la peau, produit la vésication en quatre ou cinq heures, et s'enlève sans douleur.

Emplâtre vésicatoire anglais. Empfêtre dé cire, axonge, aa 8 onces ; liquéfiez et ajoutez, cantharides en poudre fine, 8 onces; mêlez avec soin, retirez le vase du feu, agitez jusqu'à presque complet refroidissement, coulez dans des pots. Plus actif que le précédent. Ces deux emplâtres se roulent aussi en magdaléons.

Emplâtre de ciguë. Poix blanche purifiée, 12 onces; poix^ résine purifiée, i 2 onces ; cire jaune, i 2 onces ; gomme ammoniaque pure , 9 onces; éléolé de ciguë, 3 onces; ciguë nouvelle en poudre, \ 2 onces.

Liquéfiez au bain- marie la cire et l'huile; incorporez a l'aide d'un bistortier la poudre de ciguë, et mêlez ensuite aux autres substances préalablement liquéfiées dans un poêlon , agitez jusqu'à refroidissement, malaxez et réduisez en magdaléons.

Emplâtre ou rétinolè de ciguë âvee l'extrait. Extrait alcoolique de ciguë, 9 gros ; résine élémi purifiée, 2 gros; cire blanche, 1gros; liquéfiez la cire et la résine a une douce chaleur, incoi-porcz ensuite l'extrait alcoolique (Planche ). On

peut préparer de même les rétinolés avec les extraits alcooliques des autres plantes vireuses. L'emplâtre de ciguë est sédatif, calmant, résolutif, et s'emploie dans les affections cancéreuses, les engorgements ganglionaires.

Emplâtre vert. Cire verte. Bétinolé d'acétate de cuivre. Cire . jaune, 4- onces; poix blanche purifiée, 2 onces ; térébenthine, A once; sous-acétate de cuivre pulvérisé (verdet), \ once. Incorporez le vert de gris dans les autres substances préalablement liquéfiées, agitez jusqu'à refroidissement. Cet onguent s'emploie contre les cors, les durillons.

Nous citerons encore, parmi les onguents-emplâtres, l'emplâtre agglutina tif d'André de la Croix, l'emplâtre fœtide ou iintihystérique , etc.

Usages, administration. Voyez ci-après Emplâtres proprement dits.

EMPLATRES. STÉARATES DE PLOMB.

Les emplâtres proprement dits ont la forme de petits cylindres ( magdaléons ). Leur consistance est celle d'une pâte ferme très-cohérente, mais se ramollissant facilement par la chaleur. Leur excipient est un oléate ou stéarate de plomb , dans lequel, après l'avoir liquéfié, on peut incorporer diverses substances médicamenteuses.

Le stéarate de plomb ( excipient des emplâtres ) s'obtient en faisant agir les oxides métalliques sur les corps gras. La litharge anglaise (protoxide de plomb fondu), estl'oxiJe qui convient le mieux; il faut qu'elle soit pure; si elle contenait une trop grande quantité d'oxîde de fer, de cuivre, l'emplâtre serait coloré. Parmi les corps gras, l'huile d'olive pure, feule ou mêlée a la graisse, est celle qui mérite la préférence. Elle donne un emplâtre blanc et de bonne consistance. La réaction s'opère a l'aide de la chaleur, soit par l'intermède de l'eau $ en ce cas, ce liquide formant un bain-marie et la température ne dépassant pas 100°, les corps gras n'étant

pas décomposés, l'emplâtre n'est pas coloré (brillé). Ou Lien On les chauffe a feu nu , ou sans l'intermède de l'eau ; alors une portion des corps gras est carbonisée et l'emplâtre coloré ( brûlé ). Les emplâtres sont divisés en emplâtres brûlés et non brûlés. Les emplâtres non brûlés sont divisés eu emplâtres simples et composés.

EMPLATRE SIMPLE. STÉARATE DE PLOMB («ON BMJLÉ).

Litharge anglaise en poudre fine, 6 livres; huile d'olives, 6 livres; graisse récente et purifiée, 6 livres; eau, 12 liv.

Introduisez ces subtances dans une grande bassine en cuivre, chauffez graduellement et jusqu'à ébullition, entretenez cette température, et agitez continuellement jusqu'à ce que l'emplâtre soit formé.

Il y a trois indices qui l'annoncent : i° la couleur blanche de la masse, 2 Ô les bulles légères qui s'en dégagent, 5° une petite quantité du mélange mis dans l'eau froide doit présenter assez de cohésion pour être malaxée, sans cependant adhérer aux doigts. Ce dernier caractère est le plus sûr. On retire alors le vase du feu, et, lorsque l'emplâtre est assez refroidi, on le malaxe afin de le rendre plus uni, d'en séparer l'eau, ainsi qu'un nouveau produit qui s'est formé ( glycérine ) ; divisé ensuite par portions d'un once , il est roulé en cylindrts de la longueur de 3 pouces environ ( magdaïéons ) sur un marbre, et avec les mains imprégnées d'eau , afin que l'emplâtre n'adhère point à ces parties. Apres la liquéfaction des matières grasses, la masse devient rougeâtre, couleur due à la suspension de la litharge. Elle se tuméfie beaucoup par le dégagement du gaz acide carbonique que contient l'oxide de plomb; elle déborderait même la bassine, si ce vase n'était pas très-grand. Au fur et à mesure que la réaction s'opère, la masse s'affaisse, perd de plus en plus sa couleur, et enfin elle devient blanche lorsque cette réaction est terminée.

M. Chevreuil a démontré que les oxides métalliques avaient la propriété de transformer les principes immédiats des corps gras (oléine, stéarine, etc.) en acides oléique, stéarique, margarique, etc., qui, se combinant avec ces oxides, formaient de véritables sels ( oléates, stéréates, margarates, etc. ) d' oxides; par conséquent l'emplâtre simple peut être considéré comme un oléate, stéréate d'oxide de plomb,

mêlés a une partie de corps gras non combinés.

EMPLATRES COMPOSÉS.

Les emplâtres composés ont pour excipient l'emplâtre simple, dans lequel on peut incorporer par liquéfaction de matières grasses, résineuses, oléo -résineuse , ou par mixtion des poudres, des gommes- résines ; si celles-ci sont trop molles pour être pulvérisées^ on les dissout préalablement dans S. Q. d'alcool a 22°, et Ton évapore ensuite en consistance de miel. Dans tous les cas on remue sans discontinuer, jusqu'à ce que l'emplâtre soit figé; on le malaxe et on le réduit en magdaléons comme l'emplâtre simple. Lorsque les emplâtres contiennent des gommes-résines, du savon, des sels solubles, il faut les rouler avec le moins d'eau que possible, alîu de ne pas dissoudre ces matières, ou bien encore avec les mains et sur un marbre imprégnés d'huile.

Les résines donnent moins de consistance aux emplâtres que la cire; la différence est même de i a 8. Les poudres sèches en augmentent la dureté sans leur donner plus de cohésion ; aussi leur quantité ne doit pas dépasser le i /8 de l'emplâtre. Les oléo-résines , les gommes-résines rendent les emplâtres plus tenaces, plus agglutina tifs ( propriétés qu'on y recherche), sans cependant les rendre plus durs.

Emplâtre dio palme. Emplâtre simple, 2 livre*; cire blanche, 2 onces; sulfate de zinc, i once; liquéfiez l'emplâtre et la cire, ajoutez le sulfate do zincprcalablcmcnt dissous dans

S. Q. d'eau, agitez jusqu'à ce que ce liquide soit évaporé, laissez refroidir, roulez en magdaléons sur un marbre huile.

Emplâtre de savon. Emplâtre simple, i livre; cire blanche , 1 once ; savon blanc, i once ; liquéfiez les deux premières substances, ajoutez le savon sec et coupé, laissez refroidir, malaxez et roulez comme ci-dessus.

Emplâtre diachylon gommé. Km plâtre simple, 3 livres; cire jaune, 5 onces-, poix blanche, 6 onces; léiébenthine, 3 onces ; liquéfiez a une douce chaleur, ajoutez , préalablement dissous dans S. Q. d'alcool a 22<>, et évaporés en consistance de miel: gomme ammoniaque, galbanum, sagapenum, bdcllium, j once; mêlez et divisez en magdaléons.

Emplâtre mercuricl ou de Vujo réformé. Emplâtre simple, 2 livres 8 onces ; cire jaune, 2 onces; poix-résine purifiée, 2 onces; liquéfiez, ajoutez les substances suivantes préalablement pulvérisées et mêlées : gomme ammoniaque, bdcllium, myrrhe, aa 5 gros ; safran, 3 gros; et ensuite, lorsque le mélange est en partie refroidi : mercure, 12 onces ; stymx liquide purifié, 6 onces; térébenthine fine, 2 onces; huile volatile de lavande, 2 gros, préalablement triturés dans un mortier et jusqu'à extinction du mercure; roulez en magda- Jéons. Le mercure forme le 1/8 de l'emplâtre.

Emplâtre des quatre fondants. Emplâtre de ciguë, de savon, de diachylon gommé et de Vigo réformé , aa parties égales ; liquéfiez, laissez refroidir, malaxez, roulez en magdaléons. IS ous citerons encore, parmi les emplâtres, l'emplâtre adhésif composé de 6 parties d'emplâtre simple et 1 p. de cire bfan che, l'emplâtre de céruse, l'emplâtre de Nuremberg ou de

minium, l'emplâtre ou onguent de canet, ou de colchotar, etc.

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EMfUATRE BRULE. STÉARÀTÉ DE PLOMB BRULE.

( Onguent de la mère Thhle.) Huile d'olive, i livre; graisse de porc, beurre, suif de

mouton, aa 8 onces; litharge pulvérisée, 8 onces * cire jaune, 8 onces ; poix noire, 2 onces \}%

Chauffez les quatre premières substances dans une grande bassine jusqu'à ce qu'elles Jument; ajoutez la litharge par portion et remuez continuellement; lorque le mélange aura acquis une couleur brune noirâtre, ajoutez la cire et la poix noire; après quelles sont fondues, retirez le vase du feu, laissez reposer, passez a travers un linge, et coulez dans un pot ou dans des moules en papier.

Il se passe les mêmes réactions entre l'acide et les coq s gras que dans l'emplâtre simple. 11 y a formation des mêmes produits; en outre une portion des corps gras es.t décomposée, carbonisée, ce qui donne une couleur noire a l'emplâtre ; il se dégage beaucoup de gaz hydrogène carboné ; il se forme aussi de l'acide acétique, qui , se combinant insensiblement avec l'oxide de plomb , communique une couleur blanche à l'emplâtre au bout d'un certain temps. L'onguent de la mère sert à panser les plaies; il agit comme excitant, suppuratif.

Usages, administration. Les emplâtres s'appliquent a l'extérieur. Après les avoir ramollis dans de l'eau tiède , on les malaxe et on les étend en couches peu épaisses sur des tissus de toile, de taffetas, le plus ordinairement de la peau blanche, auxquels on a donné préalablement la forme qu'où désire. Il faut laisser une marge assez grande afin que l'emplâtre ramolli par la chaleur, ne s'étende pas sur les vêtements. En outre de$ propriétés spéciales et relatives aux substances qui en forment la base , les emplâtres offrent quelques propriétés communes. Ainsi ils condensent le liquide de la transpiration qui forme en quelque sorte un bain local , ramollit les parties, et favorise quelquefois la suppuration, s'il y a plaie. Si l'application est trop prolongée, il y peut survenir une rubéfaction, une éruption de boutons qui occasionnent beaucoup de démangeaison, quelquefois même urte inflamma-

tion érésypélateuse, effets qui seront plus ou moins pro * nonce's, selon la nature plus ou moins irritante des substan-* ces qui les composent. Les emplâtres s'emploient comme maturatifs ( l'emplâtre simple), ou comme excitants, résolutifs dans les engorgements indolents (.les emplâtres de savon, diachylon, de Vigo, des quatre fondants). Les corps gras étant mauvais conducteurs du calorique, peut-être la chaleur douce et constante qu'ils entretiennent autour des parties engorgées', ne contribue pas peu a leurs effets médicamenteux. Les emplâtres se conservent entourés de papier; ils sont trèsdurs en hiver et se ramollissent beaucoup en été.

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