DE L'INSCRIPTION
La formule peut ne se composer que d'une seule substance, ou d'une préparation pharmaceutique officinale ou magistrale consacrée; en ce cas, elle est dite simple : bien entendu que c'est sous le rapport de son inscription et non de ses effets; ou bien elle peut réunir plusieurs substances médicamenteuses, elle est dite alors composée; et, d'après le rôle plus ou moins important de chacune d'elles, on les a distinguées sous le nom 1° de base, 2° d'adjuvant, 3° de correctif, 4-° d'excipient, 5° et d'intermède.
i 0 La base est la partie la plus importante de la formule ; c'est en elle que résident les principaux effets qu'on désire obtenir; aussi est-il important de savoir, non-seulement pour quelle quantité elle entre dans la formule, mais encore la dose qui est donnée a chaque administration. Sa nature est variable, il faut qu'elle soit en rapport, autant que possible, avec celle de l'excipient. Ses proportions sont déterminées , par son degré d'activité, par la quantité de formule a préparer, son mode d'administration et l'effet qu'on veut obtenir. Si l'on doit employer la résine de jalap comme purgative, et sous forme pilulaire, la dose devra être plus forte que si elle était destinée a produire un effet révulsif. Le sulfate de quinine dans une potion entrera en bien moindre dose, s'il est donné comme tonique, que s'il était destiné a *pm battre une fièvre intermittente.
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2° L'adjuvant est le corps qui, dans la formule, vient en aide, seconde l'action de la base ; soit qu'il possède des propriétés identiques ( opium et têtes de pavots ), ou analogues (opium et autres narcotiques ); soit qu'il dispose les organes, les rende plus sensibles a son action (excitants associés aux purgatifs); soit enfin qu'il la dirige d'une manière plus marquée, plus spéciale, sur quelque organe en particulier ( l'ipécacuanha associé a l'opium augmente sa propriété sudorifique). Les proportions de l'adjuvant sont relatives a celle de la base. Lorsqu'il possède des propriétés identiques ou analogues , il faut qu'il soit en plus petite quantité, k moins qu'il ne possède une action peu marquée ; dans le cas contraire, il est moins important de limiter sa quantité.
5° Le correctif est la substance qui, dans la formule, sert a modifier les qualités peu agréables ou nuisibles de la base. Ainsi, pour masquer sa saveur et son odeur désagréables, on emploie un édulcorant (le sucre, un sirop, etc.), ou une substance aromatique (eaux distillées, teintures, alcoolats, huiles essentielles). Si la base est irritante ou corrosive ( deutochlorure, ou iodures de mercure, purgatifs drastiques, etc. ), on se sert d'une poudre inerte ou mucilagineuse ( celles de réglisse, de guimauve, d'amidon, la gomme arabique ). Si la base était liquide ( un sirop , la gomme, pourraient remplir ce but). Il importe que le correctif soit seulement dans les proportions suffisantes pour obtenir le but qu'on désire, sans annuler toutefois l'effet du médicament qui réside quelquefois dans les qualités qu'on veut masquer. On est dirigé dans le choix du correctif par la nature de la base; si elle possède une saveur, une odeur très -désagréables (baume de copahu), les eaux distillées, très-aromatiques, celles de menthe poivrée, de cannelle, ou leurs sirops, conviendront mieux que celles a odeur moins prononcée. Il faut aussi consulter le goût, les habitudes du malade, son idiosyncmsie : l'oubli de ces règles pourrait, dans beaucoup
de cas, modifier les résultats du médicament , ou annuler ses effets. Pour peu qu'on ait de l'habitude et du tact, on satisfait facilement a ces conditions, et Ton se fait bien venir du malade.
4° V excipient est la partie qui dans la formule lui donne sa forme , son état particulier. Constant dans quelques préparations pharmaceutiques, (hydrolés, hydrolats, œnolés, alcoolés, etc.), il est variable pour d'autres (pilules, bols). Bans ce dernier cas il importe de faire un choix qui soit approprié a la nature des corps médicamenteux , à la consistance , a la cohésion qu'on se propose de donner à la formé pharmaceutique. Ainsi, pour composer des pilules avec une matière résineuse, le mucilage ne convient pas comme excipient, puisqu'il y a incompatibilité entre ces substances, Le sirop seul ne donnerait pas la cohésion pilulaire a des poudres sèches non mucilagineuses. La quantité d'excipient est variable ; elle doit être déterminée dans quelques préparions ; dans d'autres on peut la laisser a la volonté du pharmacien. L'excipient est pris ordinairement parmi les substances peu actives , quelquefois cependant il peut servir d'adjuvant a la base , et même de correctif dans beaucoup de cas.
5° L'intermède. Lorsque dans une formule on réunit des substances non miscibles entre elles , ou avec l'excipient, on se sert d'un corps qui en favorise la suspension ou la mixtion, appelé intermède. Le jaune d' œuf , les mucilages de gomme , sont les plus fréquemment usités , surtout pour les matières résineuses, oléo-résineuses , huileuses \ quelquefois l'alcool, un alcoolat pour les huiles essentielles ou de petites quantités de résines. Le choix de l'intermède, soit pour remplir le but auquel il est destiné , soit pour l'effet du médicament, n'est pas indifférent : ainsi le jaune d'œuf et le mucilage suspendent mieux que l'alcool, les résines et les huiles. En ouire, doués de propriétés éraollientts, ils peuvent servir
de correctif aux substances acres, irritantes. L'alcool, au contraire, est doué de propriétés très-actives, qu'il ne faut pas négliger lorsqu'il sert d'intermède. Les proportions de l'in* termède sont déterminées par la quantité de médicament a suspendre dans le véhicule et par celle de l'excipient. S'il fallait suspendre 5 k 10 grains de résine dans 4> onces de véhicule, les proportions d'excipient seraient moindres que si c'était 2 gros ou i ;2 once.
Telles sont les cinq parties qui peuvent composer une formule ; cependant elles n'en font pas essentiellement partie constituante, et on n'est pas obligé dans toute formule de réunir ces cinq ingrédients. L'intermède , par exemple , ne s'emploie que dans quelques cas particuliers. Le correctif, l'adjuvant /manquent bien souvent dans une formule. Enfin l'excipient et surtout la base sont les parties les plus constantes, encore quelques préparations pharmaceutiques n'ontelles pas d'excipient. On trouve fréquemment réunis dans la même préparation la base et le correctif (la plupart des sirops médicamenteux ); l'excipient , la base et le correctif (les sirops , mellites, tablettes, etc.). De nos jours, les formules étant plus simples, on s'astreint moins à ces divisions, du moins nominalement.
Des doses.
En traitant des doses d'une manière générale (p. 83), nous avons donné, sous forme de tableau, celles qu'il convenait d'administrer aux divers âges, et indiqué qu'elles devaient varier non-seulement par rapporta la nature , au degré d'activité et de concentration et a la durée de l'application des substances médicamenteuses , mais encore par rapport aux habitudes, a l'idiosyncrasie, a la constitution du malade, aux climats , aux nations , etc. ; nous avons aussi fait connaître les signes abréviatifs et représentatifs, et les rapports entre les poids anciens et les poids nouveaux. g>
De nos jours, les signes représentatifs et abréviatifs sont peu usités; on exprime habituellement les quantités en toutes
lettres ; ou bien encore on fait précéder le nom du poids ou de la mesure , de chiffres indiquant la quantité, ainsi : au lieu de 1 H>, on inscrit : une livre ou i livre ; au lieu de % j , une once ou i once; au lieu de 5j, un gros ou \ gros; au lieu de , un scrupule ou i scrupule ; au lieu de i g° , un grain oui grain. Pour compléter ce qui est relatif aux doses, nous allons indiquer d'une manière générale les doses auxquelles peuvent être administrées les diverses substances médicamenteuses , en les groupant d'après leur nature, ou leur forme pharmaceutique. Disons d'avance que la quantité que nous donnerons sera celle qui peut être administrée en une seule fois. Si le médicament devait faire partie d'une préparation pharmaceutique destinée a être donnée par fractions , il faudrait la mettre dans di^s proportions telles que chaque fraction contienne la dose que nous allons indiquer.
Corps minéraux.
i* L'iode , le phosphore, le chlore, se donnent par fraction de grain ; le soufre, la limaille de fer , ou ses oxides ou carbonates, de 4- a 45 grains. — Les oxides de la première section sont peu employés h l'intérieur; les autres, ainsi que les chlorures, les iodures, cyanures en général, depuis i \S de grain , jusqu'à 2 , 3 grains. — Les sulfures alcalins à F extérieur , de \ [2 once a K onces.
Les sels neutres ou purgatifs , de 2 gros à 2 onces ; les autres de i \A de grain à quelques grains.
Substances végétales.
i 0 Entières ou grossièrement divisées , se donnent sous forme liquide ; par 2 livres de véhicule ; les racines , écor-
ces, bois, tiges, de 2 gros a 2 onces; les feuilles, fleurs, sommités fleuries , graines ou fruits d'un petit volume, de i a 4- pincées, ou i gros a 2 gros 5 les fruits assez volumineux, n° 6a 12. Pour l'usage externe, on double, on triple quelquefois même ces quantités.
2° Les poudres simples se donnent délayées, suspen- • dues dans un véhicule, du miel, en opiat, ou sous forme pilulaire. La dose est pour les poudres des substances trèsactives ( narcotiques , quelques alcalis végétaux, etc. ) , de i\6 de grain a 2 grains; pour celles qui sont moins actives, de 2 à 12 grains et plus, selon leur degré d'activité. Les poudres composées se donnent aux mêmes doses. On donnerait une dose moyenne , si elles se composaient a la fois de poudres appartenant aux deux sections.
5° Les extraits s'administrent en pilules , délayés ou suspendus dans un véhicule ; divisés comme les poudres , en extraits très-actifs et moins actifs , ils se donnent aux mêmes doses ; les extraits alcooliques sont plus actifs que les extraits aqueux.
4° Les vins , vinaigres, bières, par cuillerées à café ou par cuillerées à bouche , ou à la dose de i gros a A r2 once et plus ; ou par gouttes , lorsqu'ils sont préparés avec des substances très-actives (œnolés d'opium ou de substances narcotiques ). Ces préparations se donnent seules ou dans une tisane, une potion, ou tout autre véhicule. Pour l'usage externe, la quantité peut être augmentée sans inconvénient.
5° Les alcoolés , les alcoolats , par -cuillerées a café ou à la dose de i [2 gros a 2 gros , ou par gouttes , pour les alcoolés avec les narcotiques les cantharides, etc. , et dans les mêmes excipients que les œnolés. kY extérieur } en friction, à la dose d'une cuillerée a café ou à bouche.
6° Les éthérolés , les huiles essentielles , depuis 2 a 6 gouttes sur du sucre ; ou dans une potion , a celle de 6 à 20 gouttes . * 7° Les sirops 7 les nullités , oximellites, les gelées , servent
seulement à l'usage interne, et se donnent seuls, par cuillerées à café , ou par cuillerées à bouche , de 1 gros à 1/2 once ; ou dans une potion, à celle de 1 à 2 onces.
8° Les conserves , les pulpes , les électuaires , se donnent à la dose de 1 /2 gros à 8 gros , dans un pruneau cuit , dans du pain à chanter , ou délayés dans un véhicule aqueux ou vineux, une potion, etc.
9° Les tablettes , les grains, les pilules, les bols. On en donne un ou deux dans la journée , le matin ou le soir , selon l'indication , ou le matin seulement , et à dose suffisante , si c'est pour obtenir un effet vomitif ou purgatif.
10° Les huiles fixes se donnent à la dose de 2 gros à 1 once , et les huiles essentielles, par gouttes. Les huiles médicinales , les cérats , les pommades , les onguents, s'appliquent en topiques , étendus sur des linges , de la charpie; les trois premières préparations peuvent aussi s'employer en friciions , de la valeur d'une cuillerée à café, ou à la dose de
1/2 gros à i gros.
11° Les onguents-emplâtres, et les emplâtres s'emploient étendus sur de la peau ou en écussons. Ils peuvent servir d'excipient à d'autres médicaments , à des poudres , des liquides, etc.
12° Le savon s'emploie à V intérieur, à la dose de 2 à 10
grains, seul ou mêlé à^d'autres substances-, à l'extérieur il
s'applique en frictions, Hniments, lavements, emplâtres, etc.
Formes pharmaceutiques d'après lesquelles on peut donner les médicaments classés d'après leurs effets immédiats.
1° Émoi lient s. Sous forme de poudres, sirops , pâtes, pastilles, tisanes , potions , et sous les diverses formes magistrales externes, fomentations, cataplasmes, injections, etc.
2° Tempérants, Rafraîchissants. En sirops, oxymellites, vinaigres, limonades. Rarement en poudre si ce n'est les acides tartrique, citrique , la crème de tartre.
3° Astringents et Toniques. En poudres , extraits, vins,
teintures, sirops, pilules, tisanes ; les Astringents s'administrent aussi sous les diverses formes magistrales externes.
4° Excitants. En poudres, sirops, vins, teintures, alcoolats , eaux distillées , huiles essentielles , tisanes , potions , pilules, et sous les diverses formes magistrales externes.
5° Antispasmodiques et Emménagogues. Poudres, extraits rarement, sirops, teintures alcooliques et éthérées, eaux distillées , pilules , potions, lavements, etc.
6° Narcotiques. Poudres, extraits (aq. et alco .), vins, lavements, teintures alcooliques et éthérées , sirops , potions, pilules, pommades, liniments, fomentations, lavements, etc.
7° Altérants. Les préparations mercurielles, iodurées,aurifères et arsenicales qui forment cette classe, se donnent à l'intérieur en soluté ou en pilules, et à l'extérieur , en pommades, plus rarement en bains et fumigations.
8° Sudorifiques. Poudres, rarement extraits, sirops, tisanes , pilules.
9° Diurétiques. Poudres, extraits rarement, sirops, mellites, oxymellites, tisanes, potions, pilules.
10° Fomitifs. Poudres, sirops, pastilles, potions, boissons.
11° Purgatifs. Les laxatif seX. les cathartiques en tisanes, potions ou lavements, les purgatifs drastiques en poudres, pilules, en potions ou émulsions, lavements.
12° Rubéfiants et Vèsicants. A l'extérieur, en liniments, sinapismes, emplâtres.
13° Caustiques. Ceux qui sont sous forme liquide ou semiliquide, s'appliquent à l'aide d'un pinceau ordinaire ou de charpie; avec ceux qui sont solides , on en touche les parties, on les y maintient fixés à l'aide d'un appareil.
14° Anthelmintiques. Poudres, sirops, apozèmes, potions, gelées , biscuits , lavements.