MANIÈRE DR TRACER LA FORMULE
Connaissant les diverses parties qui composeut une for-
mule, il nous reste à indiquer de quelle manière elle doit être conçue.
Il est d'usage de mettre en tête et sur une ligne séparée le titre de la formule (potion , pilules) , suivi quelquefois d'un nom indicatif de ses propriétés (potion tonique, pilules purgatives) . Quelques médecins placent le titre de la formule dans la souscription.
À gauche et avant le nom de la première des substances qui composent la formule, on met le signe abreviaûf, R. P, recipe, prenez ; quelquefois cependant il est sous-entendu.
On inscrit ensuite successivement, et sur des lignes séparées, le nom de chaque substance, en caractères bien lisibles et bien distincts. 11 est des médecins qui mettent une sorte d'affectation à rendre leur écriture illisible; ils ne sauraient croire dans quel embarras ils mettent le pharmacien, et les erreurs qui peuvent en résulter. Les doses suivent le nom de chaque substance. On peut les exprimer parles signes abréviat^fs, suivis de chiffres romains ; ou mieux encore, les écrire en toutes lettres. Lorsque deux substances entrent en la même quantité dans la formule et sont côté à côté, on les réunit par une acolade , et on n'indique qu'une fois cette quantité en plaçant au-devant aa ou ana , qui signifie de chaque.
Si Ton réunit dans une formule des substances du même genre (racines avec les racines, etc.), il est nécessaire seulement pour la seconde ou la troisième , etc. , de donner le nom spécifique en laissant en blanc la place que devrait occuper le nom générique.
11 faut, pour les corps qui ont plusieurs dénominations > employer les plus connues dans le pays où l'on exerce, ou bien encore inscrire le nom scientifique, et placer l'autre entre deux parenthèses , ainsi : deutochlorure de mercure (sublimé corrosif). On évite ainsi des erreurs qui malheureusement sont trop fréquentes.
Quelquefois le nom seul d'un médicament répugné tellement au malade, qu'il se refuse à le prendre. S'il ne peut être remplacé , il faut se servir d'un nom moins connu du vulgaire. Ainsi : l'îpécacuanha sera désigné par racines du Brésil; le quinquina par écorces du Pérou. Le malade peut désirer que sa maladie soit ignorée. Lorsque le nom seul du médicament pourrait la faire soupçonner, on formule en latin, ou bien on emploie un nom moins connu du vulgaire. Ainsi le mercure serait désigné par hydrargyrum , et l'onguent mercuriel, unguentum hydrargyri.
Après avoir tracé le nom des substances qui composent la formule, on inscrit la souscription sur une ligne distincte; on appose ensuite sa signature et le quantième du mois ; et Ton termine par C instruction. Cette dernière partie peut être précédée de la lettre T., qui indique transcrivez. En effet, l'instruction peut être transcrite par le pharmacien , ou séparée de la formule, et appliquée ensuite sur le vase qui doit contenir la préparation. Citons un modèle, de formule.
Potion.
R. Extrait de quinquina. ... 2 gros.
Sirop de gentiane i once.
Eau distillée de fleurs d'oranger. 2 gros.
Infusé de tilleul ..... 3 onces.
Paris, ce 1836. ***
T. A prendre par cuillerées, d'heure en heure; ou bien encore : cette potion sera prise par cuillerées, d'heure en heure, en ce cas, on peut ne pas mettre le titre en tête de la formule.
Quelquefois la souscription est intercalée dans l'inscription , c'est lorsque les diverses parties de la formule demandent quelques manipulations particulières. Ainsi :
( 502 ) Tisane sudorifique.
R. Bois de gaïac râpé. . . . onces.
Eau 2 livres et
Faites bouillir pendant une demi-heure , versez le liquide bouillant sur.
Sassafras coupé. . . . . 4y2 once.
Laissez infuser ifi d'heure ; passez , et ajoutez :
Sirop de salsepareille . . . 2 onces.
Paris, ce i 836. ***
A prendre 4 verres par jour dans l'intervalle des repas.