ERREURS A. ÉVITER DANS LA FORMULE
Les erreurs qu'on peut commettre en formulant peuvent porter sur la quantité de formule à préparer, sa forme , les .substances qui la composent , la souscription et l'instruction.
Pour la quantité de formule à préparer et sa forme, il importe de se conformer aux règles que nous avons indiquées en parlant de chacune d'elles. Il ne faut pas préparer par exemple autant de potion que s'il s'agissait d'une tisane. Les substances qui composent une formule doivent s'y trouver dans des proportions telles, que le mélange offre la consistance qui appartient a cette forme médicamenteuse. Ainsi il ne faudrait pas composer une masse pilulaire ayant la consistance mielleuse , une potion ayant celle d'un opiat.
Il importe de ne pas associer dans une formule des substances qui pourraient agir chimiquement entre elles, a moins que l'effet du médicament ne soit le résultat de cette réaction ; il faut alors l'indiquer dans la souscription. Les connaissances chimiques nous seront ici d'un grand secours.
Rapelons que les oxides et les acides se saturent réciproquement, annulent leurs effets, et donnent un composé nouveau. Les sels dont l'acide est gazeux ou doué d une faible affinité pour la base , sont décomposés par les acides forts. Les oxides alcalins précipitent les autres oxides, ainsi que les alcalis végétaux de leurs dissolutions salines. Deux composés contenant des corps qui, par leur réaction, peuvent former un produit soluble et un produit insoluble, se décomposent réciproquement. En se rappelant que les bicarbonates, les nitrates, beaucoup de sulfates, les sulfures alcalins, les iodures des trois premières sections, tous les chlorures, excepté trois , sont solubles dans l'eau , ainsi que tous les sels a base de potasse , de soude et d'ammoniaque, et avec excès d'acide; que les carbonates, borates, phosphates , sulfates de chaux, de baryte, de plomb , tes sulfures des cinq dernières sections , les iodures des trois dernières , et les chlorures de plomb, d'argent , et le protochlorure de mercure sont insolubles dans l'eau , il sera facile de prévoir cette réaction.
Si l'on associait, par exemple, le chlorure de sodium avec le nitrate d'argent, il y aurait décomposition , puisque le chlore avec l'argent forme un produit insoluble ( chlorure d'argent) , et l'acide nitrique avec la soude un composé soluble (nitrate de potasse). Ce même raisonnement s'appliquerait au sulfate de soude et au chlorure de baryum , etc.
Les substances végétales contenant du tannin, de l'acide gallique (astringents, quelques toniques et excitants), précipitent de leurs dissolutions la gélatine , l'albumine , les alcalis végétaux et. les oxides de la plupart des sels des cinq dernières sections. Cependant les substances qui réagiraient a l'état liquide peuvent quelquefois être associées sans inconvénient à l'état solide ( quinquina et préparations ferrugineuses).
Dans la souscription, on peut errer en indiquant un
mode de préparation qui ne remplisse pa s le but qu'on se propose, quelquefois même contraire a ce but. Ainsi on peut dire d'obtenir par décoction une préparation qui doit être obtenue par infusion , etc. Dans l'instruction le mode d'administration indiqué peut ne pas convenir a la forme pharmaceutique, ainsi que le choix du corps avec lequel on veut l'administrer. Il importe de bien se rappeler ce que nous avons dit en traitant de ces deux parties de la formule et de chaque forme pharroacentique en particulier. Nous terminons ici ces quelques réflexions , nous proposant d'y revenir dans la matière médicale en parlant de chaque classe de médicaments, ainsi que dans les médications composées.