UN IDÉAL ESTHÉTIQUE : PLATON
du désir à la passion généreuse produit la tempérance : la bon dE de la passion à la raison produit la force. L’harmonie qui résulte de cet. accord parfait constitue la justice (ednouËix) qui est la perfection de l'âme. Mais l'individu doit aussi s’harmoniser avec ses semblables et” avec l’univers, car, pour Platon, le sage est un musicien qui met de: Pharmonie dans sa vie (1). — Cette doctrine a été plus ou moins ren ou: 1 velée dans les temps modernes par HERBART, WIELAND et, de nos jours,” par F. Ravaisson (?) et Ruskin. La morale a pour Æondément l'amour du beau. Le souverain bien consiste dans la beauté de la vie, dar Pharmonie de du tendant vers un idéal calme, noble, généreux. B) Critique : I. — Cette doctrine n’est pas en contradiction avec la moralité : ‘la vie d’un sage est belle. Les Grecs aimaient à identifier’ le bien et le beau : xxhoxäyaüav (2). Ils diffèrent cependant (CI. Esraé- TIQUE, 4). Tout acte vertueux est digne d'estime, mais ne mérite pas l'admiration. Un riche donne quelques sous à un pauvre : c’est une bonnes œuvre ; ce n’est pas une belle action, car 1l lui manque ce degré de splen-\ deur, cette perfection au-dessus de la moyenne, qu’exige la beauté. ; La beauté est un degré supérieur de bonté. C’est pour cela que la beautés ne peut être le principe de la morale, car son idéal est trop élevé pour. être obligatoire : Phéroïsme et le dévouement ne peuvent être objets d’un vouloir universel. 1 IT. — Outre cette critique générale, la morale platonicienne, malgréf ses côtés élevés, mérite des critiques particulières : À a) Platon fausse les relations entre l’âme et le corps ; au lieu de vo dans le corps un instrument et un secours, il le regarde comme un pur obstacle. Toutes les maladies de l'âme, l'ignorance et le vice, ont leurs source dans l’union de l’âme avec le corps où elle aurait été enfermée, comme dans une prison, en punition d’une faute commise dans une view préexistante. Or l’union de l'âme et du corps est naturelle 0 PSYCHOL. RATIONNELLE, Article IT, 54.) b) Platon a le tort d'identifier la vertu avec la science. Les actions. humaines sont soumises à un déterminisme rationnel. Aussi la volontés libre est-elle absente de cette doctrine ; mais alors comment la morale, peut-elle y trouver place ? (50, LE.)
(1) PLATON, République, IX, Édition Dipor, T. II, p. 176, c-d. -
(?) RAvaAISsON, Discours prononcé à Louis-le- Grand, août 1873: — FOUILLÉE, Critiques des syslèmes dé morale contempor ains, L. VII. — ROUSSEL- DRSRIER EEE L'idéal esthétique
(2) H&v 97 ro ayafov xadov, To dE xahdY oùx dueroov... «Tout ce qui est bon est. beau, et rien n’est beau sans harmonie... » (PLATON, Timée. Dino, T, II, p. 245-246),
. EUDÉMONISME RATIONNEL : ARISTOTE qi