III. — La doctrine de l’autonomie de la volonté : Fe
19 Ruine l'autorité de la loi morale. — Comment la volonté, étant essentiellement changeante, pourrait-elle édicter une loi immuable ? Comment un être, qui s’impose d'agir de telle ou telle façon, serait-il lié par cet ordre émané de lui ? Après cet ordre, ou il n’est plus libre, et alors il n’y a plus de moralité ; ou il le demeure ; 1l peut par conséquent prendre une décision contraire et se délier de sa première obligation; alors que devient lè caractère absolu, catégorique du devoir ? Il faut done que l'obligation ait un principe extérieur. et supérieur à la volonté.
20 Compromet l’universalité de la loi morale. — Si chaque volonté est autonome, pourquoi la loi morale serait-elle identique pour tou les hommes ? Une loi, qui dépend de la volonté libre, peut change! avec chaque volonté. On dira peut-être que Kant entend assigne comme fondement du devoir la volonté en tant qu’elle est la mêmi chez tous les hommes. Soit. Mais la volonté a précisément chez tou les hommes ceci de commun qu’elle est libre. Dans ce cas, il faut converti
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| que c'est la raison, ie fatale, partout la même, qui montre à chaque volonté humaine la règle du devoir. Mais c’est chercher le fondement he l'obligation en dehors de la volonté et par conséquent sortir du sys- | tème de Kant.
| IV. — La première formule n’est que partiellement vraie. Il faut : dire avec Kant que l’homme ne peut être pour l’homme un simple moyen. Mais on ne peut lui accorder que la personne humaine est une fin en soi, une fin absolue. Elle n’est qu’une fin relative, car l’homme est subordonné à . Dieu, seule fin dernière et suprême.
La deuxième formule n’ajoute rien d’essentiel à la première en ce qui concerne la détermination des devoirs ; inutile de s’y arrêter.
| La troisième formule est vraie; mais elle n'appartient pas en | propre à la morale kantienne. De plus, elle est inconciliable avec le | formalisme de Kant. En effet, pour savoir quelles actions peuvent être
| général ou particulier et alors, comme le lui reproche Schopenhauer, il raisonne comme un vulgaire utilitaire. -— Ensuite, comme nous | Pavons noté, prendre l’universalité rationnelle comme critérium moral,
c’est sortir de la considération de la forme pure pour envisager un bien antérieur au devoir.
La quatrième formule n’est pas spéciale à la morale kantienne. | Conclusion : on peut donc dire que la morale kantienne « pèche
| par la façon dont Kant tire ses conséquences de ses principes. Elle pèche encore, elle pèche surtout par ses principes eux-mêmes » (?). |