(46) A0 FONDEMENT DE L'OBLIGATION
être présente : Carentia perfectionts debitæ. Toute action conforme à la nature raisonnable de l’homme est bonne ; toute action, qui lui est … contraire, est mauvaise. La convenance ou la disconvenance avec la nature raisonnable, tel est donc le principe de la distinction du bien et du mal. C’est là le fondement immédiat; mais le fondement dernier, c’est l'essence même de Dieu, sur laquelle repose l’ordre essentiel des choses (18). IT. — Fondement faux : Volonté arbitraire de Dieu. — Duxs SCOT, GUILLAUME Dp'OccaM, Descartes, Crusius faisant dépendre l'essence des choses de la volonté arbitraire de Dieu, ont fait logiquement = dépendre de cette même volonté la nature du bien et du mal. Le bien « est bien parce que Dieu le veut ; il aurait pu, s’il Pavait voulu, faire que ce qui est bien fût mal et que ce qui est mal fût bien. Dieu ne com- L mande donc pas une chose parce qu’elle est bonne en soi ; mais elle est L bonne parce que Dieu la commande.
Réponse : s’il n'existe aucun bien en soi, logiquement antérieur à la volonté divine et lui servant de règle, cette volonté est dépourvue de raison, arbitraire et par suite contraire à la sagesse même de Dieu. =. À moins donc de supprimer la sagesse divine, il faut reconnaitre que, si Dieu commande ou défend une action, ce commandement ou cette défense ont leur raison d’être dans la bonté ou la malice intrinsèque de l’acte, dans l'essence des choses, que l'intelligence de Dieu conçoit, mais qui ne dépend pas de sa volonté, parce que l’essence des choses
n immuable. Il existe donc un bien en soi, antérieur à la volonté divine. Remarque : s’il s’agit non de choses intrinséquement bonnes ou "mauvaises, mais de choses indifférentes en soi, c’est-à-dire sans rapport à essentiel avec le souverain bien, il est vrai alors de dire que tel acte sera bon parce que Dieu le commande, mauvais parce qu’il le défend.
|" quia imperatum; malum quia prohibitum. :