FONDEMENT DE L’OBLIGATION
… Nous avons défini le devoir : le bien en tant qu’'obligatoire. Pour
expliquer la nature du devoir, deux questions sont à résoudre :
19 En quoi consiste le bien, qui est la matière du devoir ? Nous venons de montrer que le bien se ramène à l’idée de perfection, laquelle
- se compose de deux éléments : lintégrité et l’ordre.
la seconde question à éclaircir. Ilfaut d’abord écarterlessolutions erronées.
l (1) BEAUSSIRE, Les principes de la morale, L. IV, Ch. 11. — G. FULLIQUET, Essai sur ; lo obligation morale, — G. LEFÈVRE, Obligation morale et Idéalisme.
est une imitation plus ou moins parfaite de l'essence de Dieu qui est.
Cette remarque vaut également pour les lois positives humaines : Bonum
29 D'où vient ce caractère obligatoire, qui est la forme du devoir? C’est.
Le
108 FONDEMENT DE L'OBLIGATION : SYSTÈMES ERRONÉS î (46) À SA — FONDEMENTS RUINEUX LL 0 1. La Sanction : on a prétendu que notre bonheur était néces- 3
sairement attaché à la pratique du bien ; nous nous sentons obligés de | faire celui-ci parce que nous ne pouvons pas ne pas désirer celui-là. . Ainsi l'homme serait tenu de faire le bien et d'éviter le mal, à cause des récompenses et des châtiments qui en sont la conséquence nécessaire. Réponse : A) La sanction, étant une suite de lobligation, n’en saurait
être le principe : on ne peut être récompensé ou puni qu'autant qu'on a 1 préalablement observé ou violé un devoir connu. À | À B) Fonder l'obligation sur la sanction, c'est réduire la morale à M l'intérêt. GAMES II. — Les lois humaines : ce sont les législateurs qui auraient établi
la distinction du bien et du mal et donné au bien sa force obligatoire. : … Réponse : A) Les lois humaines tirent leur autorité de la loi morale. ! C’est à la lumière de la loi morale que les hommes jugent de la légitimité « ou de l’illégitimité des lois civiles, selon qu’elles sont conformes ou non ! à l’ordre essentiel des choses, au droit naturel. AN 4 B) Le devoir est universel et. absolu ; comment a-t-il pu tirer ces carac- ! tères des volontés humaines, essentiellement particulières et changeantes? : C) Les lois humaines sont loin d’embrasser tout le domaine de la « moralité : elles n’atteignent pas : les actes qui se passent dans le for à intérieur, ve. pensées et désirs ; — les actions qui ne sortent pas du foyer domestique : vg. désobéissance des enfants ;: — les fautes qui ne. menacent pas matériellement l'ordre extérieur, bien qu’elles soient, réprouvées par la conscience publique : vg. égoïsme, ingratitude. » D) Cette théorie aboutit à des conséquences désastreuses pour l'individu et la société : si lon ne distingue pas entre la légalité, c’està-dire cé qui est conforme à la loi humaine, et la justice, c'est-à-dire ce qui est conforme à la loi morale, le pouvoir législatif peut imposer , toutes les tyrannies et toutes les injustices (17, $ 110 DANS III. —— L’autonomie de la volonté : c’est la thèse de Kant, qui
a été déjà exposée et réfutée (42, $ A, HIT; $ B, TI). fi) 1 IV. — La nature humaine raisonnable : c’est lopinion de : Vazquez (1) et de plusieurs Scolastiques. D’après eux le fondements de l'obligation, c’est la nature raisonnable de l’homme, considérée en elle-même, sans relation avec la loi éternelle. De ce que certains actes. sont conformes à cette nature raisonnable, et d’autres en désaccord. ‘avec elle (eo solum titulo quod nonnullæ actiones eam deceant, .aliæ veros dedeceant), ils concluent que l’homme est obligé d'accomplir les uns!
(1) G. VAZQUEZ, Commentar, in primam secundæ S. Thomæ, Disputatione 107, C. v, et Disput. 144. %
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