RESPONSABILITÉ MORALE
que des actions qu’on a voulues librement, c’est-à-dire dont on a eu * l'initiative ou auxquelles on. a coopéré. C’est pourquoi on n’est pas res-
onsable de sa laideur. Les choses et les animaux, étant dénués de liberté, sont irresponsables.
II. — La connaissance. du bien et du mal, sans laquelle il ny aurait pas de libre arbitre, car agir librement c’est agir en connaissance de cause. Autrement on agit par instinct (Ps. 195, 198). Si l’une ou l’autre de ces conditions fait complètement défaut, la responsabilité disparait en même temps.
fe $ C. — VARIATIONS DE LA RESPONSABILITÉ
| Elle varie dans la même proportion que la liberté et la connaissance du bien et du mal qui la conditionnent. D’où il suit que les causes, qui suppriment, augmentent où diminuent cette liberté ou cette connaissance, suppriment, augmentent où diminuent du même coup et dans la même proportion la responsabilité. Ces causes peuvent se ramener aux suivantes : k | I. — Ignorance et erreur : quand la loi civile a été promulguée, elle n’admet pas, afin de contraindre les citoyens à la connaître, l’excuse trop commode de l'ignorance. Après un certain délai, variant avec les | distances, « nul n’est censé ignorer la loi ». — Dans l’ordre moral, il n’en peut être ainsi : nul n’est coupable sans le savoir. Aussi ce qui L, diminue, augmente ou enlève la connaissance de la loi morale, fait varier la responsabilité dans la même mesure. lL’erreur et l'ignorance invincibles sont celles qui n’ont pu être dissipées par tous les moyens que suggère la sagesse humaine : vg. les sauvages qui tuent leurs vieux parents, les femmes indiennes qui se jettent sur le bûcher de leurs maris sont dans une ignorance invincible. Elles rendent l’homme irrespon- & sable, parce qu’elles sont énvolontaires. L’ignorance et l’erreur vineibles sont celles qui peuvent être dissipées par les moyens qu'emploie communément la sagesse humaine : vg. un médecin qui donne un remède mortel /. ou dangereux, faute de science suffisante, est dans une erreur vincible, | Elles rendent coupable parce qu’elles sont plus ou moins volontaires. |. La folie et le délire supprimant la connaissance, la responsabilité s’éva- | nouit. ee Lé sommeil, le somnambulisme rendent généralement irrespon- . sable, parce qu'ils ne, laissent pas ordinairement une connaissance suffi- | Asante pour discerner le bien du mal. — En somme, on peut dire que plus | on est éclairé, plus on est responsable, parce qu’on a mieux aperçu les | conséquences lointaines de ses actes. [Il ne faut pas en conclure que (l'instruction augmente nécessairement la vertu, car l’instruction accroit | la responsabilité en bien comme en mal.
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l'homme en est toujours responsable, au moins indirectement. Cette «
bilité, pour le bien comme pour le mal, augmente dans la mesure où