‹ Traité de philosophie 1923Chapitre 148 sur 761 · LA VERTU : PLATON · texte numérisé non relu

LA VERTU : PLATON

- admettre cette doctrine quand il dit : « Il suffit de bien jüger pour bien faire et de juger le mieux qu’on puisse pour faire aussi tout son . mieux (1). »

B) Critique : I. — Part de vrai : 1° Souvent le mal a sa cause dans . l'ignorance ; il suffit parfois d'éclairer l'intelligence pour redresser la

volonté. Certaines coutumes ont été en honneur chez les barbares,

vo. sacrifices humains, parce qu’ils n’en voyaient pas la malice. 29 La connaissance du bien et du mal est une condition essentielle de la moralité et par conséquent de la vertu. [Il n’y a vertu qu'autant . que la conscience de l'agent est éclairée et qu’il connaît la valeur morale … de ses actes. Mieux on comprend l'importance et la beauté du devoir, qe on est porté à accomplir ; plus on mesure les conséquences de ses actes, plus la responsabilité et jai conséquent, le mérite et le démérite - augmentent.

"HA, — Part d'erreur : 1° Socrate ne dit pas seulement que la science - dû bien est une condition nécessaire de la vertu, mais une condition … suffisante ; il identifie la science et la vertu. Il ne suffit pas de connaître son devoir pour le faire, il faut encore l'aimer et surtout le vouloir. C’est un fait d'expérience que l’homme pèche en sachant qu’il commet le mal. Souvent l'homme est tiraillé entre les biens sensibles et le bien rationnel ; il voit clairement que celui-ci doit être préféré et cependant il se laisse entrainer par les impulsions de la sensibilité. (Psych., 209,

ie

| 20 Si la volonté est déterminée nécessairement par la connaissance, * que deviennent la liberté et la responsabilité ? Cette doctrine aboutit

donc au déterminisme rationnel (?).

: ‘Se IT. — PLATON

Platon a donné plusieurs définitions de la vertu :

% 1. — C’est la ressemblance avec Dieu, limitation de Dieu : « Nous

ñ devons tâcher de fuir au plus vite de ce séjour à l’autre. Or cette fuite, “cest la ressemblance avec Dieu (éuoloox 75 @eo), autant qu'il

. sagesse (5). » doiter Dieu, c’est fuir le monde sensible et prendre son vol vers le monde intelligible, le monde des idées (Psych., 173). L'homme L. vertueux est un artiste ; la matière qu’il façonne, c’est l'âme ; le modèle

(1) Descartes, Discours de la Méthode, III° P. PA (?) Voir en PsycHoLocïEe (211) dans quel sens on peus entendre raisonnablement le ay mot de Socrate : « Nul n’est méchant volontairement. …. (*) PLaron, Théétète. Dipor, T. I, p.135, lignes 32- 25. — Cf. République, L. X. Dipor, ME. IT, p. 189, 1. 45-46.

oo de nous, et on ressemble à Dieu par la justice, la sainteté et la

Sr.

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qu’il s'efforce de reproduire, c’est Dieu. Cela revient à dire que Ja vertu, : cette fuite (oüyr) vers les régions éternelles, consiste dans le détachement # des sens et le développement de la raison. Donc, pour ressembler à Dieu, É l’homme doit perfectionner sa nature. Telle est a définition pratique de. la vertu donnée par Platon : ‘FH doern rehstdrns éott vis éxaatou Re C’est ainsi que l’âme sera conforme aux Idées, sera belle môralement, c’est-à-dire vertueuse. :

II. — C’est une harmonie. Dieu est P'Un l’'Idée du Bien, bent 4 l'unité parfaite. La vertu ou imitation de Dieu sera donc une participation à l’unité divine. Mais l’homme ne saurait être parfaitement un, puisqu'il 4 est composé d’un corps aux éléments multiples et d’une âme aux facultés " diverses. Il réalisera l'unité dont il est capable en soumettant le Corps à l'âme et les facultés inférieures de l’âme à la raison : l'érubuutx au Guuoc, le Guuos au vo5c (39). Ce sera l’unité dans la variété, ce sera Pat l à monie. L'âme est vertueuse quand toutes ses facultés rendent leur | note dans un accord parfait. C’est pourquoi Platon parle souvent de \ l'harmonie de l’âme ); définit «la vertu une harmonie » (?) et appelle | l’homme sage un musicien (ÿ). 4

Critique : ces deux définitions, dont l’une est la conséquence de 3 l'autre, indiquent plutôt les effets de la vertu se sa nature.

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