‹ Traité de philosophie 1923Chapitre 192 sur 761 · DEVOIRS RELATIFS A LA VIE D’AUTRUI · texte numérisé non relu

DEVOIRS RELATIFS A LA VIE D’AUTRUI

Ï. — Homicide : tu ne tueras pas. Le respect de la vie des aut est le plus impérieux des devoirs de justice, parce que l’homicide mé l'âme dans l'impossibilité d'accomplir sa destinée, et il prive la sociét d’un de ses membres. |

II. — Assassinat politique : on a essayé de légitimer le meurt d’un tyran, au nom du bien commun de la société.

Réponse : A) La fin ne justifie pas les moyens (14). +

B) On ne peut assimiler l'assassinat politique à la peine de mon car, dans la peine de mort, le tribunal, qui applique la loi, ne la fa pas ; dans l'assassinat politique le même homme est auteur et exéci teur de la loi. ; ‘4

C) Personne ne peut se substituer sans mandat à la société pou se constituer son justicier. C’est à la société qu’il appartient de & défaire, par les moyens légaux, de son oppresseur (106, $ B). 4

III. — Droit de légitime défense : au droit que tout homme de vivre on peut rattacher les questions suivantes : droit de légitim défense ;: — duel. Quand il s’agit de défendre sa vie, l'intégrité 2 membres, sa pudeur, sa liberté, ses biens, on peut repousser la fo € par la force : Vim vi repellere omnia jura permittunt. Mais : Fe

A) Ce droit n’existe que dans le cas d’une agression actuelle: injuste (?). (24 | ke.

B) Il ne faut l'exercer que dans la mesure nécessaire à la défensi cum debito moderamine inculpatæ tutelæ. Ce que je dois avoir en vui ce n’est pas le mal de mon agresseur, c’est mon bien. Si je puis atteindh ce résultat sans frapper l’homme, je dois l’épargner ; s’il suffit de”

blesser, je n’ai pas le droit de le tuer.

me

(1) M. »’Huzsr, Conférences de Notre-Dame, 1896, 3° Conférence. — L. JOUIN, E menta philosophiæ, P. III, L. III, Ch: 1v. Ÿ (2) «Si un malfaiteur attente à ma vie ou à ma propriété par surprise, la protecti

sociale arriverait trop tard pour me mettre en sûreté ; je suis donc en droit de m'y meti moi-même. Vous le voyez : la raison décisive qui justifie, dans ce cas, la violence défensi c’est le retard inévitable de la vindicte publique ». (M. p’HuLsTt, Conférences de Not Dame, 1896, IIIe C. p. 92). LUE

ÆV. — Duel () : on distingue le duel : ie Public : celui que l’auto-

90 Judiciaire : épreuve ‘ur du fer chaud) usitée sous le nom de jugeent de Dieu. Il reposait sur une conception fausse et superstitieuse

torité privée, conviennent du temps, du lieu et des armes. C’est le ul usité aujourd’hui. [! dérive du duel judiciaire, coutume barbare nportée en Gaule par les Germains. Le duel est un acte :

= A) Contraire à la loi naturelle, parce qu’il contient la double alice de l’homieide et du suieide. Le duelliste s'expose sans nécessité pe toujours possible (même dans le quel au premier sang et

né à un suicide manqué. »

4 Contraire à la raison, car c’est un moyen absolument Len

on êtes, la Fe qui compte, et le verdict de l’ opinion fri Je L’estime S premiers 1ra à celui qui aura le courage de refuser le duel ; Papprotion de la seconde lui fera défaut; mais il peut s’en passer, parce lle est méprisable, et ille doit, parce qu’il faudrait l’acheter au prix devoir, qui l’oblige au respect de la vie en lui-même et dans les res.

ers, c'en est fait de l’ordre social, car DU côté on est mauvais Juge S Sa propre cause, et, de l’autre, l’exercice de ce droit est bn que la victoire revient au plus fort et au plus habile.

…— D) Contraire à la justice : les duellistes s "exposent à recevoir JU à infliger la peine de mort pour une offense qui ne la mérite pas, uvent même pour des motifs futiles, un préjugé, le point d'honneur (3). ca y a | d’autres manières, légitimes, de se faire rendre justice ou de

"A S, SCHIFFINI, Disputationes philosophiæ moralis, T. II, n. 290 et sqq., Turin, 1894. APARELLI, Essai théorique de droit naturel, n. 393 et sqq.

JDE SMEDT, Le duel judiciaire et l'Eglise, dans les Etudes, Janv. 1895, p. 35 sqq. .« Deux hommes du peuple, dit J. DE MAISTRE, qui se battent à coups de couteau des coquins ; mais allongez les armes, faites-en des épées, voilà ce qu’on appelle une re d’ honneur ! »

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