B. — LA SOCIÉTÉ EST UN ÉTAT NATUREL
4 — Le prétendu état de nature imaginé par Hobbes et Rousseau un état conire nature. « Comment ! Phomme est partout en société, | Montesquieu, et l’on demande s’il est né pour la société ? Qu'est-ce
“eut donc avoir pour fondement que la nature même de l'homme. 11. — Pour établir que la sociabilité est naturelle à l'homme, il suffit analyser ses tendances et ses besoins :
- A) L'enfant est incapable de subsister et de pourvoir à son éducation hysique, intellectuelle et morale pendant une longue période de sa ie. De ce chef, une société élémentaire, la famille au moins, est nécesaire.
. B) L'instinct de sympathie pour ses semblables et la faculté de arler sont des preuves manilestes de la sociabilité de l’homme (Ps. 42). C) L'homme est porté à constituer une société plus vaste que la amille par une double tendance, naturelle et irrésistible, l'instinct e conserver son être et l'instinct de le développer le plus possible. C'est le besoin de sécurité pour l'exercice de ses droits et le besoin de progrès atériel, intellectuel et moral qui poussent à entrer en société. Cest n effet sous l'empire de ces nécessités pressantes que les familles s'assoient. Plusieurs familles, associées pour cette œuvre commune de
faits et l'étude psychologique de l’homme. La société est donc bien re
de (1) VAREILLES-SOMMIÈRES (DE), Les principes fondamentaux du droit, XII-X VII. — 42 ASCAL (dE), Philosophie sociale, L. III, Sect. III*, Ch. 117.
‘qu'un fait qui se reproduit dans toutes les vicissitudes de la vie humaine, : non une loi de humanité ? » La société est un fait universel ; ellene
— défense et de perfectionnement, forment une tribu. Celle-ci grandit, travaille, prospère : elle devient un peuple. Voilà ce qu’attestent les
un état naturel, puisqu'elle est conforme à la nature de l’homme : elle est conséquemment d’origine divine, puisque Dieu est l’auteur de Phomme et de ses tendances. Aristote avait vu plus juste que Rousseau * quand il disait : « l’homme est un animal politique. » *Avfswros oüser mohrixov Ciov (1). )
IL — Il n’y a pas trace historique du prétendu contrat social. e : IV. — La théorie du contrat social aboutit à des conséquences … désastreuses : l'anarchie ou le despotisme (Cf. $ A). | : 0 V. — Cette théorie repose sur la supposition que l’homme ne peut …
être obligé qu'avec son consentement. Cette supposition est fausse : M l’homme, par le fait même de sa naissance, n’a-t-il pas des obligations # envers Dieu, ses parents, ses semblables ? L'homme peut donc être lié moralement, en dehors de son consentement, parce que certaines obli- 4 gations sont fondées sur la nature des choses. RARE D. VI. — Elle a pour base une hypothèse : la sauvagerie primitive de l’homme. Si par ce mot l’on veut dire que les premiers hommes ne jouissaient pas des bienfaits et des inconvénients de la civilisation, « c’est vrai, car elle est l’œuvre des siècles ; mais, si par là on entend des « hommes d’une intelligence grossière, malpropres, cruels. tels que les sauvages actuels qu’on représente comme les types de l’homme primitif, « c’est faux. En effet : CR? ‘4 A) La tradition place au berceau du monde un âge d’or. B) Certains anthropologistes rejettent cette hypothèse. 4 C) Le sauvage actuel n’est pas l’homme primitif arrêté dans son évolution, mais un être dégradé. On allègue sa cruauté et son immo- # ralité ; mais, au milieu des nations les plus civilisées,il existe des hommes, S | véritables brutes par leurs instincts cruels et dépravés ; témoins les | horreurs de la Révolution française et du Bolchevisme en Russie. Chez p. les sauvages les plus dégénérés comme les F uégiens, on trouve des indices ! de leur ancienne civilisation : un de leurs dialectes est riche de trente . mille mots. D’autres, comme les Mincopies, ont des conceptions reli- « gieuses supérieures à celles des Grecs et des Romains (2). | Conclusion : 1° Le fait universel de l'existence de la société a sa! Cause dans les exigences de la nature (conservation et développement des facultés) et dans l'insuffisance de l'individu et de la famille à les satisfaire pleinement : la société vient de la Providence par l'intermédiaire de la nature. C’est un fait nécessaire, universel, qui s'applique à l'immense |
Fe
id Pr do e dédlnen ses
Sage
(°) ARISTOTE, Politique, L. I, Ch. 1, $ 9. Édit. Dior, T. I, p. 483. ; D 7
(?) F. Vicouroux, Les Livres saints et la critique rationaliste, T. IV, L. I, Sect. V,4 “Ch. VI. —N'ADAILLAC (DE),Les Séris, Correspondant, 1901, T. II, p.1106-1124.—7T. GUIBERT, Les origines, Ch. vir. À