LP 115. — LE PROGRÈS
que ceux de la civilisation (2). Le progrès c’est la marche en avant vers . la réalisation de la perfection. La perfection est le plein développement
À des puissances d’un être dans le sens de sa fin (114). |
Mais on peut se poser une question nouvelle. L’humanité est-elle
de monter plus haut. La perfectibilité de l'humanité est-elle aussi indé-
se perfectionner de plus en plus. Mais le progrès sera-t-il en fait indéfini ? On ne saurait répondre d’une façon absolue. La loi du progrès n’est pas … fatal, puisque les individus composant la collectivité sont libres. Sans & doute çà et là il y a recul et décadence, mais il semble que l'humanité, prise dans son ensemble, progresse (3). Cette conception n’a rien de é commun avec celle de Hegel et de P. Leroux, qui rêvent pour l'humanité une perfection sans terme assignable, par un progrès fatal et continu : “pour eux l’humanité c’est Dieu même en train de se faire. IT. — Le Progrès moral : le progrès matériel, économique, scienti- .lique est manifeste. Le progrès moral est beaucoup moins évident,
non seulement à cause de la complexité de la question, mais parce que
(2) S. Mix, Dissertations and Discussions political, T. I, p. 160 sqq. Londres, 1859. » (2?) CONDORCET, Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain. — TJ: Féuix, Le Progrès par le Christianisme. — FR. BouILLier, Morale et Progrès. — SPENCER, Essais sur le Progrès — G.DEe GREEFr, Le transformisme social. — J. PI0GER, La vie sociale, La morale et Le progrès. — W. BAGEHOT, Lois scientifiques du développement des nations. — & FreDeRicr, Les Lois du Progrès. — MaTTEuzzi, Les facteurs de l’évolution des peuples, —
Trad. de l'anglais par FOLGHERA. — P.-F. THoMAs, Pierre Leroux, sa vie, son œuvre, sa doctrine.
…. (°) « La Providence humaine, qui conduit admirablement toutes choses, gouverne la Lsuite des générations humaines, depuis Adam jusqu’à la fin des siècles, comme un seul “ homme, qui, de l’enfance à la vieillesse, fournit sa carrière dans le temps en passant par “ous les âges. » Saint Augustin, cité par Em. FAGUuET, Cf. Revue des Cours et Conférences, 8 déc. 1898, p. 149.
I. — Le Progrès en général : ses éléments constitutifs sont les mêmes
indéfiniment perfectible ? La perfectibilité de l'individu est indéfinie ci . quant au degré possible d'imitation de l’idéal, en ce sens que, si de fait 4 chacun s’arrête à un degré fini de perfection, il lui serait toujours possible 0
finie ? Étant composée d'individus indéfiniment perfectibles, elle peut
ManRwINET, De la perfectibilité humaine. — C.-S. DEvAs, L'Église et le Progrès du Monde.
> TRÉRRRESLES
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l’un de ses éléments reste inaccessible : à savoir les ‘intentions. On nel | peut nier cependant qu’il y a un progrès réel : j 19 Dans la Connaissance des idées morales. — L’ensemble de Dumas 4 nité est mieux instruite de ses devoirs. On réprouve aujourd'hui communément l'esclavage, les vengeances exercées par autorité privée, les # raifinements dans les tortures, la mise à la question pour arracher des aveux. Il y a un sentiment plus vif des droits de l'équité, un souci plus» grand de la justice distributive, une tendance de plus en plus accentuée à tempérer, par des institutions de bienfaisance et des mutualités, les conséquences pénibles de l'inégalité des conditions. Les rapports inter-\ nationaux se sont adoucis : le pillage, le massacre des prisonniers, l’emploi M
d'armes empoisonnées, etc., sont prohibés par les nations civilisées.
Le recours à l’arbitrage pour régler les conflits entre peuples commence »
à entrer dans les mœurs. / 20 Dans le Respect extérieur de l’