B—SÉPARA TION DE CN HP DB L'ETAT
Wa) Fr. DE CHAMPAGNY, Les Césars. — FUSTEL DE COULANGES, La Cité antique. (?) LECANUET, Montalembert, T. I. — P. THUREAU-DANGIN, L'Église et l'État sous Monarchie de Juillet.
L'État peut prendre vis-à-vis de l’Église trois attitudes : Absorption, à
à Église, mais non pas jusqu’à rompre l’unité essentielle : vg. le GALL
de l'unité catholique voulue par Jésus-Christ, asservies aux pouvoirs imains et par là même dégradées : ve. Église russe, Églises protesntes. Cette absorption est : a) une erreur, car c’est ‘confondre deux
sociétés qui ont des fins distinctes ; — b) un crime, car c’est une usur-
- C'est N.-S. J.-C. qui a établi la distinction des deux pouvoirs, le
s peuples. Autrefois la religion était exclusivement nationale. La
éféré, au prix de leur sang, obéir à leur conscience plutôt que dé
1° Oicine : : invoquée par les catholiques libéraux de l’école de LAMEN- NAS (108, C, III, 10) pour mettre l’Église au-dessus des partis poliie la séparation est aujourd'hui le mot d'ordre des ennemis de
pHse (1 — Que serait-elle si elle était honnêtement pratiquée ?
ES
338 e RAPPORTS DE L'ÉGLISE ET DE L'ÉTAT 4 (120) de
Officiellement l’État ne connaïîtrait pas l'Église : elle serait pour lui
comme n'étant pas et réciproquement. 12-727" IT. — Valeur : A) En droit : cette séparation est essentiellement !
contraire : | |
19 Au devoir de l’État : il ne peut affecter d'ignorer la société surnaturelle, à laquelle il doit se subordonner, car il doit se subordonner à la fin suprême représentée par l’Église. pur 1
20 Au droit de l’Église, société visible, parfaite, indépendante, que " Jésus-Christ n’a pas établie pour qu’on n’en tienne pas compte, mais w pour qu’elle occupe le premier rang dans les choses humaines.
B) En fait : cette séparation est à la fois funeste : 10
19 ATÉtat, car l'État chrétien ne peut atteindre convenablement sa fin propre, le bonheur temporel, qu’en la subordonnant à la fin der- / nière surnaturelle. Il a donc un besoin absolu de l’Église. C’est ce que tous les politiques avisés redisaient en 1803, après’la Révolution, avec Portalis : « Il est temps d’appeler la religion au secours de la société. »
20 A l’Église: la constitution intime de l'Église étant spirituelle et surnaturelle, l'Église ne doit rien à l'État et n’a nul besoin de lui sous ÿ ce rapport. Mais elle est à la fois humaine et divine comme son fonda: teur. Composée d'hommes, usant de procédés humains pour transmettre son action surnaturelle, elle a par là même des besoins temporels : | besoins de propriété, de liberté, de publicité. Or l’Église a droit à la satisfaction de ces besoins, puisque ce sont pour elle des moyens nécessaires à la poursuite de sa fin. D’autre part, l’action individuelle des … fidèles ne suffit pas à les satisfaire complètement. L'aide de l'État est # donc indispensable à l’Église, non essentiellement et pour tout exercice de sa puissance (autrement elle ne serait plus société parfaite), mais pour l’exercice facile, complet, normal. Si l’État refuse son concours,
il ne détruit pas l’Église, mais il l’entrave et nuit gravement au bien des âmes et conséquemment aux intérêts de la société.
Conclusion : la séparation totale n’est pas possible, du moins longtemps. L'Église et l’État se rencontrent inévitablement sur un terrain commun, lendividu, à la fois citoyen et fidèle, n'ayant qu’une conscience pour satisfaire à cette double obligation. Dans les pays où l’État est plus ou moins anti-religieux, il ignorerait l’Église tant qu'il ne s’agirait que de lui prêter appui : il la connaîtrait dès qu’il s’agirait de la surveiller et de l’entraver (1). La séparation n’est donc qu’un pis-aller, un expédient que peuvent rendre nécessaire certaines circonstances historiques. < Jusqu’ici, les États-Unis ont appliqué le système séparatiste avec . largeur et bienveillance. Mais les conflits sont toujours à craindre, car :
(?) F. Burer, Le Péril de la Séparation de l'Église et de l'État.