‹ Traité de philosophie 1923Chapitre 326 sur 761 · C. — UNION DE L'ÉGLISE ET DE L'ÉTAT · texte numérisé non relu

C. — UNION DE L'ÉGLISE ET DE L'ÉTAT

1. — Nécessité et base : c’est la seule forme légitime de leurs relations. Cela ressort de l’exclusion des autres systèmes. L'ordre a

pour. fondement la vérité ; l’union, qui est l’ordre, se fondera donc sur : Ja nature vraie des deux sociétés. Cette nature sera déterminée par leurs fins respectives.

“ IT. — Mode de cette union : 1° Il faudra traiter en faisant des erifices réciproques : en ce sens que l'État doit y mettre la déférence

( d'un fils eb l'Église la condescendance d'une mère. Mais l'Église ne

périeure à puissance subordonnée, non d'égal à ‘égal. C’est la consé- …

uence nécessaire de la nature des deux sociétés et de leurs fins. La fin

mmédiate de l’État est d’assurer l’ordre et la prospérité temporels :

a à fin immédiate de l Église est de procurer le salut éternel. ILest évident ue la fin de l’Église, n'étant autre que la fin suprême et dernière de

D. dépasse la fin de l’État, puisque la première est surnaturelle

t spirituelle, tandis que la seconde est naturelle et temporelle. Donc,

lans l'union des deux sociétés, il n’y aura équité que si l’on maintient

L 1 30 En cas de conflit le pouvoir rte doit l'emporter sur le temporel :

c'est à l’Église qu’il appartient de déterminer la limite entre les deux

Pouvoirs et de décider en dernier ressort les questions mixtes, puisque

Seule elle à mission pour connaître le spirituel, chose supra- rationnelle

t révélée.

“On nomme questions miries celles où l'élément religieux est mêlé

Pélément politique. Mais alors, dira-t-on, l’Église est juge et partie.

— Oui, comme Dieu même qu elle représente, ét n° ÿ à aucun empié-

tement à craindre, puisqu'elle est infaillible.

NII. — Clauses essentielles de l'alliance : tout découle de cette NeGite fondamentale : les deux fins et les deux sociétés sont distinctes, mais subordonnées.

MA) Les fins étant distinctes : 19 I’ bee n’a aucun droit direct sur

di spéciale de l’État : l’État reste indépendant dans sa sphère propre

(le bien temporel). Toutefois l'Église, étant la gardienne infaillible de

morale publique et politique aussi bien que de la morale privée et

mestique, a le droit et le devoir d’avertir les gouvernants baptisés

ü, comme tels, sont ses sujets, dans toutes les questions où la moralité

340 LA Na ET L'HYPOTHÈSE est engagée. Les gouvernants On le droit et le devoir de déférer à se

avis. | y

20 L'État n’a aucun droit, n2 Dire ni indirect, sur la fin propre 1 l'Église, aucun droit à entraver l'exercice de ses pouvoirs spirituels, d son organisme social : vg. c’est un abus que de s’ opposer à la publ cation des Bulles pontificales et des Mandements épiscopaux, que les déférer au Conseil d'État, etc.: car c’est s’immiscer dans le spiritue

B) La fin de l’État étant subordonnée à celle de l'Église :

10 L'Église a le droit de réclamer de l’État chrétien le conco temporel qu’elle juge moralement nécessaire à l’'accomplissement, sa fin propre. |

20 L'État a le devoir d'aider l'Église positivement et activeme de donner aux choses saintes, comme dit Leibniz, curam et auxili I1 est, selon le mot de Constantin, « l'évêque du dehors ». C’est ai que les pouvoirs chrétiens ont fait lois de l’État les lois canoniques à l'Église ; le bras séculier a réprimé les hérétiques publies et scandale En agissant ainsi ils songeaient à la prospérité et à la défense dek société, convaincus que la religion est le plus solide fondement empires et que l’unité doctrinale est le meilleur rempart de l'unité natt nale. Il faut se rappeler aussi que les hérétiques avérés étaient des suje el révoltés contre l’Église et contre l’État, qui troublaient la paix d consciences et la foi commune (123, I, B. 20, 30). |

Les clauses de lalliance se ramènent donc aux suivantes : 10 Di tinetion des deux puissances, souveraines chacune dans sa sphère propre — 20 Concours : on s’allie pour s’aider ; — 3° Subordination de l'É à l'Église dans les questions mixtes (1). /

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