RÉPARTITION ET DISTRIBUTION DE LA RICHESSE
Chacun a droit aux richesses à répartir, dans la mesure où il a contribué : à les produire. Le propriétaire a pour rémunération : la rente foncière? le capitaliste, l’intérét ; le travailleur, le salaire ; l'entrepreneur (celui qui réunit les capitaux, le matériel, les ouvriers, dirige la production et écoule les produits) : le profit, c’est-à-dire ce qui reste après le paiement. de la rente, de l’intérêt et du salaire (2). %
$ A. — LÉGITIMITÉ DE L'INTÉRÊT (3) On entend par choses fongibles celles qui se consomment, se détruis sent entièrement par l’usage : vg. les denrées. Par le contrat de mutuum ou prêt de consommation, le prêteur cède une chose fongible : vg. un kilo: | gramme de pain. Cette chose devient la propriété de l’emprunteur q li est obligé de rendre, au bout du temps convenu, une chose équivalente du même genre. Le prêt de consommation est essentiellement gratuit : en effet la chose prêtée passe avec son utilité à l’emprunteur : mais. étant fongible, elle n’a pas d’utilité distincte de sa propre substan e et de l'emploi qui la consomme ; l’emprunteur n’est donc tenu qu’à 14 rendre in eodem genere. Si elle avait une utilité distincte de sa substance et de l’usage qu’on en fait (vg. on me prête un cheval pour une course), alors le propriétaire pourrait exiger une compensation de l'utilité do ati il se prive, car cette chose, étant un bien productif, peut être l’objet du contrat de louage.
ES
(1) CL. JANNET, Le capital, la spéculation et la finance au XIXe siècle. — THALLER Les Bourses. — DEvize, Les opérations de bourse devant la conscience. | (?} RiICARDO, Rentes, salaires et profits. Fe si (?) P. BAUGAS, Le prêt à intérêt. — CH. PÉRIN, La richesse dans les sociétés chrétiennes
T. II, L. V, Ch. v.—V. CATHREIN, Moralphilosophie, Bund II, Buch V, K. II.—J. RicxA BY Moral Philosophy, P. III, Ch. v, Sect. V. — Cu. ANTOINE, Cours d'Économie sociale, Ch. xWII Art. 5, 6. — Eu. von BŒHM-BAWERK, Histoire critique des Théories de l'intérêt du capi al
Trad. de l'allemand par J. BERNARD. — LEHMKUHL, Theologia Moralis, T. I, n. 1301 sq Fribourg-en-Brisgau, 191011. - 48
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RÉPARTITION ET DISTRIBUTION DE LA RICHESSE 357 | LR cela à l'argent. La morale condamne comme usuraire le prêt de l'argent avec intérêt, quand c’est un prêt de simple consomation, c’est-à-dire dans les cas où l'argent est une chose fongible, n’a
pas d'utilité distincte de l'emploi qui le consomme. Mais elle le permet “quand l'argent a une utilité distincte de la consommation. Or ce caractère utilité distincte dépend des circonstances.
… Avant le développement de l’industrie et du commerce, l'argent ’avait pas de pouvoir productif. À mesure que les transactions sont devenues plus actives, l'argent n’a plus été une simple monnaie, chose “ fongible que l'usage détruit, mais il a joué le rôle de capital. On a compris alors que, dans bien des circonstances, rendre simplement au prêteur. a somme empruntée, ce n'est pas lui rendre tout ce qu’on lui doit. n a cherché quels pouvaient être les titres du prêt à intérêt, c’est-à-dire raisons extrinsèques au contrat de prêt qui pourraient légitimer la
princip aux.
30 Les risques nu . ES due joies fait courir au ital prêté en l'exploitant.
…. Ces titres, avant le progrès de la spéculation au x1x€ siècle, n Gi nion as toujours réalisés. Mais dans l’ordre économique actuel, comme il devenu facile à tout le monde de donner à l'argent un emploi fruceux et licite, le titre lucrum cessans existe toujours et suffit à légitimer ntérêt. La raison en est qu'actuellement l'argent à une productivité rtuelle générale. Sans doute l'argent ne produit pas par lui-même, ais médiatement ; c'est un instrument aux mains de l’homme pour évelopper la richesse ; il a donc un pouvoir virtuel de production. Or celui qui prête une chose virtuellement productive, a droit de réclamer à lemprunteur une compensation pour le bénéfice moralement certain dont il se prive pendant ce temps. Les décisions de l’Église sur ce point ne sont donc pas contradictoires ; elle a condamné et condamne toujours le prêt à intérêt, quand il n est qu’un prêt de consommation, parcs qu'alors il y a usure, perception d’un bénéfice injuste: mais elle Pa autorisé et Pre quand un titre le rend légitime, pourvu qu il soit
erception d’une certaine somme en ne du capital prêté. Voici les