‹ Traité de philosophie 1923Chapitre 352 sur 761 · KL — NA DE LA CRISE SOCIALE · texte numérisé non relu

KL — NA DE LA CRISE SOCIALE

À) Causes économiques (2). — Voici les principales :

19 Aniagonisme du capital et du travail. — L'introduction des mahines, qui ont une importance de plus en plus considérable dans la pr oduction et la division de la richesse, a donné au Capital une influence

D. d’accentuer le contraste des classes, d’agoraver la Re des ouvriers, de multiplier les conflits entre employeurs et employés.

qui domine, c’est la solidarité de la classe, faite de défiance et d'envie.

29 Fnconvénients du régime des machines et des usines. — «Le séjour

prolongé dans une atmosphère de poussières et de l'odeur

: Se x *e : Ÿ =

62) Cf. Ex. ANTOINE, Cours d'Économie sociale, Ch. vrr, Art. II, p. 185-191, Paris, AA *. A

rive à la même conclusion : « L’étude méthodique des sociétés euroéennes m'a appris que les conditions essentielles de la nr y sont

question sociale a pour objet les maux dont souffre la société dans l’ordre er

Les rapports personnels entre le patron et l’ouvrier ont changé de Caractère : autrefois, c'était, d’un côté, la conscience du devoir et 4e fa responsabilité : de l'autre, le sentiment de la soumission et de la fidélité. + esprit de solidarité inspirait l’entreprise commune. Aujourd’hui, ce

au

tution $’est faite au bénéfice des entrepreneurs, car le travail féminnr

nl à x F ve ES Er : DS 4 306 LA QUESTION SOCIALE : CAUSES DE LA CRISE . RCE

nauséabonde de l’huile et de la graisse : la chaleur intense en été comme en hiver (par suite de l'éclairage au gaz) ; le bruit des machines ; la durée du travail souvent exagérée, tout cela rend insupportable le séjour à l'usine, favorise l’alcoolisme, l’immoralité et la débauche (1). » > 4

Comme le maniement des machines requiert, d'ordinaire, plus d’a, ; lité que de force musculaire, les femmes, les jeunes filles et les enfant ont été, dans beaucoup de cas, substitués aux hommes. Cette substi

est moins cher, mais aussi au grave détriment de la famille, car les femmes mariées sont arrachées au foyer domestique, les jeunes fill se trouvent exposées à de grands périls, et les enfants prématuréme émancipés se soustraient à l'autorité des parents. DA ESC 39 Superproduction. — Avant le développement extraordinaire des usines, le fabricant travaillait pour une clientèle restreinte et, ordinai: rement, Sur commande. Aujourd’hui, travaillant pour le marché national ou même mondial, il lui est impossible de prévoir exactement les besoins d’une clientèle aussi étendue. Dans cette incertitude, il est porté à fabr quer plus qu’il ne pourra vendre. De là surproduction ; de là les crises industrielles et commerciales qu’elle entraine. « Il est rare que ces crises réduisent un grand nombre d'employeurs à l'indigence ; le plus souvent, elles ne produisent d’autre résultat que de les forcer à restreindre le genre de vie ou à faire appel au crédit (2). » Pour les ouvriers les consé=" quences en sont généralement beaucoup plus graves : c’est le chômage” forcé, tout au moins l’abaissement des salaires ou la diminution des 4 heures de travail, c’est-à-dire la souffrance et parfois la misère. Pous les patrons ce n’est pas le nécessaire qui leur fait défaut, mais le conve= nable ou le superflu. | E .

49. Insécurité de la classe ouvrière. — La situation de l'ouvrier est précaire. Trop souvent le salaire est insuffisant à l'entretien d’une famille, de sorte que l’ouvrier, même sobre et honnête, ne peut s’assurer par l'épargne des ressources en cas d'invalidité ou pour le temps de Ian vieillesse. | | | 4 B) Causes d’ordre philosophique, moral, religieux : 5 S 1° Les principes faux de la liberté illimitée pour l'individu et de. l'égalité absolue de tous, appliqués à l’ordre économique, ont été, Ia comme ailleurs, malfaisants. Leur fausseté philosophique, au point de

(antagonisme des classes, révolutions, grèves violentes, etc.) ont prouvé leur malfaisance pratique. Le monde du travail a été livré à une concur…

(*) CH. ANTOINE, Cours... Ibidem, p. 188-189. < (*) CH. ANTOINE, Cours... Ibidem, p. 190.

Po SOCIALE : CAUSES DE LA CRISE 367

les nie forts ut les plus faibles.

90 L'oubli des devoirs envers Dieu, l'absence de toute ae religieuse, l’obseurcissement des notions de justice et de charité, fournies bpar la raison naturelle, ont amené Ja perte ou l'engourdissement du sens

14 en ce monde et recherchent en conséquence, avec une insaable avidité et une âpreté inexorable, par tous les moyens possibles,

Ésans s'inquiéter des règles de la Morale, les biens et les jouissances terstres. Rien de plus logique, rien de plus urgent, si, comme le soutient le naturalisme, le paradis est sur la terre et si tout finit avec la vie pré- “sente. Aussi les employeurs sans scrupule exploitent leurs employés traités comme des instruments de rapport, les employés pris de haine et d'envie ne visent qu'aux moyens, même violents, de supprimer la classe des riches. Cette conspiration de la masse ouvrière a été singu- | lièrement favorisée par l’agglomération des travailleurs dans les grandes MES | F2 Tout est résumé dans ce tableau saisissant de la crise sociale, tracé par Léon XIII : « Les progrès incessants de l’industrie, les routes nouvelles que les arts se sont ouvertes, l’altération des rapports entre les ouvriers et les patrons, l’affluence des richesses dans les mains d’un petit nombre, à côté de l’indigence de la multitude, enfin, l'opinion plus grande que les ouvriers ont conçue d'eux-mêmes et leur union plus compacte, tout cela, sans parler de la corruption des mœurs, a eu pour résultat final un redoutable conflit... Nous sommes persuadé, et tout le monde en convient, qu'il faut, par des mesures promptes et efficaces, venir en aide aux hommes des classes inférieures, attendu qu’ils sont pour la plupart dans une situation d’infortune et de misère imméritée. Le dernier siècle a détruit, sans leur rien substituer, les corporations anciennes qui étaient pour eux une protection ; tout principe ‘et tout sentiment relgieux ont disparu des lois et des institutions publiques, et ainsi, peu à peu, les travailleurs, isolés et sans défense, se sont vus, avec le temps, livrés à la merci de maîtres inhumains et à la cupidité d’une concurrence « éffrénée. Une usure dévorante est venue encore accroître le mal... A tout cela il faut ajouter le monopole du travail et des effets de commerce devenus le partage d’un petit nombre de riches et d’opulents, qui imposent ainsi un joug presque servile à l’infinie multitude des prolé- taires A ). »

(1) LÉON XIII, Encyclique Rerum novarum, 16 mai 1891. — Cf. Lettres Apostotiques ds Léon XIII, Edit. de la Bonne-Presse, T. III, p. 18-21.

INR dot à 1 DE SORA

religieuse. Les remèdes d’ordre économi

tant que la Morale et la Religion n’auront

questions morales », et les « questions morales

tions de la question sociale. L’É

368 LA QUESTION SOCIALE SA NATURE Re ue “à SIL — NATURE DE LA QUESTION SOCIALE

De tout ce qui précède, il résulte clairement que la question sociale est une question tout ensemble économique et morale. Son objet direct, et immédiat se rapporte à l’économie sociale, car le problème à résoudre: est celui-ci : Comment obtenir une meilleure répartition de la richesse” et établir une paix durable entre les capitalistes et les travailleurs ? Mais elle est en même temps et, avant tout, une question morale et que, en tflet, qu’on à appliqués ou qu'on appliquera, ont été et resteront d’une efficacité très limitée, pas changé les âmes, car les causes principales des maux dont souffre et se meurt la société, sont.

intérieures, d'ordre psychologique. a | : ‘4 Cette vérité est si manifeste qu’elle s’est im appartenant à des milieux bien différents. i Auguste Comte. mentionne, à notre époque, un professeur allemand, den lPUniversité de Strasbourg, Théodore Ziegler; un publiciste anglais, « Benjamin Kidd, un pasteur américain, George Herron (1) Il pense“ comme eux : « Scientifique, politique, économique done, si l’on veut,” mais secondairement, accessoirement, ou de surcroît, la « question « Sociale » est principalement et d’abord une « question morale ». Voilà ce que Comte à parfaitement vu. Voilà ce qu’il à voulu dire quand il a! dit que « nul ne possédait d'autre droit que-celui de faire toujours son devoir » (2?) Brunetière ajoute : « Les questions sociales » étant des: » des « questions reli- > sont donc, en dernière analyse, des.

posée à des penseurs Brunetière, après avoir cité

gieuses », les « questions sociales ; « questions religieuses » (3):

S-IIT. — SOLUTIONS DIVERSES

Les Écoles : libérale, socialiste, catholique, ont proposé diverses solu-

cole socialiste, estimant que l’orga-.

nisation de la société actuelle est foncièrement mauvaise et qu'il faut. la changer radicalement, a arboré le programme suivant : la propriété collective et nationale des instruments de travail doit être substituée à la propriété privée, et l’administration des forces économiques doit . être confiée à PÉtat représentant la nation. Nous avons déjà exposé … et critiqué ce programme (72) (4). Reste donc à examiner les solutions de l’École libérale et de l'École catholique. 5:00

en PE) Et ER LE BRUNETIÈRE, Sur les Chemins de la Croyance. L'Utilisation du Positivisme, P. III, p. 244-245: $ I, p. 264; $ III, p. 304-305, Paris, 1905 2. Re CPC :Cx ANTOINE, Cours…., Ibidem, Ch. 1x, p. 220-258 nr

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