‹ Traité de philosophie 1923Chapitre 365 sur 761 · LA NATURE DU BEAU · texte numérisé non relu

LA NATURE DU BEAU

RS LE PROPORTION : c'est-à-dire 1 rapport harmonieux des parties entre elles et avec le tout : ve. un homme ayant des bras inégaux, le nez trop proéminent ; — un discours avec un exorde interminable et un corps de preuves très fluet ; — un petit bâtiment central flanqué de … deux énormes tours, ne sont pas beaux.

un Critique : certains philosophes ont voulu condenser ainsi la défi- 4 nition précédente : Le beau est la splendeur de l’ordre. C’est un tort, - car la grandeur est un élément distinct de l’ordre et non moins néces- É saire que lui (1).

- La définition d’Aristote nous paraît être la meilleure. Ce qui la … confirme encore c’est que, nous l’avons vu, les deux lois fondamentales Se du. plaisir esthétique, sont les lois de quantité et de qualité. D’après la È première, l’âme demande à agir le plus possible ; d'après la seconde, elle doit agir dans la direction de ses fins naturelles; c’est-à-dire que

donc dans la propriété qu’ils ont de susciter le jeu puissant et harmo- -se déploie d'une manière puissante et ordonnée.

ou de l'âme, il s'ensuit qu’ à un degré supérieur de puissance et d'ordre orrespond un degré supérieur de beauté. C'est ce qui cpnque pourquoi Vactivité du minéral est moins belle que celle de la plante : la vie qui parait avec le végétal est une activité plus puissante et mieux ordonnée -que celle de l'être inanimé, parce que le vivant a, en lui-même, son prin- . cipe de mouvement. La beauté grandit avec les ascensions de la vie : * la vie sensitive l'emporte sur la vie végétative ; la vie rationnelle sur

| formule : c’est la splendeur de l'être. À quelles conditions l’être sera-t-il Es splendide ? s’il déploie une activité puissante et ordonnée (?).

(4) On attribue souvent cette définition à saint Augustin ; mais on la cherche vai-

nement dans ses œuvres.

: A CE.:.G: SORTAIS, Du Beau d'après Saint Augustin, dans Excursions artistiques el

Lite) Summa iReolo gites 4. POX XXIX "Art, VIHSS Secundum igitur primam consierationem.

+ È Le

|. lactivité esthétique doit être puissante et ordonnée. Or ce qui dans les” Mn objets produira cet effet ne peut être que la puissance et l’ordre, car. l'effet et la cause doivent être proportionnés. La beauté des êtres consiste h

- nieux de nos facultés représentatives. Mais comme être, c’est agir, le nu beau objectif se ramène, en définitive, à une activité (force ou âme) qui

Cette définition permet de mesurer le degré de beauté de chaque. bjet, car, si le beau est dans l’action puissante et ordonnée de la force

“les deux autres ; la vie spirituelle sur la rationnelle ; la vie divine sur toutes, parce qu’elle est infiniment puissante et ordonnée (Ps. 18, III): Conclusion : on peut réduire la définition du beau à cette courte

: Do ue: : saint Thomas (%) ramène à trois les éléments consti-

ue de Be Le 5 À: es 384 DIVISION DU BEAU : +

tutifs du beau : Ad pulchritudinem tria requiruntur. Primo quidem … integritas seu perfectio ; quæ enim diminuta sunt hoc ipso turpia sunt. » Æt debita proportio sive consonantia. Et iterum clariias ; unde quæ habent colorem nitidum pulchra esse dicuntur. Cette définition revient, en somme, … à la précédente, puisqu'elle se confond avec elle pour les deux éléments « essentiels : l’intégrité et la proportion. Quant au troisième élément : color L. nitidus (couleur brillante), il répond au mot splendeur qué nous avons « employé. F 550

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