‹ Traité de philosophie 1923Chapitre 368 sur 761 · S. Tomas, Summa theologica, 12 P., Q. XVI, Art · texte numérisé non relu

S. Tomas, Summa theologica, 12 P., Q. XVI, Art

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LE VRAI, LE BIEN, LE BEAU us 385

() ; autrement il manquerait d’ordre et n’exciterait pas l’admi-

runsèque de l’être, c’est-à-dire ce qui dans l’être peut améliorer les tres, ce qui le rend utile. C’est sa perfection intrinsèque, c’est-à-dire la convenance de ses parties entre elles et avec le tout, la conformité 1 sa loi, à sa fin, parce que le beau provoque une satisfaction désintéessée. — Cependant il ne faut pas identifier le beau et le bien (c’est la ndance des Grecs : rù xxkoxäyahdv), car :

a) Tout objet bon n’est pas beau : ve. toute fleur, qui réalise le type e son espèce, est bonne en soi, mais n’est pas belle si elle n’atteint pas n certain degré de splendeur. Moralement, bien des actes sont estilables, sans être beaux.

icun caractère d'obligation (Mor® 39).

du beau et du bien. Tout jugement sur la bonté ou perfection intrinsèque ?

sa nature, de sa loi. Pour le beau, il n’en va pas ainsi : on juge, non

après un concept, un idéal antérieur, mais d’après le sentiment esthé-

t semblable : l'expérience interprétée par la raison. Des sentiments et à per P P

bien et la généralise. De même pour l’idée du beau, elle est dégagée ar la raison des sentiments et jugements esthétiques énstinctifs. Donc, ans les deux cas, on commence par juger du bien et du beau, d’après entiment que les objets bons et beaux produisent en nous ; ce jugeent est spontané, instinctif, confus. C’est en élaborant cette matière la raison arrive à former l’idée abstraite et générale du bien ou du u ; quand cet idéal moral ou esthétique est nettement conçu, il sert contrôler les jugements spontanés, que provoque naturellement en is la vue du beau et du bien, et nous permet de les transformer en jugements réfléchis. On doit en dire autant de l’origine de l’idée du vrai. erreur de ceux qui admettent cette troisième différence entre le bien le beau, vient d’une confusion entre les actes spontanés et les actes

réfléchis. :

É: 11: — Des facultés auxquelles ils se rapportent :

1) ARISTOTE, Métaphysique, L. XII, C. 111, n. 10. Édit. Dinor, T. IL, p. 614, ?) La FONTAINE a dit avec raison : « Le beau est le camarade du bien. »

20 LE BIEN EST DISTINCT DU BEAU (:) : sans doute le beau doit être

ion. Mais la bonté, que suppose le beau, n’est pas la perfection

.b) Le bien apparaît comme obligatoire : la beauté n’emporte avec elle c) Certains ajoutent cette troisième différence : On juge autrement se “d'un être suppose au préalable la notion expresse de ce qu’il doit être, | que qu'il nous fait éprouver. — D’autres rejettent cette différence.

, ce semble, avec raison. L'origine de l’idée du bien et de l’idée du beau

jugements moraux spontanés l’esprit dégage par l’abstraction l’idée

- À) Le vrai se rapporte à l'intelligence ; — le bien à la volonté et à la

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