‹ Traité de philosophie 1923Chapitre 370 sur 761 · D LE BEAU, L'UTILE, L’AGRÉABLE · texte numérisé non relu

D LE BEAU, L'UTILE, L’AGRÉABLE

É# Nous avons . le bien en général : ce qui convient à un être, ce qui le perfectionne. Or une chose peut convenir à l’homme soit :

“ |: — Par elle-même : et cela de deux façons : 1° en tant qu’elle perfectionne la nature de l’homme, et c’est le bien en soi, le bien honnête, ce qui convient à la nature raisonnable : — 20 en tant qu’elle plat, cb c’ést l’'agréable. | [1 — En raison d’un autre bien qu'elle peut procurer à l’homme, . cest l’utile. Le bien se divise donc. en bien : honnête, agréable, utiles honnête et l'agréable peuvent être recherchés comme fins, parce qu'ils k nt aimables, désirables en eux-mêmes ; l’utile a le caractère de moyen. A) Utile : 1° Tout ce qui est utile n "est pas beau : ve. quoi de plus itile qu'une marmite, dit Platon dans l’Hippias, et quoi de moins esthétique ?

+ 20 Tout ce qui est beau n’est pas utile : à quoi peuvent servir un “tableau, une statue, un chant, un poème pour la vie Fr ? Ils ne event qu’à satisfaire le goût du beau.

30 Un même objet peut être beau et utile : vs. une coupe délicae ment ciselée peut être à la fois commode et admirable. Sans doute, Mais sous des rapports différents : on ne goûte la beauté d'un objet qu’en 4 abstraction de son utilité : vg. un bois sera beau pour le peintre ‘qui le contemple et veut le reproduire sur la toile ; il ne l’est pas pour I > propriétaire qui en escompte déjà le bénéfice futur. ;

« [’utile excite le désir de posséder l'objet pour en tirer avantage, ilentraine l’idée de recherche égoïste et d'intérêt personnel. Le beau éVeille un sentiment désintéressé. L'’utilitaire est un calculateur ; l’esthète est un contemplatif.

… La raison de cette opposition, c’est que l’objet utile est un moyen pour atteindre une fin distincte de lui-même, tandis que l’objet beau à le caractère de fin : il vaut et plaît immédidiement par lui-même.

BB) Agréable : on a outré la distinction entre le beau et l’agréable. Le sentiment du beau est un plaisir : le beau c’est ce qui plaît en tant que connu; il est donc agréable. Oui, mais ce n’est qu’une espèce du genre agréable. Tout ce qui est beau plait ; mais tout ce qui plaît n’est pas beau : ve. tel fruit peut être délicieux au goût et désagréable à la

LeI

COUSIN, Du vrai, du beau et du bien, IVe, VII*, XVI° Leçons.

Page 1