ESPRIT, TALENT, GÉNIE
. L'originalité vraie suppose deux éléments :
| les choses et saisir leurs rapports cachés. Voilà ce qui constitue S esprits distingués et les sépare du vulgaire.
LÉ 20 Le second élément différencie les natures d'élite : il consiste dans
un certain four personnel (°), dans une certaine manière d’envisager
rits possède un grand nombre de vérités, trop confusément pour se
uand on les lui exprime. Le triomphe de l'originalité, c’est par conséquent « d'éclairer, comme dit Montaigne, le fond obscur des esprits,
> les avertir d'eux-mêmes », de leur faire achever des conceptions, in iages et sentiments qu'ils avaient en eux-mêmes à l’état d’ébauche. L'originalité vraie n’est donc que le naturel à un degré éminent, car le
@ G. Boncnit Théorie des Belles-Lettres, 1. EC VSD 141 (2e Edit.).
(?) G'LONGHAYE, Théorie des Belles-Lettres, Li. I, Ch. 111, $ IV.
(*) « Les hommes véritablement originaux sont ceux qui donnent un tour particulier ersonnel aux sentiments de tout le monde » (SAINT-MARCG GIRARDIN, La Fontaine et Les ulistes, T. II, Leçon XIV, p. 12, Paris, 1887 ?).
(") « Quand un discours naturel peint une passion ou un effet, on trouve dans soi-
porté à aimer celui qui nous le fait sentir, car il ne nous a pas fait montre de son bien, s du noue » (PASCAL, Pensées, Éd. HAvVET, Art. VII, n. 26).
urait outrecuidance à les rejeter avant examen ; mais l'examen reste
19 Une plus grande puissance que celle des esprits ordinaires pour “
les choses. Cette originalité est à l'intelligence ce que le caractère est à. a volonté : elle constitue la physionomie intellectuelle. La masse des
S formuler elle-même, mais assez clairement pour les reconnaître
Do” consiste à eco HS etiers à sentir ( — impression) et de
même la vérité de ce qu’on entend, laquelle on ne savait pas qu elle y fût, en sorte qu’on.
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Pourraient distinguer à coup sûr le talent du génie. Or souvent il y a doute.n
imagination reproductrice, imagination créatrice, sensibilité, goût,
. Chez les différents peuples. — SIGNORELLI, Del Gusto e del Bello. — MARMONTEL, Éléments”
de sentir le beau dans les arts et de son éducation. |