‹ Traité de philosophie 1923Chapitre 390 sur 761 · LÉ GOUR · texte numérisé non relu

LÉ GOUR

A) Esprit : c’est la vivacité du bon sens appliqué aux vérités fa lières. Au x vie siècle, ce mot avait un sens plus large ; il était synonyr de talent. L'esprit est piquant ; il aiguillonne l'attention par la justesse et l’imprévu de ses découvertes, et il amène le sourire. L'esprit ne do point être apprêté, mais spontané, car selon le mot de -Gressét : « L’espr qu’on veut avoir gâte celui qu’on a. » Il ne faut pas en faire trop de c

parce que s’il «sert à tout, il ne suffit à rien » es | 2 = B) Talent et Génie : I. —— Définitions : le talen: c’est la puissan naturelle et acquise des facultés esthétiques se déployant dans l’ordr. — le génie t'est la puissance complète et ordonnée des facultés esthé: tiques, dépassant de beaucoup la mesure commune du talent. Autrefo ce mot signifiait talent ; aujourd’hui il désigne une puissance exceptio nelle d'esprit, qui est surtout un don naturel (ingenium) (Psycn. 12 SIT, A, 10). Le génie artistique se manifeste par la réalisation de l’idéal le génie scientifique par la découverte d’une vérité importante. Tous deu ont besoin de Pimagination créatrice, l’un pour concevoir l'idéal à réalis (Psycx. 124, $ F) : l'autre pour trouver l'hypothèse qui lui servira d’idéé directrice (Loc. 66). L'artiste, après avoir müûri son idéal, l’exprimeran dans une forme sensible : après la conception, c’est le travail de l’exés cution. Le savant, après avoir imaginé une hypothèse, la vérifiera par le raisonnement expérimental (2). Es II. —. Différence : c’est une différence de degré et non de nature, Le génie et le talent sont une même puissance plus où moins parfaite Le génie est le superlatif du talent, car :. À 19 S'il y avait entre eux une différence d’espèce, les esprits cultivés

ÿ ; re 1: 10 29° Les faculiés concourantes sont de part et d’autre les mêmes

volonté qui dirige leur essor. > ve se

3° Le champ ouvert à leur activité est identique : Dieu, l'homme et le monde. La différence ne peut donc venir que de la façon plus ou moins parfaite d'exprimer leur objet commun. : “ ‘+

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(?) Duczos, Considérations sur les mœurs de ce siècle (1751).

€?) G. Sorrais, L'Art et la Science, dans ÉTUDES PHILOSOPHIQUES ET SOCIALES, Ch. vi, SIN; D. 345-850. 4

(*) MONTESQUIEU, Essai sur le Goût. — J.-G. HERDER, Causes de la décadence du goût

de Littérature, INrroDucTIoN : Essai sur le Goût. — Ax..-G. WINCKELMANN, De la capacilé…

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