RELATIVISME : $ IV. — L'IDÉALISME MÉTAPHYSIQUE
| vention de l’intelhgence. Il faut donc admettre en eux une raison imma- |
n Nous concédons à ces psychobiologistes que l'être vivant manifeste tune finalhté évidente ; mais nous nions la conclusion qu'ils en tirent. | Assurément l’imtervention de l'intelligence est nécessaire pour expliquer Padmirable finalité des organismes vivants ; mais il n’est pas nécessaire
leur fin. De même qu'une machine bien construite réalise, sans le Hconnaitre, le but que lui a fixé le constructeur, ainsi les organismes vivants réalisent le plan tracé par l'intelligence du Créateur, sans qu’il Soit besoin de supposer en eux aucune conscience ou connaissance se rapportant à la fin qui leur est imposée et aux moyens de l’atteindre, D IT. —Pampsychisme : certains philosophes, comme WunpT, PAULSEN, LacneLier, DuNAN, HAMELIN, En. Le Roy, étendent à tout l'univers, par conséquent même aux êtres inanimés, le psychisme que les psychobiologistes n’appliquent qu'aux êtres vivants. Apportons quelques textes 3
« L’Idéalisme ne consiste pas seulement à croire que les phénomènes me peuvent exister que dans une conscience : après l’Esthétique transcendantale, cela ne fait plus question ; il consiste à croire que les phénotmènes ne sont donnés, même dans une conscience, qu’au moment et dans la mesure où elle se les donne, qu’ils ne sont, en d’autres termes, que des teprésentations actuelles et non des phénomènes en soi. » (1).
est le Sirius qui existe ? Car il faut bien qu'il en existe un. Le Sirius qui existe c'est celui de la représentation, le point qui brille là-bas à 150 mètres de l'observateur. Cela est étrange et même extravagant, idira-t-on peut-être. Non, cela est rationnel et nécessaire à admettre. Qu'il faille rejeter la supposition d’une matière existant en soi en dehors de toute conscience, c’est une vérité dont la démonstration n’est plus [à faire. Parmi les philosophes contemporains il en est bien peu qui Iwacceptent pleinement la formule de Berkeley : Æsse est percip. Nous disons, nous : Ens est quod percipitur. L’audace n’est pas grande assuirément de présenter cette seconde formule à ceux qui ont déjà admis — Nous disons, nous : « Oui, cela est étrange et même extravagant. » Pour le voir, il suffit de lire les explications que l'auteur ajoute au texte
Là 150 mètres, et faire tenir toute la nature dans ce que je perçois actuel-
ri) JT. LACHELIER, Letire à G. Séailles, dans La Philosophie de Lachelier, par G. SÉAILLES, D. 161-165, Paris, 1920. — Cf. Le Fondement de l'Induction.
nente. C’est la Théorie de l'intelligence organique. à
que cette intelligence soit immanente aux êtres qui atteignent sûrement
€ ...Si le grand Sirius, celui des astronomes, n'existe pas, où donc
| la première, car elles sont rigoureusement et de tout point équivalentes. » -
précédent : « Est-ce que, se demande-t-il, réduire Sirius à un point situé |
444 RELATIVISME : $ IV. — L'IDÉALISME MÉTAPHYSIQUE (8 lement et dans ce que je conçois imaginativement comme réel, ce n’est à pas lui faire une odieuse injure ? Pas du tout. Que donne-t-on à la nature en lui donnant de la grandeur spatiale ? Rien. Plus de matières brute inerte n’est pas un gain, parce que la matière brute et. inerte est zéro au point de vue qualitatif, le seul qui compte. En perdant l’immensité de sa masse pour devenir un point. lumineux. tout proche de nous, Sirius ne perd donc rien qui vaille quelque chose" Mais il gagne infiniment du seul côté où il soit vraiment intéressant des gagner ; car 1l pose l’autre Sirius, non plus comme une masse de matiè brute, mais comme une vérité scientifiquement intelligible; et, di même coup, il pose tout ce que cette vérité implique, tout ce qui nou est nécessaire pour la découvrir, les mathématiques et la physique ” entières, toute la science et tout l'esprit humain (2). » Après ces expli: cations, d’une candeur philosophique déconcertante, qui donc pourrait. trouver raisonnable « cette solution du problème » de la connaissance” «consistant à identifier tous les corps avec nos sensations » (4: Le € IT faut concevoir la pensée comme une activité créatrice qu produit à la fois l'objet, le sujet et leur synthèse : plus exactement, cai il ne faut rien mettre sous la conscience, la pensée est ce processus bilatéral lui-même, le développement d’une réalité qui est à la fois sujet et objet, ou conscience. La représentation, contrairement à la. signification étymologique du mot, car il faut bien emprunter les mots“ au sens commun, ne représente pas, ne reflète pas un objet ou un sujet qui existeraient sans elle : elle est l’objet et le sujet, elle est la réalité” même. La représentation est l'être et l’être est la représentation (?).» Les arguments apportés contre le Phénoménisme valent a fortiori contre l’Zdéalisme métaphysique. : RS TT. — Intuition, qui aboutit à l'identification absolue de l'êire-eles du connaître. C’est chez BERGsON que l’Jdéalisme métaphysique est 1e plus radical. On peut le résumer dans les propositions suivantes (Cf. Psycu., 86, I) : ; 5 19 La connaissance est déjà dans les choses. — On a vu que la dualité entre le sujet connaissant et l’objet connu est une nécessité inéluctable. - 20 La représentation est moins que la simple existence. Elle n'est qu'une coupe faite dans l'ensemble des images, en vue de l’action.
La
(*) CH. DUNAN, Les deux Idéalismes, Ch. 1, $ IV, p. 49-50, Paris, 14911. :, :
(*) CH. DUNAN, Essais de Philosophie générale, n. 312, p. 549, Paris, 1902%. — « Qui.
nous oblige à faire des corps des objets pour la pensée ? Pourquoi le réel, au lieu d'être
quelque chose d’autre que nos perceptions, et quelque chose que nos perceptions nous
feraient connaître, ne serait-il pas nos perceptions mêmes ? » (Ibidem, n. 311). : s (*) O. HAMELIN, Essai sur les Éléments principaux de la représentation, Ch. v, $
D. 543-344, Paris, 1907. La doctrine d'Hamelin a une « étroite analogie » avec celle de
Bergson, comme il le dit lui-même, Jbidem, p. 344, note 1. , part
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